Un exemple de « leçon » de l’Ecole de Science de l’Esprit des anthroposophes

Première leçon du 15 février 1924

Mes chers amis,

Aujourd’hui, au cours de cette leçon d’introduction, il ne sera pas question d’expliquer ce que je viens de dire, mais je voudrais pourtant dire ceci comme introduction; le sérieux qui doit être celui de notre mouvement et qui est chaque jours réellement mis en danger et miné, doit s’exprimer particulièrement dans notre école; et cela est nécessaire car, partout, on peut remarquer qu’il est difficile de compter avec lui.

Aujourd’hui je vais vous donner une sorte d’introduction préparatoire; et avant toute chose je vais souligner que dans cette école la vie de l’esprit doit être prise dans sa véritable signification, de telle sorte que vous puissiez observer réellement dans toute sa profondeur que ce qui est fondé avec cette école représente une institution qui, dans la vie de l’esprit, manifeste l’esprit du temps. Toute cette vie de l’esprit peut être approfondie dans tous les domaines, mais il doit y avoir un centre à partir duquel cet approfondissement commence et ce centre doit être, pour ceux qui veulent appartenir à cette école, en tant que membre précisément, le être à Dornach.

Par conséquent j’aimerai aujourd’hui, avec les membres de l’école pour lesquels il a été possible d’établir des certificats, commencer cette école, et la commencer tout d’abord pour que vous soyez conscient de ceci, à savoir qu’à l’intérieur de cette école, chaque parole qui est prononcée est prononcée de telle sorte qu’à sa base existe la pleine responsabilité vis à vis de l’Esprit qui se manifeste à notre époque. Cet esprit qui s’est manifesté pendant des siècles et des millénaires à l’humanité, mais qui à chaque époque le fait d’une façon toute particulière, cet esprit veut donner à l’homme ce que l’homme ne peut trouver que par lui. Nous devons donc, dès le début, voir très clairement qu’il n’y a pas d’inimitié envers tout ce qui parvient à l’homme à travers le monde des sens. Donc il n’y a pas d’inimitié lorsqu’on veut dans une école de science spirituelle souligner la marque de l’Esprit. Mais nous devons avoir bien clair à l’esprit la façon dont nous reconnaissons profondément que le monde des sens donne à l’homme ses grandes manifestations nécessaire à la vie, et qu’il lui fait signe d’une façon pratique; mais là nous ne devons pas être amené à ressentir que ce qui parvient à l’homme par le monde des sens soit peu important.

Il s’agit ici de recevoir les révélations de l’Esprit en tant que tel, avec un sérieux total. Et là je dois vous dire tout d’abord que nous devons laisser tomber bien des préjugés qui aujourd’hui encore sont profondément ancrés chez les membres de cette école. On doit rechercher la façon juste dont on trouve le chemin en tenant compte de cette volonté égoïste qui empêche de voir de façon juste ce que cette école veut être. Car beaucoup aujourd’hui ne pensent pas encore assez à ce que voudrait être cette école. Mais cela se fera progressivement car il n’est pas impossible que ce ne soit que peu à peu, que dans cette école, ne restent que ceux qui véritablement prendront au sérieux tous les détails. Mais d’un autre côté nous devons parcourir ce chemin en faisant face à des résistances, à des obstacles qui arrivent chaque jours de tout côté. Les membres de l’école ne doivent viser en aucune façon à des grades élevés. Mais tout cela, mes chers amis, doit être considéré comme une consolation. Ce qui devrait tout d’abord nous sauter aux yeux naturellement consiste principalement dans le fait de ressentir ce qui peut être donné à partir de l’Esprit et cela doit être travaillé dans les communications correspondantes pour les membres de cette école afin qu’ils puissent parcourir ensemble ce chemin difficile qui est semé d’obstacles. Je me suis exprimé au sujet de tout cela dans notre feuille de communication du journal et j’ai distingué entre la société générale anthropo­sophique et cette école; et il est nécessaire que cette différence soit ressentie par les élèves de cette école en toute clarté et que cela soit vécu aussi dans le sens de cette différence de telle sorte que l’école puisse réellement en arriver à n’avoir comme membre que les personnalités qui veulent vraiment être les représentantes de la chose anthroposophique dans la vie et dans tout ses détails. Je m’exprime donc de façon paradigmique pour souligner le sérieux de la chose.

