La multitude d’exercices de « développement personnel » des anthroposophes

I – Exercices pré-anthroposophiques

Exercices de méditation d’une école isolée de l’Europe centrale

Système osseux/ Nerfs optiques

(Fleur de lotus à deux pétales)1

1er exercice : expression corporelle et méditation sur le sceau de Salomon et sur la polarité lumière/pesanteur.

Le Maître faisait prendre à ses disciples une certaine attitude corporelle. Il les faisait se placer dans une attitude par lequel le corps lui-même s’inscrivait en quelque sorte dans ce symbole (le sceau de Salomon). Il les faisait se placer avec les jambes légèrement écartées et les bras positionnés de cette façon vers le haut. En prolongeant les bras vers le bas et les jambes vers le haut, on obtenait ces quatre lignes (…) qui se dégageaient de l’organisme humain. Une ligne relie les pieds et l’autre les mains en haut. Les deux autres apparaissaient dans la conscience comme d’authentiques lignes de forces, si bien que le disciple se rendait compte qu’à l’image de courants électromagnétiques, certains courants passent de la pointe du doigt gauche à la pointe du doigt droit. C’est donc l’organisme humain lui-même qui inscrit effectivement dans l’espace ces triangles emboîtés l’un dans l’autre. Ensuite il s’agissait pour le disciple de ressentir ce qui est contenu dans les mots : la lumière se répand vers le haut, la pesanteur pèse vers le bas. Puis les disciples devaient vivre cela au cours d’une méditation profonde faite dans l’attitude que je viens de décrire. Ils en arrivaient progressivement à ce que le Maître puisse leur dire : maintenant vous allez faire une expérience qui a effectivement été pratiquée sans relâche dans les mystère antiques. Les hommes ont réellement ressenti la moelle dans les os de leurs bras et de leurs jambes, fait l’expérience de la moelle, de l’intérieur de leurs os.

2ème exercice : méditation corporelle sur les symboles et sur la polarité mort/éveil.

Ce n’est pas avec son cerveau, mais en réalité avec sa structure osseuse que l’on pense, lorsqu’on respecte la rigueur de la démarche intellectuelle. Lorsque la pensée devient concrète, comme c’est le cas dans la Philosophie de la liberté, elle se transmet à l’homme tout entier. Mais les disciples de ce Maître allaient plus loin encore, et apprenaient à ressentir de l’intérieur même des os. Ils faisaient ainsi l’expérience d’un ultime exemple de ce qui était souvent pratiqué dans les antiques centres de mystères : éprouver des symboles pas le fait que leur propre organisme était transformé en symbole, car c’est seulement de cette manière que l’on peut faire l’expérience de symboles. (…) L’attitude juste à l’égard des symboles consiste à les faire et à les vivre. (…) Mais quand on commence à faire cette expérience, on est plus en l’homme. Lorsque vous tenez votre index à quarante centimètres de votre nez et que vous le considérez comme un objet, il est certain que cet objet n’est pas en vous ; de même ce qui est vécu à l’intérieur de votre os n’est pas davantage en vous. Vous allez vers l’intérieur, mais vous sortez de vous-mêmes. Sortir ainsi de soi, s’envoler vers les dieux, entrer dans le monde spirituel, c’est ce que les disciples apprenaient à comprendre dans cette petite école isolée. (…) Puis le Maître résumait l’expérience vécue en une phrase paradoxale, en une phrase qui semblera ridicule à bien des hommes d’aujourd’hui, mais qui contient, vous le reconnaîtrez d’après ce que je vous ai dit, une profonde vérité :

Regarde le squelette

Et tu verras la mort,

Regarde à l’intérieur de l’os

Et tu verra celui qui éveille.

Celui qui éveille l’homme à l’esprit, l’être qui relie l’homme à l’esprit, l’être qui relie l’homme au monde des dieux. (…) Du fait qu’ils parvenaient à se transposer dans cette réalité spirituelle de l’homme, ils apprenaient à remonter vers les temps atlantéens, et même au-delà.

3ème exercice : Éveil des deux organes corporels de connaissance suprasensible, le nerfs optique et le système osseux, par une méditation sur leurs rapports au macrocosme.

1 – Méditation sur les rapports phases de la Lune/colonne vertébrale.

(…) On disait au disciple : regarde l’homme, il est un microcosme. (…) Une grande attention était accordé à la façon dont la lune passe du premier quartier à la pleine lune, au dernier quartier, à la nouvelle lune, et comment elle passe par 28 à 30 phases. (…) On regardait la lune se mouvoir sur sa trajectoire. On voyait les 28 à 30 tourbillons qu’elle dessinait au cours de son parcours. On comprenait ensuite que l’homme puisse avoir 28 à 30 vertèbres dans sa colone vertébrale. On comprenait aussi comment, dans l’embryon, l’épine dorsale se forme grâçe aux mouvements et aux forces de la lune. (…)

2- Méditation sur les rapports nerf optique/cycle annuel du Soleil.

Puis on le rendait attentif à autre chose encore. On lui disait : vois, lorsque tu regardes le nerf optique, tu constates comment il se prolonge du cerveau vers l’œil et comment, en passant dans l’œil, il se divise en filaments tres fins. (…) Ces filaments du nerf optique qui pénètrent à l’intérieur de l’œil sont, comme les nerfs qui partent dans la colonne vertébrale, au nombre de 28 à 30. (…) Cela prouve, disait le maître au disciple, que l’homme qui, dans les temps très anciens, a été formé par les dieux, a reçu d’eux ce système nerveux de la colonne vertébrale avec ses trente filaments. Mais c’est l’homme lui-même qui en a créée copie dans son œil tourné ves le monde sensible.

4ème exercice : concentration sur la racine du nez, éveil de la fleur de lotus à deux pétales. Vision de l’empreinte des pensées dans la lumière astrale, discernement du bien et du mal.

Un autre enseignement n’était pas moins important. Il visait à faire comprendre pratiquement la supériorité de l’homme sur les animaux. (…) Aujourd’hui, les hommes sont fiers d’avoir des chiens policiers capables de suivre les traces des délits. Autrefois (…) on savait que le monde était doté d’une sorte de fluide subtil. On s’en apercevait aux nuances particulières des flux caloriques liés à toutes sortes d’autres flux considérés comme des courants électromagnétiques. On faisait un rapprochement entre le faire du chien et ces courants. On les rendaient attentifs (les disciples) au fait que ce sens pour un fluide subtil était répandu dans l’ensemble du règne animal. Ensuite on leur montrait que ce qui, chez l’animal, se développe vers le bas, vers le domaine matériel, se développe chez l’homme vers le haut, vers le domaine de l’âme. (…)

 

(…) Grâçe au rapport particulier de la lune au soleil, l’année compte 12 mois ; et du cerveau humain, ce sont douze nerfs qui partent vers les différentes parties de l’organisme : les douze nerfs cervicaux principaux. De ce point de vue aussi l’homme,par l’organisation de sa tête est un microcosme reproduisant le rapport qui existe entre le soleil et la lune (…).

