Quelques exercices de méditations des anthroposophes extraits de l’Initiation

Les exercices de l’Initiation

La préparation

1er exercice : la dévotion

« (…) Celui qui veut devenir élève de la science occulte doit donc s’éduquer soi-même énergiquement à cultiver une tonalité dévotionnelle. Il doit rechercher partout, dans son entourage, dans ses expériences de vie. ce qui force son admiration et son respect. (…) (p. 31) (…) De même que le soleil vivifie de ses rayons tout ce qui est vivant, de même la vénération vivifie chez l’élève en science occulte tous les sentiments de l’âme.(…) »

p.33

La préparation

2ème exercice : contemplation intérieure du monde

« (…) L’élève en science occulte est incité à créer dans sa vie des moments où, dans le silence et la solitude, il se plonge en lui-même. Mais ce n’est pas aux affaires de son moi propre qu’il doit s’adonner en de tels instants (…) il doit bien plutôt faire raisonner dans le plus grand calme intérieur l’écho de l’expérience qu’il a vécue, de ce que le monde extérieur lui a dit. (…) il doit se frayer un chemin un chemin entre une foule de tentateurs de son âme. Tous veulent endurcir son moi, l’enfermer en lui-même. (…) La jouissance est pour lui un messager qui lui enseigne le monde ; mais après avoir reçu l’enseignement de la jouissance, il progresse jusqu’au travail (…).

p. 35 – 36

La préparation

3ème exercice : le calme intérieur

« (…) « Ménages-toi des instants de calme intérieur et apprends pendant ces instants à discerner l’essentiel de l’inessentiel » (p. 37) L’élève occulte doit pour un court moment s’abstraire de sa vie quotidienne afin de s’occuper pendant ce temps de quelque chose de tout autre que ne le sont les objets de ses occupations quotidiennes. (…) Il doit faire passer devant son âme ses joies, ses peines, ses soucis, ses expériences, ses actes. (…) Ce à quoi il faut tendre dans ces instants d’isolement, c’est alors de regarder, de juger ses propres expériences et actes comme si on ne les avait pas soi-mêmes vécus ou faits, mais que ce soit un autre. (…) Si l’on parvient au calme intérieur de la vue d’en haut, alors l’essentiel se dissocie de l’inessentiel. (…) Cela ne réussira pas – et il n’est pas nécessaire que cela réussisse – pour des évènements de la destinée que l’on vit présentement ; mais pour ceux qui sont passés depuis longtemps, il faut que la vie de l’esprit s’y efforce. (…) Il faut qu’il s’élève jusqu’à un élément purement humain qui n’a plus rien à faire avec sa situation particulière.(…) Il écoute les voix en son être intérieur qui lui parlent dans les instants de calme.

p. 36 à 44

La préparation

4ème exercice : observation de la croissance et du dépérissement

Le début consistera à diriger l’attention de l’âme sur certains processus se déroulant dans le monde qui nous entoure. Ces processus sont la vie bourgeonnante, croissante, florissante d’un côté, et tous les phénomènes qui sont liés à la déflorescence, au flétrissement, au dépérissement de l’autre côté. (…) il lui faut (…) bannir de son âme tout le reste et s’adonner pour un court instant uniquement à cette seule impression. (…) Une forme de sentiment tout à fait précise s’attache à la croissance et au devenir ; une autre forme tout à fait précise au flétrissement et au dépérissement. (…) il doit porter sur le monde des sens un regard neuf, sain, avec un sens aigu de l’observation, et ensuite s’en remettre à ses sentiments. Ce que signifient les choses, ce n’est pas lui qui doit vouloir en décider par les spéculations de son intellect, mais il doit laisser les choses elles-mêmes le lui dire.

p. 50 à 53

La préparation

5ème exercice : écoute des sons et des voix des animaux.

L’élève en occultisme doit également veiller à cultiver le monde des sons. (…) celui qui entend le cri d’un animal percevra dans le son, outre ce sentiment, la manifestation d’une expérience intérieure de l’animal, plaisir ou souffrance. C’est à propos de cette dernière espèce de sons que doit intervenir l’action de l’élève en occultisme. Il doit appliquer toute son attention au fait que le son lui révèle quelque chose que se trouve à l’extérieur de son âme propre. Et il doit se plonger dans cette réalité étrangère. Il doit lier intimement son sentiment à la souffrance ou au plaisir qui lui sont révélés par le son. (…) La nature toute entière commence à murmurer à l’être humain des secrets par les sons qu’elle fait retentir. (…) Il commence à entendre avec l’âme.

p. 55 à 56

La préparation

6 ème exercice : écoute des autres hommes quand ils parlent.

