Mon cahier Steiner-Waldorf dela « période » sur Faust en 12ème classe (1ère de Lycée)

Je publie ici mon cahier réalisé à l’occasion de la période sur le Faust de Goethe, lorsque j’avais 17 ans. Tous les élèves Steiner-Waldorf doivent en effet « étudier » cette œuvre lorsqu’ils arrivent en 12ème classe (Première de Lycée). Comme on le voit clairement dans les pages qui suivent – et comme je l’expliquais dans mon témoignage paru sur le site de l’UNADFI – cette prétendue étude est en fait surtout une occasion de présenter aux élèves des notions de base de la doctrine anthroposophique, comme l’existence de trois forces du Mal (Lucifer, Ahriman et Soradt), une conception du Christ comme Esprit solaire devenu Esprit de la Terre, l’Éternel féminin, les Hiérarchies cosmiques (les Archanges), la Plante Primordiale, l’efficience de la Magie, etc. Certes, Rudolf Steiner n’est jamais nommé ni cité, mais toutes ses idées sont bel et bien présentes. Pour ce faire, le pédagogue anthroposophe use d’un habile stratagème : il utilise certains auteurs, qu’il a choisi en raison de leur proximité idéologique avec certaines thèses de Steiner (Simone Weil, Sartre, Platon, Manès, etc), mais il les présente de manière suffisamment orientée, voire partiale, pour que même la terminologie steinerienne soit au final présente.

En toute modestie, le document que nous présentons ici est exceptionnel à plus d’un titre. Tout d’abord, parce qu’il est finalement rare qu’un élève Steiner-Waldorf rende un cahier achevé et complet d’une « période » : le laxisme régnant bien souvent dans ces structures scolaires ne favorise pas un rendu de ce genre. Ensuite, mes cahiers sont très fournis : durant cette « période », passionné par ce que notre professeur nous transmettait, je notais scrupuleusement tout ce qui était dit en cours et le retranscrivais fidèlement, en m’appliquant. Enfin, contrairement à bon nombre d’élèves, pour qui ces idées anthroposophiques complexes passent complètement haut-dessus de leur tête (mais n’en imprègnent que mieux leur inconscient), ma maturité philosophique d’alors me permettait déjà de saisir assez consciemment tout ce qui était dit, et de l’articuler ensuite dans un écrit cohérent dépassant la simple allusion discrète.

Quand je replonge, grâce au support de ce cahier, dans les souvenirs de cette « période » (un mois complet, à raison de deux heures chaque matin !), se présente à mon esprit la figure de ce professeur, aujourd’hui décédé, qui nous faisait ce cours, moment marquant d’un endoctrinement massif à la doctrine anthroposophique. Dois-je lui en vouloir ? Je ne le crois pas. Car il est clair qu’il transmettait en toute bonne foi cette doctrine, persuadé qu’il sauvait ainsi nos âmes en nous communiquant ce qu’il appelait des « idées évolutives ». Certes, il agissait avec ce qu’il faut bien appeler un certain fanatisme. Élevé lui-même dans le giron de l’anthroposophie, il est probable qu’il n’envisageait pas d’autre horizon culturel que ce dernier. Ou du moins que toutes les autres manières de concevoir l’existence lui semblaient d’avance discréditées. Il était donc sans doute autant victime que coupable. Je dirais même, à sa décharge, qu’il agissait avec une certaine cohérence envers lui-même et était moins hypocrite que son entourage. Pour cette raison, il osait même s’affranchir, plus que ses collègues, de l’impératif de dissimulation lors de la transmission aux élèves des idées de Steiner. Non, s’il fallait en vouloir à quelqu’un, ce serait plutôt à ce système, à cette « pédagogie Steiner-Waldorf », qui se présente comme un système scolaire comme les autres, tout en enseignant l’anthroposophie aux élèves sans le dire et sans que ces derniers ne le remarquent trop, dès que cela est possible. Là est la malhonnêteté !

Il était aussi un homme qui avait un réel souci de ses élèves, du moins de ceux qui allaient dans son sens.

Par cette publication, je souhaite contribuer à trois choses :

– que les écoles Steiner-Waldorf, confrontées au fait que le public n’ignorera plus bien longtemps ce qu’elles font réellement, cessent de dissimuler la pratique de la transmission insidieuse de la doctrine anthroposophique qui est la leur ;

– qu’elles cessent par là-même de percevoir des subsides de la collectivité, en vertu du fait qu’il n’est pas dans les missions de l’Éducation Nationale de subventionner la transmission d’une doctrine ésotérique dans un contexte scolaire ;

– que l’Anthroposphie avoue publiquement être une nouvelle religion.

Ensuite, si quelqu’un veut croire à l’Anthroposophie, suivre les enseignements de Steiner, accomplir ses rituels, ses cultes ou ses méditations, communiquer ces croyances à ses enfants ou à ses proches dans le cadre privé et familial, je n’aurais aucun problème avec cela et serait même le premier à le défendre si on cherchait à l’en empêcher. Une fois sortie du mensonge institutionnalisé que Rudolf Steiner a lui-même mis en place en fondant sa « pédagogie », l’Anthroposophie serait à mon sens tout aussi respectable qu’une religion parmi tant d’autres, c’est-à-dire quelque chose qu’on n’impose à personne, ni insidieusement par la ruse dans des esprits d’enfants, ni brutalement par la force ou la contrainte à des adultes.

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