Mais lorsqu’on examine plus particulièrement la partie du cerveau d’où le nerf olfactif part vers le nez, on constate que cette petite partie du cerveau est une imitation de l’ensemble du cerveau. (…) En effet, le nerf olfactif est fait de douze cordons qui partent vers le nez. (…) L’homme possède dans l’œil un vrai petit homme. Mais on précisait au disciple qu’anatomiquement, ce petit homme est tout juste esquissé. Car les éléments se soudent (…) Ils se développent tout particulièrement dans le corps astral. (…) Comme le disciple avait été amen é à éprouver l’intérieur de ses os, de même lui est-il conseillé d’éprouver, d’une façon vivante, cette partie singulière de son corps. (…) L’orient connaît aussi cette concentration sur la racine du nez, sur un point placé entre les sourcils. En réalité, il s’agit d’une concentration sur ce petit homme qui existe là-dedans et que l’on peut percevoir sur le plan astral. (…) Le disciple recevait réellement dans cette école l’instruction d’élaborer, dans une pensée fortement concentrée, une sorte d’embryon d’un petit homme.

Ainsi les disciples disposant de la faculté nécessaire voyaient se développer la fleur de lotus à deux pétales. On leur disait alors : l’animal développe les choses vers le bas, vers ce qui est fluide calorique et électromagnétique. L’homme élabore ce qui se situe ici et qui en gros ne se manifeste que comme sens olfactif, mais cachant aussi la faculté et l’activité visuelle. De ce fait, il acquiert la faculté de ne pas seulement suivre ce fluide, mais de provoquer un échange ininterrompu avec la lumière astrale, et de percevoir au moyen de la fleur de lotus à deux pétales ce que, tout au long de sa vie, l’homme insère dans la lumière astrale. Le chien ne flaire que les relents, ce qui demeure. L’homme procède autrement lorsqu’il perçoit par sa fleur de lotus à deux pétales. Même lorsqu’il ne peut pas s’en servir pour percevoir, il inscrit sans cesse dans la lumière astrale tout ce qui se trouve dans ses pensées. La contemplation le rend capable de suivre ce qu’il écrit ainsi (…) mais de percevoir (…) surtout la différence entre le bien et le mal. (…)

5ème exercice : Connaissance de la Matière par l’organe de l’odorat élevé au niveau de la lumière astral.

On expliquait clairement au disciple qu’en utilisant cet organe de l’odorat élevé au niveau de la lumière astrale, il apprend à connaître la vraie substantialité de toutes choses, la vraie matière. (…) Si tu veux connaître la matière d’un quartz (…), contemple le à l’aide de la forme de lotus à deux pétales. (…) Ou alors on lui expliquait : lorsque tu utilises ton organe de la tête, tu apprends à connaître la composition substantielle d’une plante.

6ème exercice : Connaissance de la Forme par le ressenti spirituel du système osseux.

Et lorsqu’il apprend à l’intérieur de son système osseux, et que par là il connaît a pure réalité de la géométrie cosmique, la façon dont les dieux impriment dans l’univers le dessin des forces, il apprend à connaître les formes qui agissent dans les choses. (…) Si tu veux connaître sa forme cristalline [du quartz], si tu veux savoir comment la matière est formée, tu dois comprendre cette forme à partir du cosmos, à l’aide de ce que tu peux saisir lorsque tu pénètres de manière vivante à l’intérieur de ton système osseux. (…) Lorsque tu apprends à ressentir à l’intérieur de ton système osseux, tu peu savoir comment une plante croît, pourquoi elle a telle ou telle forme de feuilles, telle ou telle disposition de feuilles sur la tige, et pourquoi elle déploie ses fleurs de telle ou telle manière.

7ème exercice : Connaissance des quatre règnes par l’action conjuguée et rapprochée des deux organes.

Lorsqu’on remonte à Aristote, il est vraiment intéressant de voir que pour tout ce qui existe, il distingue la forme et la matière. (…) Mais Aristote l’a encore enseigné d’une toute autre façon.

1 – Le minéral :

Il a dit : lorsqu’on aborde les minéraux, on ressent d’abord la forme par l’expérience de l’intérieur des os du bas de la jambe, et on ressent la matière par l’organe de la tête. Tout deux sont très loin l’un de l’autre.

2 – Le végétal :

(…) Mais lorsque l’homme s’intéresse à la plante, il ressent la forme par l’expérience de l’intérieur de l’os de sa cuisse, la matière par ‘organe de la tête, par la fleur de lotus à deux pétales. Les deux organes se rapprochent déjà quelque peu.

3 – L’animal :

(…) Lorsque l’homme étudie l’animal, il ressent la forme par l’expérience de l’intérieur de l’os de l’avant-bras, et la matière par l’organe de la tête, donc par des organe de perception très voisins.

4 – L’homme :

(…) Et lorsque l’homme s’intéresse à l’homme lui-même, il ressent la forme par l’expérience de l’intérieur de la partie supérieur de son bras qui, par le détour du langage, est relié au cerveau lui-même. J’ai souvent parlé de cela dans mes introductions à l’eurythmie ; là se rejoignent la fleur de lotus à deux pétales et ce qui, de l’intérieur de la partie supérieur du bras, part vers le cerveau. C’est surtout grâce au langage que l’homme connaît un autre homme non plus comme séparé en forme et contenu, mais comme une unité où forme et contenu font un, se confondent.

Exercices anthroposophiques

Exercices de culture pratique de la pensée

1er exercice : observations successives d’un même phénomène.

Imaginons quelqu’un qui se mette à expérimenter de la manière suivante : il s’applique à étudier un certain processus qui lui est aisément accessible et qu’il peut observer avec précision – disons, par exemple, les phénomènes atmosphériques. Un soir, il observe la forme des nuages, le coucher du soleil, etc., et il conserve en lui une image précise de ce qu’il a observé. Il tente de maintenir cette image un certain temps dans son esprit ; il en retient les moindres détails, et tâche de les conserver jusqu’au lendemain. . Le lendemain, à la même heure, ou à un autre moment de la journée, il reprend ses observations météorologiques et de nouveau il essaie de s’en faire une image exacte. (…) Il ne faut pas se hâter de tirer des conclusions de ses observations du jour et d’en déduire le temps qu’il fera le lendemain. Cette hâte corromprait notre pensée ! (…) Au lieu de se livrer à la spéculation, il faut commencer par se faire des représentations aussi exactes que possible des phénomènes qui se succèdent dans le temps, réfléchir dessus, et laisser ensuite ces images persister et se métamorphoser l’une l’autre. (…) Dans la mesure où nous nous abstenons de spéculations arbitraires pour nous concentrer uniquement sur des images de phénomènes successifs, les pensées qui animent l’univers agissent en nous et s’inscrivent dans notre corps astral, sans même que nous en ayons conscience. (…) Nous pouvons choisir aussi bien des actions humaines que d’autres phénomènes. Dès que nous saisissons quelque chose, tâchons de nous représenter ce qui, à notre avis, doit en résulter. Si la suite attendue se produit, tout va bien : notre pensée était correcte. Sinon, et bien essayons de réfléchir, pour découvrir où réside notre erreur, tentons de corriger nos pensées erronées en cherchant calmement d’où vient la faute et quelle est sa nature2.