Il faut que s’y ajoute encore quelque chose si l’on veut arriver au sommet qui peut être atteint dans ce domaine. Ce qui est tout particulièrement important pour la formation de l’élève en occultisme, c’est la façon dont il écoute d’autres hommes quand ils parlent. Il doit prendre l’habitude de le faire sous la forme que son être intérieur se taise alors totalement. (…) Il faudra d’abord qu’il commence à le faire dans des cas particuliers qu’il choisit intentionnellement. (…) Les élèves se sentent tenus d’écouter à certains moments en guise d’exercice les pensées les plus opposées et de réduire totalement au silence tout acquiescement et surtout tout jugement négatif. (…)

Il est profitable à tout homme d’écouter de cette manière les enfants. Même le plus sage peut apprendre infiniment de choses des enfants. (…) À travers les paroles qu’il entend il pénètre dans l’âme de l’autre. C’est seulement par un exercice soutenu de ce genre que le son devient le moyen juste de percevoir l’âme et l’esprit.

p. 56 à 57

L’illumination

1er exercice : observation comparée de divers êtres des règnes de la nature.

Le tout premier commencement consiste à observer d’une façon bien précise divers êtres de la nature, à savoir, par exemple, une pierre transparente, de belle forme (un cristal), une plante et un animal. Il faut chercher tout d’abord à diriger toute son attention de la manière suivante sur une comparaison entre la pierre et l’animal. Il faut que les pensées qui sont mentionnées ici traversent l’âme en étant accompagnés de sentiments très vifs. (…) « La pierre reste tranquillement à sa place. l’animal change de place. C’est l’instinct (le désir) qui incite l’animal à changer de place. Et ce sont aussi les instincts au service desquels se trouvent les formes de l’animal. (…) La configuration de la pierre n’est pas formées selon des instincts, mais par une force dépourvue de désirs. » Lorsqu’on se plonge avec intensité dans ces pensées et qu’on observe alors en bandant toute son attention la pierre et l’animal, deux sortes de sentiments vivent alors en l’âme. (…) Il faut seulement faire les exercices sans cesse et sans relâche. Au début, les sentiments ne sont là qu’aussi longtemps que dure l’observation, plus tard, ils continuent d’agir après coup. (…) Les organes qui se forment de cette façon sont les yeux de l’esprit. (…) Pendant les exercices élémentaires en vue de l’illumination, l’élève en occultisme doit veiller à accroître sans cesse son sentiment de compassion à l’égard du monde des humains et des animaux, son sens de la beauté de la nature. S’il n’y veille pas, ce sentiment et ce sens s’émoussent constamment du fait de ces exercices. Son coeur s’endurcirait, sa sensibilité s’émousserait. Et cela conduirait nécessairement à des résultats dangereux.

p. 59 à 62

L’illumination

2ème exercice : observation d’une graine qui germera…

Que l’on place devant soi une petite graine de plante. Ce qui importe, c’est, devant cet objet d’apparence modeste, de former avec intensité les pensées justes et de développer grâce à ces pensées certains sentiments. Que l’on prenne tout d’abord clairement conscience de ce que l’on voit réellement de ses yeux. Que l’on se décrive à soi-même la forme, la couleur et toutes les autres propriétés de la graine. Que l’on réfléchisse ensuite à la chose suivante : de cette graine naîtra une plante multiforme lorsqu’elle sera plantée en terre. Que l’on se représente cette plante. Qu’on la construise dans son imagination. Que l’on ait ensuite cette pensée : ce que je me représente maintenant dans mon imagination, les forces de la terre et de la lumière le feront plus tard sortir réellement de la graine. (…) Que l’on s’attache à cette pensée : l’invisible deviendra visible. Si je ne pouvais pas penser, ce qui ne deviendra visible que plus tard ne pourrait pas non plus s’annoncer à moi dès à présent.

p. 66 à 67

L’illumination

3ème exercice : observation d’une plante qui mourra…

Que l’on se place face à une plante qui se trouve au stade de son plein développement. Puis que l’on s’emplisse de la pensée que le temps viendra où cette plante mourra. Rien n’existera plus de ce que je vois maintenant devant moi. Mais cette plante aura fait naître d’elle-même des graines qui deviendront à leur tour de nouvelles plantes. De nouveau, je me rends compte que dans ce que je vois se trouve caché quelque chose que je ne vois pas. Je m’emplis entièrement de cette pensée : cette forme de plante, avec ses couleurs, ne sera plus là à l’avenir. Mais la pensée qu’elle forme des graines m’enseigne qu’elle ne disparaîtra pas dans le néant. Ce qui la préserve de disparaître, je peux tout aussi peu le voir maintenant de mes yeux que j’ai pu voir auparavant la plante dans la graine. Il y a donc en elle quelque chose que je ne vois pas avec les yeux. Quand je fais vivre cette pensée en moi et que le sentiment qui lui correspond vient en moi s’unir à elle, alors se développe aussi en mon âme, au bout d’un temps requis, une force qui devient une faculté nouvelle de vision.