Ce qui d’une certaine façon devrait être posé comme une première pierre d’airain au dessus de notre école j’aimerai le présenter tout d’abord devant vos coeur et vos âmes, il s’agira par conséquent de nous identifier complètement avec ce qui construit à partir de la vie de l’Esprit et c’est ainsi que nous commençons avec les paroles :

Là où sur cette terre, couleur après couleur

Se révèle la vie à l’agir créateur

Là ou le non vivant, ainsi, forme après forme

Se modèle à partir de substances terrestres,

Ou des êtres sentant, doués de volonté

Ont joie d’exister, y trouvent leur chaleur,

Là ou toi-même, ô homme, l’existence du corps

Acquiers par la lumière, par l’air et par la terre;

Là tu pénètres en les ténèbres de ton être,

Profondes et froides et couvertes de nuit;

En ces étendues sombres tu ne sauras jamais

Qui tu es, qui tu fus, qui tu deviendras.

Le jour devient ténèbres en ta propre existence

Se faisant nuit de l’âme, obscurité d’esprit

Et tu te tournes alors en ton âme soucieuse

Vers la lumière qui prend forme aux ténèbres.

Tout cela doit déjà me dire que le monde est beau, magnifique, grandiose et que de tout cela vient vers nous un éclat infini de manifestations qui surgit en tant que choses vivantes dans la feuille et dans la fleur et qui est envoyé à notre oeil, couleur après couleur, en provenance de l’univers visible. Cela doit nous rappeler que tout le divin qui se manifeste à partir du vivant, à partir de ce qui n’est pas vivant, dans la matière terrestre sous des milliers et des milliers de formes cristallines et non cristallines qui se manifestent à nos pieds dans l’eau et dans l’air dans les nuages et dans les étoiles, qui se précipite en tant qu’ animal dans les étendues de l’espace et qui se réjouit de sa propre existence en se réchauffant à elle, donc cela doit nous rappeler que tout est une manifestation divine et spirituelle.

Cela doit nous rappeler comment nous même avons pris notre propre corps dans tout ce qui se forme là, ce qui verdit couleur après couleur et croit; mais cela doit aussi nous rendre conscient que tout ce qui est là de beau, de gran­diose et de divin pour les sens est interrogé en vain pour savoir ce que nous même sommes en tant qu’Homme. L’existence naturelle dans la nature peut bien s’illuminer, retentir de façon grandiose devant nous, elle peut bien agir avec ses forces, avec sa chaleur; mais elle ne nous donne jamais rien, bien quelle nous renseigne sur beaucoup de choses immenses, sur l’étendu de la divinité. Elle ne peut jamais nous renseigner au sujet de nous même car chaque fois nous devons nous dire ceci, que ce que nous ressentons en tant que notre propre moi dans notre être intérieur n’est pas tissé à partir de ce qui rejaillit en tant que beauté, magnificence, grandeur et puissance de la nature extérieure mais de ce qui est extrahumain.

Alors se dresse devant notre âme la question; pourquoi cette essence dont nous sommes fait nous même resterait-elle autour de nous obscure et muette ? Nous devons donc vivre comme une grâce ce qui pourrait nous apparaître mais dont au fond on pourrait se passer en disant avec un profond sérieux et avec force: nous devons décider précisément de faire de nous un homme qui soit réchauffé par l’âme, renforcé par l’esprit afin qu’en tant qu’Esprit dans l’homme nous puissions trouver l’esprit qui est en nous.