2ème exercice : recherche de la cause d’un phénomène

À ces exercices, on peut en ajouter un autre : tout événement qui se produit aujourd’hui est en rapport avec ce qui est arrivé hier. Mettons qu’un enfant ait fait une bêtise ; quelles en sont les raisons ? Remontons le cours des événements jusqu’à la veille, reconstituons les causes que nous ignorons. (…) On s’informe ensuite de ce qui s’est effectivement passé, et l’on voit si on a eu raison ou tort. Si l’on a su trouver la vraie cause, tant mieux ! Mais si l’on s’est trompé, il faut essayer d’élucider l’erreur et de comprendre pourquoi l’enchaînement de nos pensées ne concorde pas avec celui des faits réels. L’essentiel, c’est de prendre le temps de considérer les choses comme si nous étions en elles, de plonger dans les choses, dans la dynamique des pensées qui les animent. (…) L’effort d’un homme qui tend par sa pensée à une réelle communion avec les choses peut avoir une portée considérable ; car l’efficacité d’une pensée soumise à une telle école est éminemment pratique3.

3ème exercice : réflexion sur un sujet précis.

Et voici un exercice qui convient spécialement aux gens dont les idées n’arrivent jamais à propos. Ce que de telles personnes devraient faire, c’est d’essayer avant tout de ne pas laisser leur pensée s’adonner au cours des choses de ce monde et d’éviter de se livrer aux impressions qu’apportent toutes choses. (…) Lorsqu’on a une demi-heure de repos devant soi, il faut se dire : « Chaque fois que j’aurais du temps de libre, je veux réfléchir à un sujet que je choisirai moi-même, et que j’introduirai dans ma conscience de propos délibéré. Par exemple, je vais repenser à une aventure qui m’est arrivé il y a quelques temps, disons au cours d’une promenade que j’ai faîte il y a deux ans ; je vais, en toute liberté faire monter en ma pensée mes expériences d’alors, et je vais m’y adonner, ne serait-ce que cinq minutes. Pendant ces cinq minutes, tout le reste sera banni ! (…) Quand on manque d’inspiration, quand on a vraiment pas d’idée, on a toujours la ressource d’ouvrir un livre et de réfléchir sur les premières lignes qui nous tombent sous les yeux. Ou encore on peut se dire : « Aujourd’hui je vais penser à telle chose que j’ai vue à un moment donné en allant au travail le matin et à laquelle normalement je n’aurais pas prêté attention. » Car il faut que ce soit quelque chose qui sorte de la routine quotidienne et à quoi l’on aurait pas pensé autrement. Si l’on fait et refait systématiquement de tels exercices, il se produit effectivement que l’on ait des inspirations au moment voulu, que l’on ait au bon moment l’idée que l’on doit avoir4.

4ème exercice : remémoration d’un événement ou d’une personne.

Voici un autre exercice, spécialement indiqué pour la mémoire. On essaie d’abord de se rappeler en gros, comme on le fait habituellement, un événement quelconque, par exemple de la veille. Généralement, nos souvenirs ne sont que grisailles ; quand on a rencontré quelqu’un la veille, c’est déjà bien beau si l’on a retenu son nom. (…) Il faut s’exercer de façon systématique, en se disant : « Je veux me rappeler avec précision la personne que j’ai vue hier, et aussi le coin de la rue où je l’ai aperçue, et puis tout ce qu’il y avait autour. Je veux m’en faire une image exacte : bien me représenter son costume, son veston, tous les détails. » C’est alors que la plupart des gens s’apercevront qu’ils en sont parfaitement incapables, que cela leur est tout à fait impossible. (…) En général, c’est que l’on a mal observé. (…) Une bonne mémoire est fille d’une observation fidèle. Pour développer sa mémoire, il faut donc commencer par bien observer. (…) Que faut-il donc faire quand on est incapable de se rappeler exactement ce qu’on a vécu la veille ? Pour commencer, qu’on rétablisse les souvenirs précis, jusqu’à la limite du possible ; et qu’ensuite, au-delà, on entreprenne bravement de se représenter le détails manquants, même s’ils sont faut, pourvu que l’on parvienne à reformer un tout. (…) Tout ce dont vous vous souvenez, vous l’incorporez à l’image ; et lorsque vous n’arrivez plus à vous rappeler, vous suppléer les détails manquants, pour avoir à l’esprit une image complète. Bien sûr, celle-ci est fausse, mais l’effort que vous aurez fait pour avoir une image complète vous permettra de mieux observer à l’avenir. Répéter cet exercice, sans vous décourager. Et quand vous l’aurez fait cinquante fois, , la cinquante-et-unième vous saurez parfaitement décrire l’aspect et le costume de la personne rencontrée. Ainsi, c’est en aiguisant votre sens de l’observation que vous aurez amélioré la fidélité de votre mémoire, car celle-ci est fille du sens de l’observation5.

5ème exercice : examiner plusieurs modalités d’une décision à prendre et dormir dessus.

Voici encore une indication particulièrement importante : quand on a une idée en tête, on est impatient de la voir réalisée. On cherche la meilleure façon procéder et l’on arrive à telle ou telle conclusion. C’est tout naturel. (…) Toute précipitation est à proscrire : loin de nous faire avancer, elle nous fait reculer. (…) Admettons qu’on ait telle chose à faire, mai qu’il faille, quand à la manière, choisir entre telle ou telle possibilité. Dès lors, il faut s’armer de patience et tâche de se représenter ce qui arriverait si l’on choisissait telle solution et ce qui se produirait dans tel autre cas. Naturellement, o trouvera toujours de bonnes raisons pour préférer l’un ou l’autre, mais pour l’instant, il faut justement se garder de prendre une décision ; il vaut mieux essayer de se représenter en détail deux possibilités et puis se dire : « Cela suffit pour le moment, maintenant n’y pesons plus. » (…) Si c’est possible, remettons l’action au lendemain : quand nous reprendrons l’examen des deux possibilités, nous découvrirons qu’entre temps les choses ont changé et que maintenant nous pouvons nous décider à meilleur escient. Les choses ont leur nécessité intérieure, et si nous évitons la hâte arbitraire, laissant travailler en nous – et elle travaillera ! – cette nécessité intérieure, le lendemain, notre pensée nous apparaîtra comme enrichie, et nous pourrons prendre une décision plus sage. (…) La sagesse populaire dit que « la nuit porte conseil », qu’il faut dormir sur un problème avant de le résoudre. Mais il ne suffit pas de dormir dessus ! Il faut d’abord se représenter deux ou mieux, plusieurs possibilités, qui continuerons à travailler en nous dans le sommeil., sans la participation de votre Moi conscient ; et ensuite vous reviendrez à votre affaire6.

