La fausse créativité artistique des élèves des écoles Steiner-Waldorf

La « Libre Ecole Rudolf Steiner » de Verrières-le-Buisson compte certes parmi les membres de son équipe pédagogique des gens peu malins, comme ceux qui se sont lancés dans l’entreprise judiciaire consistant à porter plainte en diffamation contre mon article paru sur le site de l’UNADFI, avec le succès que l’on sait aujourd’hui. Mais elle comporte aussi des « petits malins ». Et même de « grands malins » !

Cette habileté s’est manifestée dernièrement au cours d’une exposition annuelle intitulée « Musée éphémère d’art contemporain » (4ème édition), qui avait lieu les 5 et 6 octobre 2013 à Verrières-le-Buisson. Cette année, l’exposition avait pour thème : les contrastes. Une vingtaine d’artistes y exposaient leurs œuvres ainsi que des élèves des écoles de la ville, dont des élèves de l’école Steiner-Waldorf ! En fait, il ne s’agissait pas d’une initiative des élèves proprement dite, mais de quatre professeurs zélés de cette institution scolaire, qui semble s’être mobilisée dans une frénétique campagne d’auto-promotion aussitôt que la moindre opportunité publique se présente. Il est vrai que la tâche leur est facile dans la commune de Verrières-le-Buisson, où la municipalité va même jusqu’à signaliser la présence de l’école à un grand nombre de ses carrefours, faisant de fait une confortable publicité gratuite à cet établissement privé sous contrat.

Normalement, on pourrait s’attendre à ce qu’une exposition d’artistes contemporains soit un lieu de présentation d’innovations sur le plan esthétique. Et c’est bien ce qui était demandé par les organisateurs en proposant le thème des contrastes, en vue de susciter une production artistique fondée sur une réflexion actualisée sur la base du concept proposé. Oui mais voilà, dans une école Steiner-Waldorf, les élèves ne créent pas : ils copient. Ils n’ont pas non plus de véritable originalité esthétique personnelle : le style stéréotypé de leur production – toujours le même depuis 1919, et parfaitement reconnaissable – témoigne d’un moule toujours identique, d’un conformisme à une esthétique qui est aussi celle des anthroposophes, comme on s’en apercevrait si l’on comparait les travaux picturaux des élèves Steiner-Waldorf et les productions graphiques des artistes du Goetheanum, le Vatican des anthroposophes, qui possède sa propre « école » d’arts. De même, dans les écoles Steiner-Waldorf, on n’innove pratiquement jamais en matière d’art ni en travaux manuels : chaque classe refait chaque année les mêmes objets, de la même façon, selon les mêmes critères et avec les mêmes consignes.

Difficile donc de faire rentrer dans une exposition d’art contemporain des travaux d’élèves exsangues de toutes créativité authentique et reproduisant le même type de productions esthétiques depuis près de 90 ans ! Qu’à cela ne tienne, cela n’a pas découragé les professeurs Steiner-Waldorf qui s’étaient mis en tête de participer coûte que coûte à cette exposition, afin qu’elle puisse devenir le lieu d’une discrète mais efficace promotion de leur institution liée à l’Anthroposophie. Ils ont tout simplement sélectionné quelques travaux d’élèves parmi les plus classiques, ceux qu’on voit à toutes les expositions pédagogiques, ceux que font faire et refaire les professeurs de travaux manuels et d’art Steiner-Waldorf depuis des décennies, puis ont travaillé du chapeau pour faire rentrer ces « œuvres » dans le cadre de la consigne des contrastes. Ils ont pris ce qu’ils font toujours et leur ont donné un autre nom pour l’occasion, tout simplement. Cela a donné naissance à quelques chefs-d’œuvres de sophistique :

– Des morceaux de bois mal dégrossis ont été baptisés : « Du brut au lisse » ;

– Des fils d’or tendus entre des clous se sont vu affublés d’un titre somptueux : « La droite et la courbe. Comment des droites peuvent engendrer des courbes »

– Des taches de peinture sur des feuilles mouillées sont devenues : « Lumière et obscurité. Couleurs complémentaires. »

– De vagues paysages colorés ont eu pour nom poétique : « Soir d’été et soir d’hiver ».

– Enfin, une grande fresque que les élèves ont réalisée pour la cérémonie initiatique de la Saint-Michel (appelé fallacieusement « fête de la saint-Michel) a également été recyclée pour l’occasion.

Bien évidement, les visiteurs ne connaissant pas le style stéréotypé des productions esthétiques des élèves Steiner-Waldorf n’y verront que du feu et apprécieront ce qui semble être la maîtrise technique de ces œuvres d’enfants. Mais n’est-il pas facile de faire acquérir à des élèves une certaine maîtrise stylistique, quand il s’agit en fait du même style graphique et esthétique qu’on leur inculque et dans lequel on les fait baigner depuis leur plus jeune âge ?!

Ces adultes ne s’apercevront pas non plus, faute de regarder attentivement chacune des œuvres, que certaines d’entre elles ont été largement retouchées par des mains d’adultes, comme le font ordinairement les professeurs d’arts et de travaux manuels dans les écoles Steiner-Waldorf, lorsqu’ils savent que les travaux de leurs élèves vont être présentés à un public extérieur. Qu’on observe ainsi avec circonspection certaines parties de la fresque, notamment celles où l’on voit l’archange, ou bien un cavalier sur un cheval qui se cabre, et que l’on se demande si un enfant aurait vraiment plus faire cela tout seul ! En effet, plus l’œuvre sera parfaite, plus les quidams s’ébahiront, ce qui permettra de les séduire et d’en convaincre même certains des vertus de cette « pédagogie » en matière d’acquisition de compétences artistiques. Comment se douter, en effet, d’une telle supercherie !?

Certes, il n’y a pas mort d’homme à tenter ainsi de faire la promotion de son institution en s’introduisant dans une manifestation culturelle. Cela s’est déjà vu. Cependant, les élèves des autres écoles de la ville – qui, eux, ont réellement travaillé à partir du thème des contrastes pour élaborer des productions destinées à cette exposition – auraient de quoi s’indigner d’une telle pratique. Mais ce qui est au bout du compte surtout révoltant, et d’une certaine manière répugnant, c’est que cette manière d’agir des écoles Steiner-Waldorf est systématique. Elles ne peuvent se présenter elles-mêmes qu’en trompant et en séduisant ceux qu’elles approchent. Elles ne savent pas avancer vers autrui à visage découvert. Visage découvert qui serait certes beaucoup moins attractif que celui qu’elles veulent montrer, mais qui aurait au moins le mérite d’être le leur : celui d’une religion cachée et non d’une pédagogie.

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