Pour cela il est nécessaire que nous nous préparions à ne pas arriver à cette frontière des mondes sensibles avec légèreté; cette frontière où peut survenir la manifestation de l’Esprit. Pour cela il est nécessaire de nous dire que si nous arrivions sans préparation à cette frontière et que, en même temps, venait vers nous la pleine lumière de l’Esprit, eh bien, parce que nous n’aurions pas encore suscité en nous la force de l’Esprit, la chaleur de l’âme pour pouvoir recevoir cet Esprit et bien celui-ci nous réduirait en miettes et nous rejetterait dans notre néant. Par conséquent, à la frontière entre le monde des sens et de l’Esprit se tient cet envoyé des Dieux dont nous parlerons au cour des prochaines leçons et que nous chercherons à connaître toujours d’avantage de façon plus exacte. Donc cet envoyé de l’Esprit se tient là, qui nous parle en forme d’avertissement, qui nous avertit et nous parle de la façon dont nous devons être et de ce que nous devons déposer pour nous approcher de façon juste des mondes spirituels. Et si nous avons tout d’abord compris, mes chers amis, qu’en face de tout ce qui est beau, de tout ce qui est grandiose dans la nature, il y a vis à vis une obscurité spirituelle pour la connaissance humaine, obscurité à partir de laquelle doit naître la lumière qui nous dira ce que nous sommes ce que nous fûmes et ce que nous serons, alors nous devons avoir clair à l’esprit également que cet envoyé de l’Esprit doit être compris à partir de cette obscurité. Cet envoyé de l’esprit nous adresse les recommandations correspondantes et par conséquent, nous entendrons résonner dans notre âme ses paroles et nous ferons briller la caractéristique de cet envoyé de l’Esprit devant l’oeil de notre âme. A partir de l’obscurité, s’éclaire pour toi :

Et sortant des ténèbres s’éclaire

Te révélant ton image

Pourtant se transformant aussi en ton symbole

Grave verbe d’esprit dedans l’éther des mondes

Que ton coeur peut entendre, agissant avec force

Pour toi le messager d’esprit qui seul

Peut t’illuminer le chemin

Devant lui, l’étendue des champs du sensible

Béantes après lui, profondeurs de l’abîme.

Devant l’obscurité de ces champs de l’esprit

Tout près de cet abîme béant de l’existence

Sonne en sa prime force son verbe créateur:

Vois la connaissance, j’en suis l’unique porte.

Nous devons avoir très clairement à l’esprit que nous devons prendre connaissance de tout ce qui peut venir en tant qu’avertissements de cet envoyé de l’Esprit; et tout cela nous le ferons toujours d’avantage dans les prochaines leçons. Avant de nous disposer à fonder ce qui n’est pas de ce côté ci dans le champs des sens, mais au contraire, s’étend de façon spirituelle au delà de l’abîme béant, et qui, pour la connaissance humaine est plongé dans les ténèbres profondes, à partir desquelles s’illumine seulement le visage de l’envoyé spirituel qui apparaît tout d’abord comme semblable à l’homme lui-même. Mais, formé de quelque chose d’immensément puissant et pourtant si semblable à l’homme, comme son ombre, l’avertit que personne ne doit pénétrer dans ce qui est au delà de cet abîme sans avoir recherché le sérieux qui est nécessaire.

Donc cet envoyé de l’Esprit demande tout d’abord du sérieux. Ensuite lorsque nous saisissons dans notre âme sa voix qui s’exprime avec un sérieux consolant, nous devons bien être conscient de la façon dont tout d’abord, légèrement, comme abstraitement, et qui ne peut être donné que dans les grandes lignes, venant du monde spirituel, par dessus le gouffre qui est devant nous et qui nous retient afin que nous ne fassions pas un pas sans avoir pris nos précautions, il y a là l’envoyé de l’Esprit dont la voix résonne ainsi :

Depuis les étendues des êtres de l’espace

Dans la lumière éprouvant l’existence,

Depuis le pas de la marche du temps

En l’agir créateur trouvant force opérante

Depuis les profondeurs du ressentir du coeur,

Ou dans le soi s’approfondit le monde:

Là retentit en le parler de l’âme,

Là, s’illumine des pensées de l’esprit,

Née des forces divines qui donnent guérison

En les puissances façonnant les mondes

Paroles d’existences agissantes et mouvantes

O toi, homme, connais-toi toi même.

Avec ces paroles, peut maintenant être claire la façon dont les secrets de l’existence doivent être fondés, à partir de tout ce qui se tisse, agit, existe dans les étendues de l’espace, comment doit être fondé, pour une véritable connaissance, ce qui peut se manifester en tant qu’action créatrice au cours des âges, et comment ce qui se manifeste en tant que monde dans la profondeur du coeur humain doit s’ouvrir à l’étude du connaître authentique de l’homme.

Car tout cela, peut seulement être la base dont l’homme à besoin pour la connaissance de son propre « soi », dans lequel le monde à déposé la somme de ses secrets de telle sorte qu’il puisse être retrouvé en tant que connaissance de soi-même, à partir de ce même soi; et là aussi peut être trouvé tout ce dont l’homme à besoin pour les jours de bonne ou mauvaises santé sur le chemin de sa vie entre la naissance et la mort et tout ce qu’il peut également utiliser sur l’autre chemin d’existence entre la mort et une nouvelle naissance.