Exercices de renforcement du corps éthérique

1er exercice : visualiser les objets que l’on a tendance à oublier.

Quelqu’un se surprend à ne jamais savoir où il a mis les objets qu’il utilise. (…) Or, si l’on observe ce qu’on peut apprendre de l’Anthroposophie, il se trouve un bon exercice pour remédier peu à peu à un tel manque de mémoire, un moyen très simple : Supposons qu’une dame dépose le soir, disons, une broche, ou un monsieur ses boutons de manchettes, dans un endroit quelconque, et qu’ils s’aperçoivent le lendemain matin qu’ils ne peuvent les retrouver. Vous pouvez dire : « Oui, et bien, il n’a qu’à s’habituer à les mettre toujours au même endroit. » Mais ce n’est pas possible de le faire pour tous les objets. (…) Prenons le cas d’un homme qui remarque son manque de mémoire ; il se dirait : « je veux placer les objets à des endroits bien distincts (…) Ensuite, on tente d’imprimer un peu en soi l’image de ce qui entoure l’objet. Par exemple, nous déposons une épingle de sûreté sur le coin d’une table ; nous la déposons en pensant : « Je mets cette épingle sur ce bord, et je m’imprègne de l’image de l’angle droit qui l’avoisine (…) ; puis je m’en vais tranquillement sans plus y penser. (…) J’ai mis mon moi en rapport avec l’acte que j’ai exécuté, j’ai ajouté une image, une représentation imagée à la pensée de mon acte ; de plus, j’ai mis cet acte en relation avec mon être intime, indiqué par le petit mot « je ». (…) Le corps éthérique en est réellement fortifié, il devient sans cesse de plus en plus robuste7.

2ème exercice : changer volontairement son écriture, calligraphier.

Supposez qu’un pauvre diable ait vraiment ruiné sa santé au point d’agiter continuellement ses doigts avant de prendre son élan pour écrire une lettre quelconque de l’alphabet. (…) « Donne-toi la peine, sans trop t’y forcer – un quart d’heure ou une demi-heure par jour y suffisent – donne-toi la peine de prendre une autre écriture, de modifier tes signes, tes paraphes ; tu seras ainsi obliger de ne pas écrire mécaniquement comme jusqu’à présent, mais de fixer ton attention. » Disons lui : « Au lieu d’écrire le F de cette façon, écris-le plus vertical et d’une forme toute différente, de manière à être forcé de t’appliquer. Prends l’habitude de peindre tes lettres. » (…) Pour changer ainsi son écriture, on est forcé de s’appliquer à ce que l’on fait ; et c’est là, toujours, mettre le centre de son être en connexion intime avec l’objet8.

3ème exercice : inverser le cours de la mémoire.

Nous pouvons aussi fortifier essentiellement notre corps éthérique en faisant autre chose pour améliorer notre mémoire. (…) On peut en effet fortifier considérablement le corps éthérique si l’on ne se contente point de parcourir seulement en pensée ce que l’on sait déjà, comme on a coutume de le faire, mais en le parcourant en sens inverse, à rebours. Par exemple, il faut bien apprendre une fois à l’école les noms d’une série de souverains, de bataille ou d’autres événements. On les apprend en ordre chronologique. Il est extrêmement bon, lorsqu’on les fait apprendre ou qu’on les apprend soi-même dans l’ordre normal, de se les inculquer aussi dans l’ordre inverse, en s’énumérant le tout de la fin au commencement. (…) Examiner à fond, de la fin au commencement, des œuvres dramatiques, ou ce que nous avons lu en fait de narrations ou autres écrits analogues, est d’une importance capitale pour l’affermissement du corps éthérique9.

4ème exercice : s’observer soi-même.

(…) Considérer d’un même œil chacun de nos actes, qu’ils laissent une trace ou non dans notre vie. À l’égard de notre écriture, nous y réussissons avec une relative facilité. Je suis même convaincu que bien des gens se déshabitueraient d’une affreuse écriture en essayant de bien regarder, lettre après lettre, ce qu’ils ont écrit, et en parcourant encore une fois du regard tout leur texte. (…) À titre d’exercice, il y a encore autre chose à recommander : C’est de s’efforcer de voir soi-même sa façon de marcher, les mouvements de sa main, de sa tête, sa manière de rire, etc., bref, de se rendre compte, en images, de tous ses gestes. Très peu de personnes, en effet (vous pouvez vous en convaincre en les observant suffisamment), savent exactement comment elles marchent. Très rares sont celles qui se représentent comment on voit leur allure. Mais il est bon de faire quelque chose pour acquérir une représentation de soi-même. Car, sans même tenir compte du fat que nous nous corrigeons certainement par ce moyen, c’est encore d’une influence prodigieusement favorable au renforcement du corps éthérique, et aussi à la domination du corps astral sur ce dernier. Il ne faut pas pratiquer cela avec excès, ce qui porterait trop à la vanité. Mais le fait d’observer ses propres gestes, de se représenter ses propres actes a pour conséquence l’heureux profit que l’on tire d’une domination sans cesse croissante de son corps astral sur son corps éthérique ; cela signifie que l’on devient capable, en cas de besoin, de réprimer parfois en soi certaines choses, (…) à changer leur manière d’agir. Et c’est précisément une des plus grandes conquêtes de l’homme que de pouvoir changer sa manière de faire selon les circonstances10.

5ème exercice : changer sa manière d’effectuer son travail, l’accomplir par exemple de la main gauche.

(…) Il est particulièrement bon d’acquérir la capacité de modifier sa manière de faire un travail, de ne pas se sentir astreint à le faire toujours de même. Il n’est pas du tout nécessaire d’être un partisan fanatique de l’« ambidextérité ». Mais si l’on essaie, sans exagérer, d’accomplir au moins certaines choses de la main gauche – sans continuer davantage, dès que l’on est capable d’y parvenir – on exerce ainsi une heureuse influence sur la domination que le corps astral doit exercer sur le corps éthérique11.

Exercices de renforcement de la volonté

1er exercice : réprimer ses désirs.

Les gens, à notre époque, ne savent pas bien comment parvenir à faire ce qu’ils désirent vraiment, ou ce qu’ils devraient réaliser. (…) Ce fait, que nous pouvons concevoir comme une certaine faiblese de la volonté, provient avant tout d’une maîtrise insuffisante du moi sur le corps astral. (…)

Or il y a un moyen simple de fortifier la volonté dans la vie courante, c’est le suivant : réprimer les désirs qui se manifestent indéniablement, ne point les réaliser, du moins lorsque cela est parfaitement possible et ne nuit à personne. (…) Si l’on entreprend méthodiquement de rechercher en soi de tels désirs et de se dire : « Non, la satisfaction d’un tel désir n’est pas immédiatement indispensable, donc si on le réprime systématiquement, il en résulte chaque fois, et pour toute espèce de désir, un afflux de volonté qui fortifiera l’empire du Moi sur le corps astral. Bien entendu, il ne faut pas pratiquer cela sans discernement ; le renoncement ne doit causer aucun tort, et la réalisation ne devrait apporter rien de plus qu’un sentiment de bien-être, de la joie, du plaisir12.