p. 69

L’illumination

4ème exercice : observation d’un désir humain non réalisé…

Quand l’être humain a trouvé en lui grâce à des exercices de ce genre les premiers commencements qui conduisent à des perceptions spirituelles, il lui est alors permis de s’élever et de considérer l’être humain lui-même. (…) Mais avant d’en venir là, il est nécessaire de travailler avec un sérieux tout particulier à atteindre la totale pureté de son caractère moral. (…) Il faut être totalement d’accord avec soi-même que l’on utilisera jamais dans le sens du mal un pouvoir que l’on acquerrait éventuellement sur son prochain.

Que l’on se représente un homme dont on a observé un jour qu’il désirait quelque chose. C’est sur le désir que doit se diriger l’attention. Le mieux est d’évoquer dans son souvenir le moment où le désir était le plus vif et où il était assez incertain de savoir si cet homme obtiendrait ce qu’il désirait ou non. Et il faut maintenant s’adonner entièrement à la représentation de ce que l’on observe dans son souvenir. IL faut instaurer le plus grand calme intérieur possible en sa propre âme. IL faut essayer, autant que cela est possible, d’être aveugle et sourd à tout ce qui se produit aux alentours. Et l’on doit prendre soin que par la représentation qui aura été suscitée s’éveille en l’âme un sentiment. Il faut faire s’élever en soi ce sentiment comme un nuage qui s’élève à l’horizon entièrement vide par ailleurs. (…) Et cette image spirituellement lumineuse est ce qu’on appelle l’incarnation astrale de cet état de l’âme du désir qui a été observé. (…) Ne tente pas de revêtir de mots ce que tu vois en esprit ou de le saisir par les spéculations de ton entendement maladroit. Donne-toi en pleine liberté à ta vision spirituelle et ne la troubles pas par de nombreuses réflexions qui s’y appliquent.

p. 71 à 73

L’illumination

5ème exercice : observation d’un désir humain réalisé…

Un autre exercice peut venir compléter celui qui vient d’être décrit. On doit observer de la même façon comment est échue à quelqu’un la satisfaction d’un souhait quelconque, d’un attente. (…) Qu’un être humain puisse n’être pour nous qu’un objet d’observation, cette pensée ne doit pas nous emplir un seul instant. (…) Un sentiment de respect sacré de tout ce qui est humain doit nous emplir, même lorsque nous n’y pensons que sous la forme du souvenir.

p. 74

L’illumination

6ème exercice : affronter sans crainte un danger…

(…) les qualités dont doit déjà être doté celui qui va être initié, c’est un courage d’un certaine façon accompli et l’absence de crainte. L’élève en occultisme doit positivement rechercher les occasions de cultiver en soi ces vertus. Dans la formation occulte, elles devraient être systématiquement exercées. Mais la vie elle-même est aussi une bonne école occulte, surtout dans cette direction ; peut-être la meilleure. Vouloir regarder tranquillement un danger en face, vouloir surmonter sans hésiter les difficultés, c’est ce que l’élève en occultisme doit savoir faire. Devant un danger il doit par exemple aussitôt rassembler toute son énergie pour ressentir : ma peur ne m’est strictement d’aucune utilité ; je n’ai absolument pas le droit d’avoir peur ; je ne dois penser qu’à ce qu’il faut faire. (…) De même que l’être humain physique a besoin de force nerveuse pour utiliser ses sens physiques, de même l’être humain psychique a besoin de cette force qui ne peut se développer que dans les natures courageuses et sans peur. (…) L’élève en occultisme doit apprendre à ne pas se décourager d’un échec. Il doit être capable de penser : « je veux oublier que j’ai de nouveau échoué dans cette entreprise et la tenter de nouveau, comme si rien ne s’était passé. » C’est ainsi qu’il acquiert à force d’efforts cette conviction que dans le monde les sources d’énergie auxquelles il peut puiser sont intarissables.

p. 75 à 77

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Professeur de Philosophie
Cet article a été publié dans Le vrai visage de l'Anthroposophie, Les textes de la religion anthroposophique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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