Mais tout ceux qui se ressentent membre de cette école, doivent également avoir clair à l’esprit, que toute chose qui n’est pas acquise dans cet état d’esprit, n’est pas une connaissance véritable mais seulement une connaissance des apparences extérieures, et que tout ce qui vaut par ailleurs en tant que sa­voir acquis par l’homme avant qu’il n’acquière une connaissance des aver­tissements du gardien du seuil pour la science spirituelle, n’est qu’un savoir d’apparence. Mais cela n’a pas besoin de le rester; nous ne méprisons pas la science apparente extérieure, mais nous devons avoir bien clair à l’esprit que c’est à partir du stade de la science apparente que commence à ressortir, quand cela s’est transformé par tout ce que l’homme peut savoir sur la purification de son être, sur la métamorphose de son être, qu’il aura acquise lorsqu’il aura compris les avertissements du gardien du seuil au bord du gouffre de la connaissance, quand il aura compris les avertissements de cet envoyé spirituel qui envoie à l’homme, à partir des ténèbres, un esprit éclairant. Celui qui n’a pas acquis la conscience que, entre le séjour dans le monde des sens avec lequel nous devons vivre pendant notre existence terrestre et la vie entre la mort et une nouvelle naissance il y a un gouffre, ne peut pas avoir accès à la véritable connaissance.

Il n’a pas besoin d’être clairvoyant bien que ses connaissance du monde spirituel proviennent de la véritable voyance, mais il doit acquérir une conscience de ce qui se trouve là, en tant qu’avertissement au bord de ce gouffre béant, au sujet des secrets de l’espace, du temps, des secret du coeur humain lui-même. Car si nous sortons dans les étendue de l’espace, le gouffre se trouve là si nous sortons dans les étendues du temps, le gouffre se trouve là et si nous pénétrons dans notre propre coeur, le gouffre se trouve là. Et ces trois gouffres, ce ne sont pas trois gouffres, ce ne sont qu’un seul gouffre car si nous sortons dans les étendues de l’espace, assez loin jusque là ou les étendues de l’espace trouvent leurs limites, assez loin pour trouver l’esprit si nous errons dans les étendues du temps, jusque là ou les étendues du temps trouvent leurs début aux commencement des cycles, si nous pénétrons dans les profondeurs du coeur humain assez profondément afin que nous puissions nous fonder nous même, on voit que ces trois chemin conduisent à un seul et même but, à un seul et même point final et non pas à trois endroits différents. Ils conduisent tous les trois au même divin spirituel qui jaillit à l’origine du monde et, à partir de cette origine du monde fait fructifier toute existence, la nourrit, mais aussi fonde pour l’homme toute existence.

Dans une telle conscience sérieuse nous devons aujourd’hui nous placer en pensée là où l’envoyé spirituel nous parle et nous devons écouter ce qu’il indique à partir de la nature de notre propre époque, notre propre présent, ce qu’il indique en tant qu’obstacles que nous devons balayer pour en arriver à une véritable connaissance de l’Esprit. Les obstacles, mes chers amis, les obstacles à la connaissance de l’esprit, il y en eu à toutes les époques, toujours les hommes durent surmonter ou abandonner ceci ou cela, en obéissant à l’avertissement sérieux du gardien du seuil du monde spirituel. Mais chaque époque a toujours ses propres obstacles et ce qui sort de la civilisation terrestre humaine n’est, en grande partie, pas favorable, mais plutôt un empêchement pour pénétrer dans le monde spirituel.

Et précisément, à partir de ce qui vient de la civilisation terrestre habituelle, l’homme de chaque époque doit trouver les obstacles particuliers qui ont été implantés dans sa nature par l’époque même, et dont il doit se séparer avant de pouvoir franchir l’abîme béant dont nous avons parlé.

Par conséquent nous entendons l’envoyé qui nous dit:

Mais tiens bien compte de l’abîme

Où te dévorerons ces bêtes

Si devant moi passais trop vite

Ta période cosmique en toi les a placées

Ces ennemies de la connaissance.