2ème exercice : peser le pour et le contre.

Il y a un moyen très important de fortifier la domination de notre Moi sur le corps astral. (…) Si vous examinez comment les gens se comportent psychologiquement dans la vie, vous verrez qu’ils s’en tiennent presque toujours, en pensée et en action, au « pour » ou bien au « contre ». Cela est courant. Mais dans la vie, il n’y a pas un seul sujet dont on ne puisse dire le pour et le contre. Il en est ainsi pour tout, et il est bon de nous habituer à ne point considérer seulement l’un ou l’autre, mais bien l’un et l’autre. (…) Il est fort désagréable d’être convaincu que l’on peut faire des objections à presque tous nos actes. En réalité – je le dis parce que c’est extrêmement important – nous ne sommes pas du tout aussi bon que nous le pensons. Ce truisme n’a guère de portée ; il ne peut en avoir une que si, à propos de chaque action, et bien qu’on l’accomplisse précisément parce que la vie l’exige, on se représente ce qui pourrait nous amener à nous en abstenir. (…) Ainsi, lorsqu’on se trouve intérieurement en présence d’un choix, on fait triompher une force d’une faiblesse. (…) l’on fera bien de tenir compte du conseil de la Science spirituelle, pour autant que l’on entreprendra pas de tels débats en état de fatigue, lorsqu’on ne sera pas, de quelque manière que ce soit, épuisé, mais lorsqu’on se sentira fort et que l’on pourra se dire : « Tu n’est pas fatigué, tu peux vraiment choisir en ton âme entre le pour et le contre. »13.

3ème exercice : s’abstenir de critiquer par antipathie

De plus, une des démarches de l’esprit qui fortifie éminemment la prépondérance du moi sur le corps astral consiste à écarter de notre âme tout ce qui, à certains égards, dresse une opposition entre nous et le monde, entre nous et notre entourage : par conséquent, l’anthroposophe devrait se faire un devoir de s’interdire toute critique quelque peu injustifée. (…) Il nous faut apprendre à distinguer ce que nous critiquons sans parti pris de ce que nous trouvons blâmable parce que c’est gênant pour notre propre personne. Plus nous pouvons nous accoutumer à porter sur notre prochain un jugement indépendant de son attitude à notre égard, plus nous augmentons la prépondérance de notre Moi sur le corps astral. (…) À l’égard, par exemple, d’un homme qui nous a menti, il est bon que nous réprimions l’antipathie que nous inspire ce mensonge. (…) Pour se représenter en son âme la conduite d’un homme, surtout lorsqu’il s’agit de porter un jugement sur lui, il ne faut nullement avoir en vue uniquement ce qu’il est à nos yeux. Et il est bon, pour le renforcement de notre Moi, de fait que nous pourrions négliger la plupart, en tout cas les neuf dixième de nos jugements. Un jugement sur dix porté sur le monde, mais un jugement intimement ressenti, voilà qui est largement suffisant pour la vie14.

Exercices de correction des tempéraments

1er exercice : exercice du sanguin.

Il est donc important de rechercher des objets envers lesquels un enfant sanguin peut être sanguin. (…) Naturellement il est souhaitable que le tempérament soit développé dans la bonne direction pendant l’enfance. Mais souvent l’adulte aussi doit, plu tard, prendre en main sa propre éducation. (…) Là non plus il ne faut pas se forcer à s’intéresser longuement à quoi que ce soit. Je sais que je suis sanguin. Je vais chercher alors dans la vie des sujets pour lesquels mon intérêt peut être passager, auxquels il est juste de ne pas m’intéresser longuement ; et je m’occuperai de ce dont je pourrai à bon droit changer le moment suivant. (…) Le sanguin doit essayer de ne pas éprouver d’intérêt pour des choses qui pourraient l’attirer. En agissant par l’usage de la raison, il provoquera des situations où son intérêt passager est approprié. Il essayera de se placer artificiellement en situation où il ne trouvera sur son chemin que ce qui ne l’intéresse pas15.

2ème exercice : exercice du colérique.

Sur son chemin, il faut spécialement mettre des choses qui lui résistent. (…) Il faut essayer de ne pas lui rendre la vie trop facile, et lui créer des obstacles, afin que son tempérament, au lieu d’être en retrait, puisse se manifester face aux difficultés à vaincre. (…) L’enfant colérique doit apprendre à lutter contre le monde objectif par suite de nécessités intérieures. (…) Il est particulièrement bon qu’il ait à vaincre des difficultés causées par des vétilles, par des choses sans importance tout en ayant à déployer un effot énorme par lequel sont tempérament colérique se manifeste particulièrement en des actes ou la force des choses l’emporte et où l’effort employé se brise. De cette façon, l’enfant apprend à respecter la force des faits qui s’oppose à ce qui s’exprime par le tempérament colérique. (…) Si le tempérament colérique s’exprime fortement en nous au point de devenir gênant, nous devons amener cette force intérieure à s’exprimer en recherchant des choses qui peuvent en quelque sorte briser cette force, qui la dissipent, en choisissant pour cela des choses insignifiantes, sans importances.(…) Pour le colérique, il est bon, par l’usage de la raison, de choisir des circonstances qui conduisent à des situations où de se mettre en colère ne sert à rien si ce n’est de se placer dans des situations absurdes. Lorsque le colérique remarque que sa fureur intérieur va s’extérioriser, il doit essayer de trouver des choses qui nécessitent peu de force pour être dominées ; il doit chercher à provoquer des faits extérieurs faciles à maîtriser. Il doit essayer de manifester sa force le plus vigoureusement sur des faits et événements sans importance. S’il recherche ainsi des choses insignifiantes qui ne lui résistent pas, cela remettra sur la bonne voir son tempérament colérique excessif16.

3ème exercice : exercice du mélancolique.

Si nous sommes mélancoliques, nous ferons bien de rechercher de véritables peines et douleurs de la vie extérieure, afin de donner à notre mélancolie l’occasion de se dissiper dans le monde extérieur. De cette façon, nous nous équilibrons. (…) Si l’on remarque que la mélancolie devient prédominante, il faut essayer de se créer des obstacles extérieurs réels. Il faut examiner toute la nature de ces obstacles extérieurs réels afin de détourner sa propre peine sur des objets extérieurs. Cela peut se faire de façon raisonnée. Le tempérament mélancolique ne devrait donc pas se détourner des peines et des douleurs de la vie ; au contraire, il devrait même les rechercher, compatir avec elles, afin que sa peine personnelle soit détournée vers les objets et les événements où elle est à place17.

4ème exercice : exercice du flegmatique.

