Mon cahier Steiner-Waldorf de la « période » sur Perceval en « 11ème classe » (Seconde de Lycée)

Je publie ici mon cahier de la « période » Steiner-Waldorf de « Perceval ». Ceux qui connaissent cette « pédagogie » savent qu’il s’agit d’un enseignement central de la « 11ème classe », c’est-à-dire de la Seconde de Lycée. Elle se présente comme une étude du roman de Perceval le Gallois. L’auteur choisit pour cette « étude » est de préférence Wolfram von Eschenbach, et son « Parzifal », mais il arrive que les pédagogues anthroposophes français choisissent le roman de Chrétien de Troie, malgré les réticences exprimées par Steiner à ce sujet, car ce choix donne plus de crédibilité à leur discours prétendant qu’il s’agit d’un travail sur la littérature française. En réalité, cette « période » est surtout un moment où il s’agit de marquer de manière particulièrement intense l’esprit des élèves de certaines conceptions anthroposophiques, en particulier certains éléments de la doctrine ésotérique de Steiner correspondant à la Gnose chrétienne.

Nous avons ici scanné les pages de nos quatre cahiers de cette « période », réalisée lorsque j’avais 16-17 ans, en 1986-87. Ces cahiers retracent de manière particulièrement exhaustive les discours que nous avait transmis notre professeur pendant ses cours, car j’avais pris alors en note presque chacune de ses paroles, tant j’étais fasciné par cet « enseignement ». Comme on le voit en examinant chacune des pages, ces cahiers ont été visés, corrigés, annotés et commentés par mon professeur, ce qui montre bien que les propos qui y sont tenus sont le reflet de ce qui avait été dispensé lors de son cours et non le fait de mon propre esprit. D’ailleurs, comment un adolescent pourrait-il inventé de telles choses ?! J’apporte cette précision car je connais d’expérience la mauvaise foi dont savent faire preuve les dirigeants de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf lorsqu’il s’agit de tenter de dissimuler la vraie nature de l’enseignement dispensé dans leurs écoles.

Lorsque je relis aujourd’hui ces cahiers, je suis tout simplement horrifié ! Car je m’aperçois non seulement de l’intensité de l’enseignement purement anthroposophique que j’ai subi à cette occasion, mais aussi du fait que j’ai été pendant des mois en contact direct avec un enseignant dont l’esprit était celui d’un « fondamentaliste anthroposophe », capable de nous amener par moment dans des conceptions et des récits qui s’apparentent à des formes de délires mystiques. Il suffit pour s’en convaincre de lire comment une obsession gnostique chrétienne traverse l’exposé des faits historiques. Il ne s’agit en fait nullement d’un cours d’histoire, mais d’un enseignement mystique anthroposophique !

Mais le délire dont je parle et que je suis aujourd’hui en mesure de percevoir apparaît de manière particulièrement nette vers le troisième cahier, lorsque notre professeur nous a fait le récit de la vie de Kaspar Hauser. Cet enseignement se présente comme une étude de cas d’un enfant sauvage. En réalité, la figure de Kaspar Hauser est particulièrement importante pour les anthroposophes, qui pensent que cet enfant était un grand initié atlantéen réincarné au XIXème siècle avec pour « mission » de fonder un nouvel état entre la France et l’Allemagne, mais qui aurait été enlevé et séquestré par les Francs-maçons qui auraient perçu par des moyens occultes la destinée que se proposait de réaliser cette âme encore désincarnée, et qui auraient tenté de l’en détourner en le séquestrant juste après sa naissance (Lire à ce sujet le livre de Peter Tradowski, Kaspar Hauser ou le combat pour l’Esprit, Ed. Triades). L’échec de cette destinée est cause, pour les anthroposophes, du trop faible succès de l’anthroposophie de part le monde et de l’avènement d’Hitler. Or non seulement ces idées anthroposophiques nous ont été clairement suggérées au cours de cette « période », comme on le voit en lisant les pages de mon cahier, mais de surcroit le personnage de Kaspar Hauser nous est présenté comme une sorte de super-héros anthroposophique. Notre professeur avait pu nous dire des choses aussi hallucinantes que le fait qu’il avait été capable d’apprendre à lire, compter, écrire et dessiner en à peine quelques jours, qu’il était un être pur doué de sortes de pouvoirs surnaturels, comme de pouvoir deviner la nature des métaux en passant ses mains au-dessus d’eux sans les voir, ou d’être ami avec les animaux au point que les oiseaux sauvages viennent lui manger directement dans la main, ou de survivre plusieurs jours après avoir été poignardé à plusieurs reprises en plein cœur !!

On voit ainsi que l’anthroposophie avait en quelque sorte déformé la perception même de ce pédagogue anthroposophe au point de lui faire voir la réalité de manière délirante. Ainsi, il pensait possible qu’un être humain soit à ce point doué qu’il puisse faire le genre de choses qu’il attribuait à Kaspar Hauser, comme si la magie (à l’existence de  laquelle il croit visiblement) pouvait intervenir à tout moment dans le cours des événements normaux.

Au passage, il se servait de ce récit pour justifier de manière malhonnête certaines coutumes anthroposophiques, comme le végétarisme, en nous expliquant que les animaux sauvages se sont mis à fuir Kaspar Hauser le jour où une goutte de bouillon de viande à été introduite dans son potage, comme si la consommation de viande l’avait en quelque sorte soudainement dénaturé.

En outre, il nous avait tout simplement inculqué une thèse « conspirationniste », selon laquelle les Francs-Maçons auraient été à l’origine de l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat de Kaspar Hauser, pour des motifs occultes. Dans les écoles Steiner, de tels propos s’appellent de l’Histoire !!!

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce pédagogue anthroposophe n’était pas un cas marginal au sein de cette école où j’ai effectué ma scolarité. Il était même devenu le pilier de cette institution. C’est vers lui que tous ses collègues se tournaient lorsqu’il y avait une décision à prendre. On lui confiait presque tous les cours des « Grandes Classes », à l’exception de certains cours de sciences, dont un autre collègue se chargeait. Il enseignait aussi le Théâtre et c’est avec lui que les élèves préparaient la fameuse « pièce de 11ème ». C’est également avec lui qu’en « 12ème » classe les élèves effectuaient un voyage de classe sur l’architecture, visitant divers monuments, pour achever le parcours à Bâle par la visite… du Goetheanum de Rudolf Steiner ! Ainsi, de la 9ème à la 12ème classes, nous avions cet enseignant presque la moitié de l’année. On peut imaginer l’impact qu’une telle « formation » a pu avoir sur nos esprits adolescents.

Il n’était nullement un esprit isolé au sein de son école. Ni même au sein de l’ensemble des écoles Steiner-Waldorf, puisqu’il était vénéré de tous. D’ailleurs, c’est lui qui est à l’origine de la fondation de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf de France, cette institution qui s’est permise de m’intenter un procès. C’est dire si sa manière de penser et d’enseigner, dont mes cahiers portent ici la trace, sont bel et bien représentatives de cette pédagogie Steiner-Waldorf.

Grégoire Perra

Texte de notre professeur concernant les objectifs doctrinaux de la période sur Perceval :CahierPerceval 5

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