Regarde la première bête, l’échine torse

La tête torse et le corps décharné

Toute est sa peau d’un bleu terne

Ta peur de l’être créateur de l’esprit

A crée ce monstre en ton vouloir

Le courage de connaître seul le surmontera

Regarde la deuxième bête, elle montre les dents

En sa face tordue, elle ment en raillant

Jaune est son corps mêlé de gris;

Ta haine de la manifestation de l’esprit

T’a créé cet avorton dans ton ressentir

Ton feu de connaissance va devoir le dompter.

Regarde la troisième bête avec sa gueule ouverte

Son oeil est vitreux, molle son attitude;

D’un rouge sale t’apparaît sa forme;

Ton doute de l’esprit au pouvoir de lumière

T’a créé ce spectre en ton penser

A ton connaître créateur il doit céder.

Quand toutes les trois, par toi auront été vaincues

Alors des ailes pousseront à ton âme,

Ainsi pourra franchir l’abîme

Qui te sépare du champs du connaître

Auquel ton coeur aspire et cherchant guérison

Voudrait se consacrer.

Cela mes chers amis, ce sont les trois grands ennemis de la connaissance de l’homme du présent. L’homme du présent à peur de l’existence créatrice de l’esprit, la peur se tient profondément dans l’existence de son âme. Et il aimerait bien balayer cette peur et pour cela il habille cette peur de toutes sortes de raisons qui ont une apparence logique grâce à laquelle il voudrait réfuter, nier, la manifestation de l’esprit. Vous entendrez parler, mes chers amis, de tel ou tel article contre la connaissance de l’esprit qui objecte ceci ou cela. Parfois cela est habillé de formes et de règles très habiles, ou même de logique complètement folle. Mais jamais les règles de la logique ne sont les raisons vé­ritables pour lesquelles celui-ci ou celui-la réfute la connaissance de l’esprit. En vérité, c’est l’esprit de la peur qui repose profondément à l’intérieur de l’homme, qui travaille, qui se renforce et qui lorsqu’il monte à la tête se méta­morphose en tant que raison logique. Voila la peur. Mais soyons bien clair, il ne suffit pas de dire je n’ai pas peur, car cela naturellement chacun peut se le dire, nous devons tout d’abord savoir trouver le lieu et la nature de cette peur.

Nous devons nous dire que nous sommes nés, que nous avons été élevés à l’é­poque présente dans laquelle, du coté ahrimanien, les esprits de la peur ont été placés, et que nous sommes donc saisis (prisonnier), lié par ces esprit de la peur. Bien que nous ne nous en préoccupions pas ils ne sont pas éloignés en réa­lité, mais nous devons trouver les moyens, les chemins, et cette école vous don­nera l’occasion de trouver le courage de la connaissance à l’encontre de ces esprit de la peur qui se trouvent, qui ont leur siège, tel un monstre, dans notre volonté. Car ce n’est pas ce qui pousse aujourd’hui bien souvent les hommes à la connaissance, ou ce qu’ils disent que cela les poussent à la connaissance, qui peut apporter une véritable connaissance, mais seulement le courage intérieur qui se saisit dans l’âme des forces et des aptitudes qui peu­vent aller sur le chemin et conduisent à la véritable, à l’authentique et lumineuse connaissance de l’esprit.

Le deuxième animal qui à partir de l’esprit du temps s’est glissé dans l’âme humaine aujourd’hui pour devenir l’ennemi de la connaissance, ce deuxième animal qui est partout à l’affût là ou l’on va, et qui s’approche de l’homme à partir de la plupart des ouvrages littéraires du présent, à partir de la plupart des galeries, à partir de la plupart des sculptures (plastiken ?), à partir de la plupart des oeuvres d’art, à partir de tout ce qui est possible en musique, donc tout ce qui s’approche de l’homme et qui empoisonne les écoles, la société, qui est partout dans le commerce des hommes (communications), c’est ce second animal qui pour ne pas s’avouer la peur de l’esprit se sent incité intérieurement à se moquer de la connaissance spirituelle. Cette moquerie ne s’exprime pas toujours car les hommes ne sont pas toujours conscient de ce qui est en eux mais j’aimerai dire que ce n’est que par une très légère paroi qu’est séparé la conscience de la tête de ce qui veut dans le coeur de l’homme toujours plaisanter au sujet de la connaissance spirituelle. Lorsque cette moquerie, ce détachement moqueur apparaît au jour ce n’est seulement que lorsque la plus ou moins consciente ou inconsciente légèreté de l’homme d’aujourd’hui repousse la peur.