À un âge plus avancé, si l’on remarque que son flegme tend à s’exprimer par un déséquilibre, on peut encore prendre sa propre éducation en main en s’efforçant d’observer les gens et leurs intérêts. Si nous sommes encore capables de faire preuve d’intelligence et de raison, nous pouvons même rechercher les objets et les événements qui nous sont parfaitement indifférents, vis-à-vis desquels il est naturel de se montrer flegmatique. (…) Si nous sommes flegmatiques, ne nous intéressant à rien, il est bon de nous occuper le plus possible de choses qui sont réellement sans intérêt, de nous entourer de ce qui peut bien faire naître l’ennui, afin que nous nous ennuyions profondément. Cela nous guérira à fond du flegme, nous en déshabituera totalement. (…) Il devrait rechercher des occupations où son flegme est approprié, où son flegme peut se manifester18.

Les six exercices

Développement du chakra du coeur

On trouvera décrites dans ce qui suit les conditions nécessaires à un développement occulte. Personne ne devrait, par quelque mesure que ce soit, prise dans la vie intérieure ou extérieure, espérer avancer s’il ne remplit pas ces conditions. Tous les exercices de méditation, de concentration et autres seront sans valeur et même, d’une certaine façon, nuisibles si la vie ne se règle pas dans le sens de ces prescriptions. On ne peut pas donner des facultés à un être humain. On peut seulement faire se développer celles qui sont en lui. Elles ne se développent pas spontanément, à cause des obstacles extérieurs et intérieurs qu’elles rencontrent. Les obstacles extérieurs sont levés grâce à la pratique des règles de vie qui suivent, les obstacles intérieurs par les indications particulières sur la méditation et la concentration, etc.

1er exercice : maîtrise de la pensée.

La première condition est d’acquérir une pensée parfaitement claire. Dans ce but, il faut se libérer ne serait-c qu’un très court moment dans la journée, à peu près cinq minutes (plus le moment est long, mieux cela vaut), des pensées qui vont comme des feux-follets. Il faut devenir le maître dans l’univers de ses pensées. On n’en est pas le maître tant qu’un conditionnement extérieur (la profession, une quelconque tradition, les conditions sociales, même le fait d’appartenir à tel peuple, le moment de la journée, certains actes que nous accomplissons, etc.) nous impose d’avoir une pensée et la manière dont nous la développons. Il nous faut donc pendant le temps dont il a été question plus haut, par une volonté tout-à-fait libre, vider notre âme du défilé habituel, quotidien des pensées, et, par notre propre initiative, placer une pensée au centre de notre âme. Il n’est pas nécessaire de croire qu’elle doit être une pensée extraordinaire ou d’un intérêt spécial. Le résultat occulte qu’il s’agit d’atteindre s’obtient même mieux si l’on s’efforce au début de choisir une pensée aussi inintéressante et insignifiante que possible. La force d’activité propre du penser, qui est ce qui importe, est par là davantage stimulée, tandis que dans le cas d’une pensée qui est intéressante , celle-ci entraîne elle-même le penser. Il est préférable d’exécuter cet exercice de contrôle des pensées en se concentrant sur une épingle, plutôt que sur Napoléon. On se dit : je vais partir maintenant de cette idée et lui rattacher par mon initiative intérieure la plus personnelle tout ce qui peut y être relié objectivement. À la fin de l’exercice, cette idée doit être dans l’âme aussi colorée, aussi vivante encore qu’au commencement. Il faut faire cet exercice jour après jour au moins pendant un mois. On peut chaque jour prendre une autre idée, ou bien s’attacher à la même pendant plusieurs jours. Après un exercice de ce genre, il faut essayer de prendre pleinement conscience du sentiment intérieur de fermeté et d’assurance qu’une attention subtile portée à notre âme nous fera bientôt remarquer ; puis on termine l’exercice en pensant à sa tête et au milieu du dos (cerveau et moelle épinière), comme si on voulait déverser ce sentiment dans cette partie du corps.

2ème exercice : initiative dans l’action.

Après s’être exercé ainsi pendant un mois environ, on ajoute une seconde exigence. On essaie d’imaginer un acte, quel qu’il soit, que d’après le cours habituel de ses occupations on ne se serait certainement jamais proposé d’accomplir. Que l’on se fasse soi-même de cette action un devoir de chaque jour. Il sera de ce fait bon de choisir une action à exécuter qui puisse être accomplie chaque jour pendant une durée la plus longue possible. Ici encore, il vaut mieux commencer par une action insignifiante, qu’on doit pour ainsi dire se forcer à accomplir : par exemple, on se propose d’aller arroser à un moment précis de la journée, une plante qu’on a achetée. Au bout de quelque temps, une seconde action de cette sorte doit s’ajouter à la première, puis une troisième, etc., autant que l’accomplissement de tous les autres devoirs vous en laisse la possibilité. Cet exercice doit à son tour durer un mois. Mais il faut autant que possible, même pendant ce second mois, maintenir la pratique du premier exercice, bien qu’on ne s’en fasse plus un devoir aussi exclusif que pendant le premier mois. Il ne faut pas le perdre de vue ; sinon l’on remarquerait bientôt que les fruits du premier mois ont tôt fait de se perdre, et que l’ancien laisser-aller des pensées non contrôlées recommence. Il faut surtout veiller, lorsqu’on a acquis ces fruits, à ne plus jamais les perdre. Quand on a derrière soi un tel acte qu’on a choisi par une libre initiative et accompli comme deuxième exercice, que l’on prenne conscience, par une attention subtile, du sentiment d’incitation intérieur à l’action au sein de l’âme, et qu’on le déverse, pour ainsi dire, dans son corps de telle manière qu’on le fasse descendre, qu’on le fasse couler de la tête vers le cœur.

3ème exercice : égalité d’humeur.

Le nouvel exercice qui doit être placé au centre de la vie au cours du troisième mois, c’est la formation d’une certaine équanimité face aux oscillations entre plaisir et peine, joie et douleur ; le contraste “exultant d’allégresse, triste jusqu’à la mort” doit faire place, par un effort conscient, à une égalité d’âme. On veille à ce que nulle joie ne nous fasse perdre la tête, à ce que nulle souffrance ne nous écrase, nulle expérience vécue ne nous entraîne à l’emportement ou la colère démesurés, nulle attente ne nous emplisse de timidité ou de peur, nulle situation ne nous fasse perdre nos moyens, etc. Que l’on ne redoute pas que cet exercice dessèche l’âme ou l’appauvrisse ; on remarquera au contraire qu’à la place de ce qui se produit apparaissent par cet exercice, des qualités épurées ; surtout on pourra, par une attention subtile, découvrir e soi, dans son corps, un état de calme intérieur ; que l’on déverse ce calme dans l’organisme, comme pour les deux premiers cas, en le faisant rayonner depuis le cœur vers les mains, les pieds, et finalement la tête. Il est évident que dans ce cas on ne peut pas faire cela après chaque exercice, car il ne s’agit pas au fond d’iun exercice isolé, mais d’une attention constante dirigée vers la vie intérieure. Mais il faut, au moins une fois par jour, évoquer devant l’âme ce calme intérieur et s’exercer à déverser, à faire couler ce sentiment à partir du cœur vers les mains, puis les pieds, puis la tête. On continuera le premier et le deuxième exercice pendant le troisième mois, comme on a continué le premier exercice pendant le deuxième mois.

4ème exercice : la positivité.

Au quatrième mois, il faut prendre comme nouvel exercice ce qu’on appelle la positivité. Elle consiste à rechercher constamment dans tous les êtres, dans toutes les choses, dans toutes les expériences, le bien, l’excellent, le beau qui y sont contenus. Ce qui caractérise le mieux cette qualité d’âme, c’est une légende persane sur le Christ Jésus. Il marchait sur un chemin avec ses disciples quand ils virent, au bord du chemin, le cadavre d’un chien dans un état déjà avancé de décomposition. Tous les disciples se détournèrent de ce spectacle affreux, seul le Christ-Jésus s’arrêta, regarda le chien d’un air pensif et dit : « Comme cette bête a de belles dents ! » Il cherchait le beau là où les autres n’avaient vu que la réalité laide, antipathique. Ainsi l’élève en ésotérisme doit s’efforcer de chercher ce qui est positif en chaque phénomène et en chaque être. Il remarquera bientôt que, sous une enveloppe de laideur, est cachée une certaine beauté ; sous l’enveloppe du criminel, est caché quelque chose de bon ; sous l’enveloppe d’un fou, est cachée d’une certaine façon une âme divine. Cet exercice peut être rapproché de ce que l’on appelle se retenir de critiquer. I£l ne faut pas interpréter cela comme si l’on devait nommer noir le blanc et blanc le noir. Mais il y a une différence entre un jugement qui n’est qu’une réaction personnelle, l’impression de sympathie ou d’antipathie ressentie personnellement, et une toute autre attitude qui est celle-ci : o, plonge avec amour dans le phénomène ou l’être qu’on a devant soi et l’on se demande en toute circonstance : comment est-il arrivé à être ce qu’il est, ou à faire ce qu’il fait ? Cette attitude conduit tout spontanément à s’efforcer d’aider ce qui est imparfait plutôt qu’à seulement le blâmer et le critiquer. L’objection que, dans bien des circonstances de la vie humaine, il est nécessaire de blâmer, de juger, cette objection est ici sans valeur, car alors ces conditions de vie sont telles qu’elles empêchent de suivre une véritable discipline occulte. Il existe, en effet, de nombreuses conditions de vie qui ne permettent pas de suivre valablement cette discipline ; En ce cas, il ne faut pas vouloir impatiemment réaliser malgré tout des progrès qui ne peuvent se faire que dans certaines conditions. Quiconque a ainsi dirigé pendant tout un mois son attention sur le côté positif de tout ce qu’il rencontre remarquera peu à peu que se glisse dans son être intérieur un sentiment qui lui donne l’impression que sa peau devient perméable dans toutes les directions et que son âme s’ouvre largement vers toutes sortes de choses secrètes et subtiles qui se passent autour de lui et qui avaient absolument échappé à son attention auparavant. Or, il s’agit justement de lutter contre ce manque d’attention qui existe chez tout le monde à l’égard de telles choses subtiles. Une fois qu’on a remarqué que ce sentiment se manifeste dans l’âme comme une sorte de félicité, on essaie de diriger en pensée ce sentiment vers le cœur, de le faire couler de là vers les yeux, et de là au-dehors dans l’espace devant soi et autour de soi. On remarquera que l’on acquiert ainsi une relation intime avec cet espace. On se dépasse, on se dilate pour ainsi dire. On apprend à considérer une partie de son environnement comme quelque chose qui fait encore parti de soi-même. Cet exercice réclame une bonne dose de concentration et surtout la reconnaissance d’un fait : c’est que tout mouvement passionnel de l’âme, tout orage émotionnel, détruit de fond en comble cette aptitude de l’âme. On répète les exercices déjà pratiqués comme on l’a indiqué pour les mois précédents.

5ème exercice : l’ouverture d’esprit.

Qu’on essaie, au cinquième mois de cultiver en soi le sentiment d’être pleinement ouvert en allant à la rencontre de toute expérience nouvelle. Généralement, la réaction est la suivante : “Voilà quelque chose que je n’ai encore jamais entendu dire, que je n’ai encore jamais vu, je n’y crois pas, c’est une illusion”. L’élève en ésotérisme doit rompre franchement avec cette attitude. Il doit être prêt à accepter de faire à chaque moment une expérience entièrement nouvelle. Ce qu’il a reconnu auparavant comme obéissant à une loi, ce qui lui est apparu possible, ne doit pas être une entrave l’empêchant d’accueillir une vérité nouvelle. Si l’on vient lui dire (bien que cet exemple soit un peu forcé, il est valable) : “Dis donc, depuis hier soir le clocher de l’Église Saint-X est penché” l’élève en ésotérisme doit laisser la porte ouverte à la possibilité de croire que la connaissance de lois naturelles qu’il a acquises jusqu’ici puisse malgré tout s’élargir par un fait apparemment inouï de ce genre. Celui qui, pendant le cinquième mois, dirige son attention vers une telle façon d’être remarquera que dans son âme se glisse un sentiment qui lui donne l’impression que dans l’espace, dont nous parlions pour l’exercice du quatrième mois, quelque chose devient vivant que quelque chose se met en mouvement dans cet espace. Ce sentiment est extraordinairement ténu, subtil. Il faut essayer de saisir attentivement cette vibration subtile dans l’espace environnant, et d’en faire pour ainsi dire pénétrer le flux à travers les yeux, les oreilles et la peau, dans la mesure où celle-ci contient le sens de la chaleur. A ce stade de développement ésotérique, on applique moins d’attention aux impressions de ces phénomènes sur les sens inférieurs, le goût, l’odorat, le toucher. Il n’est pas encore bien possible au degré où l’on en est, de distinguer les bonnes influences qui se rencontrent en ce domaine des nombreuses influences mauvaises qui viennent s’y mêler. Mieux vaut donc laisser ce travail à un stade plus avancé.

6ème exercice : équilibre intérieur.

Au sixième mois, il s’agit ensuite d’essayer de faire et de refaire toujours tous les cinq exercices de façon systématique, suivant un rythme, suivant une alternance régulière. Le résultat en est que peu à peu un bel équilibre se construit dans l’âme. On remarquera notamment que le mécontentement que l’on éprouvait peut-être en fac de certains faits, de certains êtres, disparaît entièrement. Une disposition d’âme règne en nous qui concilie toutes les expériences, qui harmonisent tous les événements ; elle n’a absolument rien de commun avec l’indifférence, mais au contraire, elle permet enfin de travailler dans le monde d’une manière qui améliore et fasse progresser. Il s’ouvre dans l’âme une compréhension paisible à l’égard des choses qui auparavant lui étaient entièrement fermées. Même la démarche et les gestes de l’homme se transforment sous l’influence de ces exercices ; et si un jour on remarque que l’écriture elle aussi a pris un autre caractère, alors on peut se dire qu’on est sur le point d’atteindre un premier échelon sur le sentier ascendant.