Le troisième animal, c’est le sommeil de la pensée, c’est donc le fait commode d’avoir une pensée qui aimerait faire du monde entier un cinéma car dans ce cas on n’a plus besoin de penser; et tout se déroule devant vous sans que les pensées aient besoin de suivre ce qui se fait. De même aujourd’hui, la science aimerait observer l’existence extérieure avec une pensée passive. L’homme est devenu trop endormi pour mettre sa pensée en activité. Aujourd’hui, il en est de la pensée de l’humanité comme d’un homme qui voudrait soulever quelque chose au dessus du sol se placerait là avec les mains dans les poches, et croirait qu’il peut alors soulever ce qui se trouve sur le sol. Il ne le peut pas ainsi, l’être ne peut pas saisir une pensée s’il n’y met pas les mains. Nous devons donc remuer nos bras et nos mains si nous voulons nous saisir de quelque chose, et nous devons mettre en action notre pensée si nous voulons saisir le spirituel.

C’est de façon caractéristique que le gardien du seuil parle du premier animal qui est tapi dans notre volonté en tant que peur, comme d’un animal avec un dos courbe et avec un visage fendu, tordu, et d’une consistance osseuse avec un corps sec, desséché, cet animal qui à toute sa surface d’un bleu sale, et qui, sortant de l’abîme, est réellement ce qui surgit à côté du gardien du seuil pour l’homme d’aujourd’hui, et le gardien du seuil signifie clairement à l’homme d’aujourd’hui; voila cet animal, d’un bleu sale, le dos courbé avec son visage fendu, très osseux, cet animal est véritablement en toi. Et ici cet animal monte de l’abîme béant qui se trouve devant ce champ de connaissance, et c’est l’image comme en miroir de ce qui, en toi-même, est l’un des ennemis de la connaissance, cet ennemi de la connaissance qui est tapi dans ta volonté.

Le deuxième animal, celui qui aujourd’hui vis à vis du monde spirituel se comporte avec un caractère moqueur, le gardien du seuil le caractérise d’une façon semblable; et il surgit à côté de l’autre monstre mais tandis que dans toute sa posture il montre une certaine faiblesse, un relâchement, avec un corps de cou­leur gris jaune, dans son visage fendu il montre les dents comme pour rire, mais c’est un rire qui ment, car la plaisanterie, pour lui, est le mensonge. Ce sourire que nous voyons là est le reflet de l’animal qui vit dans notre propre sentiment et qui nous empêche de connaître, qui est l’ennemi de la connaissance.

Le troisième animal qui ne veut pas s’approcher, en esprit, du contenu du monde, le gardien du seuil le caractérise de telle manière que sortant de l’abîme, le numéro trois, avec lui aussi une gueule fendue, ouverte, béante, avec un oeil vitreux, le regard glauque, éteint, parce que la pensée ne veut pas être active; relâchée est son attitude et sa forme a une couleur rouge sale et ainsi est le doute qui s’exprime dans la couleur rouge sale, le doute quant à la puissance de la lumière spirituelle. C’est donc le troisième des ennemis de la connaissance qui sont tapis en nous, attaché à la terre.

Si nous allons avec eux à la rencontre de la connaissance de l’esprit sans faire attention à l’avertissement du gardien du seuil, alors l’abîme béant se trouve là. On ne peut pas passer par dessus avec la pesanteur terrestre, on ne peut pas le faire avec la peur, avec la moquerie ni avec le doute, et on peut seulement le traverser lorsqu’en pensée on saisit la spiritualité de ce qui existe, lorsque dans le sentiment on vit le psychique de l’existence, dans la volonté on renforce l’action des actes de l’existence; alors ce qui est spiritue­l, ce qui est psychique, et ce qui est actif dans notre être nous deviennent des ailes qui permettent d’échapper à la pesanteur terrestre. Et alors nous pouvons passer par dessus le gouffre.

Triple est le préjugé qui nous rejette dans l’abîme si nous ne pouvons pas acquérir le courage de la connaissance, le feu de la connaissance et la création de la connaissance. Mais alors lorsque nous saisissons en pensée la connaissance créatrice, lorsque nous voulons activer cette pensée, lorsque nous ne voulons pas aller à la rencontre de l’esprit avec un laisser aller endormi, mais que, au contraire nous recevons l’esprit avec le feu du coeur intérieur, et que nous avons le courage de saisir, en tant qu’esprit ce qui est spirituel et de ne pas le laisser venir à nous comme une chose matérielle et seulement sous forme d’image, alors croissent pour nous les ailes qui vont nous porter jusqu’au chemin de la connaissance par dessus l’abîme dans son coeur.

Voilà ce qui devait être placé devant votre âme, mes chers amis, cette introduction à la première heure à laquelle doit commencer cette école.

Ce que nous devons apprendre, en passant à côté du gardien du seuil, c’est ce dont il est nécessaire de faire l’expérience en le ressentant, en le voulant, en le pensant pour passer devant la lumière du gardien, et pour pénétrer dans les ténèbres dont pourtant jaillit cette lumière dans laquelle nous reconnaissons la propre lumière du véritable moi humain et parvenons ainsi au « Homme connaît toi toi-même » qui parle à partir des ténèbres qui s’illumine grâce au spirituel.

Première leçon de la première Classe (15 février 1924)

Là où sur cette terre, couleur après couleur

Se révèle la vie à l’agir créateur

Là ou le non vivant, ainsi, forme après forme

Se modèle à partir de substances terrestres,

Ou des êtres sentant, doués de volonté

Ont joie d’exister, y trouvent leur chaleur,

Là ou toi-même, ô homme, l’existence du corps

Acquiers par la lumière, par l’air et par la terre;

Là tu pénètres en les ténèbres de ton être,

Profondes et froides et couvertes de nuit;

En ces étendues sombres tu ne sauras jamais

Qui tu es, qui tu fus, qui tu deviendras.

Le jour devient ténèbres en ta propre existence

Se faisant nuit de l’âme, obscurité d’esprit

Et tu te tournes alors en ton âme soucieuse

Vers la lumière qui prend forme aux ténèbres.

Et sortant des ténèbres s’éclaire

Te révélant ton image

Pourtant se transformant aussi en ton symbole

Grave verbe d’esprit dedans l’éther des mondes

Que ton coeur peut entendre, agissant avec force

Pour toi le messager d’esprit qui seul

Peut t’illuminer le chemin

Devant lui, l’étendue des champs du sensible

Béantes après lui, profondeurs de l’abîme.

Devant l’obscurité de ces champs de l’esprit

Tout près de cet abîme béant de l’existence

Sonne en sa prime force son verbe créateur:

Vois la connaissance, j’en suis l’unique porte.

Depuis les étendues des êtres de l’espace

Dans la lumière éprouvant l’existence,

Depuis le pas de la marche du temps

En l’agir créateur trouvant force opérante

Depuis les profondeurs du ressentir du coeur,

Ou dans le soi s’approfondit le monde:

Là retentit en le parler de l’âme,

Là, s’illumine des pensées de l’esprit,

Née des forces divines qui donnent guérison

En les puissances façonnant les mondes

Paroles d’existences agissantes et mouvantes

Mais tiens bien compte de l’abîme

Où te dévorerons ces bêtes

Si devant moi passais trop vite

Ta période cosmique en toi les a placées

Ces ennemies de la connaissance.

Regarde la première bête, l’échine torse

La tête torse et le corps décharné

Toute est sa peau d’un bleu terne

Ta peur de l’être créateur de l’esprit

A crée ce monstre en ton vouloir

Le courage de connaître seul le surmontera

Regarde la deuxième bête, elle montre les dents

En sa face tordue, elle ment en raillant

Jaune est son corps mêlé de gris;

Ta haine de la manifestation de l’esprit

T’a créé cet avorton dans ton ressentir

Ton feu de connaissance va devoir le dompter.

Regarde la troisième bête avec sa gueule ouverte

Son oeil est vitreux, molle son attitude;

D’un rouge sale t’apparaît sa forme;

Ton doute de l’esprit au pouvoir de lumière

T’a créé ce spectre en ton penser

A ton connaître créateur il doit céder.

Quand toutes les trois, par toi auront été vaincues

Alors des ailes pousseront à ton âme,

Ainsi pourra franchir l’abîme

Qui te sépare du champs du connaître

Auquel ton coeur aspire et cherchant guérison

Voudrait se consacrer.

Toi, homme, connais-toi toi même.

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