Insistons encore une fois sur les deux points essentiels : tout d’abord que les six exercices qui viennent d’être décrits ont le pouvoir de paralyser les influences nocives que pourraient avoir d’autres exercices occultes, de sorte que ne subsistent que les éléments favorables ; ensuite qu’eux seuls en réalité peuvent assurer un résultat positif au travail de méditation et de concentration. Même l’accomplissement de la morale ordinaire, si consciencieux soit-il, ne suffit pas pour l ‘élève en ésotérisme. Car cette morale peut être très égoïste chez celui qui se dit : “Je veux être bon, pour qu’on puisse penser de moi que je suis bon”. L’élève en ésotérisme ne fait pas le bien parce qu’il veut qu’on pense du bien de lui, mais parce que peu à peu, il reconnaît que le bien seul fait avancer l’évolution, tandis que le mal, l’action déréglée ou laide mettent des obstacles sur le chemin de cette évolution19.

Exercices de l’Initiation

Ajouter les exercices de méditation morale

I. La préparation

1er exercice : la dévotion

« (…) Celui qui veut devenir élève de la science occulte doit donc s’éduquer soi-même énergiquement à cultiver une tonalité dévotionnelle. Il doit rechercher partout, dans son entourage, dans ses expériences de vie ce qui force son admiration et son respect. (…) (p. 31) (…) De même que le soleil vivifie de ses rayons tout ce qui est vivant, de même la vénération vivifie chez l’élève en science occulte tous les sentiments de l’âme.(…) »

p.33

2ème exercice : contemplation intérieure du monde

« (…) L’élève en science occulte est incité à créer dans sa vie des moments où, dans le silence et la solitude, il se plonge en lui-même. Mais ce n’est pas aux affaires de son moi propre qu’il doit s’adonner en de tels instants (…) il doit bien plutôt faire raisonner dans le plus grand calme intérieur l’écho de l’expérience qu’il a vécue, de ce que le monde extérieur lui a dit. (…) il doit se frayer un chemin un chemin entre une foule de tentateurs de son âme. Tous veulent endurcir son moi, l’enfermer en lui-même. (…) La jouissance est pour lui un messager qui lui enseigne le monde ; mais après avoir reçu l’enseignement de la jouissance, il progresse jusqu’au travail (…).

p. 35 – 36

3ème exercice : le calme intérieur

« (…) « Ménages-toi des instants de calme intérieur et apprends pendant ces instants à discerner l’essentiel de l’inessentiel » (p. 37) L’élève occulte doit pour un court moment s’abstraire de sa vie quotidienne afin de s’occuper pendant ce temps de quelque chose de tout autre que ne le sont les objets de ses occupations quotidiennes. (…) Il doit faire passer devant son âme ses joies, ses peines, ses soucis, ses expériences, ses actes. (…) Ce à quoi il faut tendre dans ces instants d’isolement, c’est alors de regarder, de juger ses propres expériences et actes comme si on ne les avait pas soi-mêmes vécus ou faits, mais que ce soit un autre. (…) Si l’on parvient au calme intérieur de la vue d’en haut, alors l’essentiel se dissocie de l’inessentiel. (…) Cela ne réussira pas – et il n’est pas nécessaire que cela réussisse – pour des évènements de la destinée que l’on vit présentement ; mais pour ceux qui sont passés depuis longtemps, il faut que la vie de l’esprit s’y efforce. (…) Il faut qu’il s’élève jusqu’à un élément purement humain qui n’a plus rien à faire avec sa situation particulière.(…) Il écoute les voix en son être intérieur qui lui parlent dans les instants de calme.

p. 36 à 44

4ème exercice : observation de la croissance et du dépérissement

Le début consistera à diriger l’attention de l’âme sur certains processus se déroulant dans le monde qui nous entoure. Ces processus sont la vie bourgeonnante, croissante, florissante d’un côté, et tous les phénomènes qui sont liés à la déflorescence, au flétrissement, au dépérissement de l’autre côté. (…) il lui faut (…) bannir de son âme tout le reste et s’adonner pour un court instant uniquement à cette seule impression. (…) Une forme de sentiment tout à fait précise s’attache à la croissance et au devenir ; une autre forme tout à fait précise au flétrissement et au dépérissement. (…) il doit porter sur le monde des sens un regard neuf, sain, avec un sens aigu de l’observation, et ensuite s’en remettre à ses sentiments. Ce que signifient les choses, ce n’est pas lui qui doit vouloir en décider par les spéculations de son intellect, mais il doit laisser les choses elles-mêmes le lui dire.

p. 50 à 53

5ème exercice : écoute des sons et des voix des animaux.

L’élève en occultisme doit également veiller à cultiver le monde des sons. (…) celui qui entend le cri d’un animal percevra dans le son, outre ce sentiment, la manifestation d’une expérience intérieure de l’animal, plaisir ou souffrance. C’est à propos de cette dernière espèce de sons que doit intervenir l’action de l’élève en occultisme. Il doit appliquer toute son attention au fait que le son lui révèle quelque chose que se trouve à l’extérieur de son âme propre. Et il doit se plonger dans cette réalité étrangère. Il doit lier intimement son sentiment à la souffrance ou au plaisir qui lui sont révélés par le son. (…) La nature toute entière commence à murmurer à l’être humain des secrets par les sons qu’elle fait retentir. (…) Il commence à entendre avec l’âme. p. 55 à 56

6ème exercice : écoute des autres hommes quand ils parlent.

Il faut que s’y ajoute encore quelque chose si l’on veut arriver au sommet qui peut être atteint dans ce domaine. Ce qui est tout particulièrement important pour la formation de l’élève en occultisme, c’est la façon dont il écoute d’autres hommes quand ils parlent. Il doit prendre l’habitude de le faire sous la forme que son être intérieur se taise alors totalement. (…) Il faudra d’abord qu’il commence à le faire dans des cas particuliers qu’il choisit intentionnellement. (…) Les élèves se sentent tenus d’écouter à certains moments en guise d’exercice les pensées les plus opposées et de réduire totalement au silence tout acquiescement et surtout tout jugement négatif. (…)

Il est profitable à tout homme d’écouter de cette manière les enfants. Même le plus sage peut apprendre infiniment de choses des enfants. (…) À travers les paroles qu’il entend il pénètre dans l’âme de l’autre. C’est seulement par un exercice soutenu de ce genre que le son devient le moyen juste de percevoir l’âme et l’esprit. p. 56 à 57

II. L’illumination

1er exercice : observation comparée de divers êtres des règnes de la nature.

Le tout premier commencement consiste à observer d’une façon bien précise divers êtres de la nature, à savoir, par exemple, une pierre transparente, de belle forme (un cristal), une plante et un animal. Il faut chercher tout d’abord à diriger toute son attention de la manière suivante sur une comparaison entre la pierre et l’animal. Il faut que les pensées qui sont mentionnées ici traversent l’âme en étant accompagnés de sentiments très vifs. (…) « La pierre reste tranquillement à sa place. l’animal change de place. C’est l’instinct (le désir) qui incite l’animal à changer de place. Et ce sont aussi les instincts au service desquels se trouvent les formes de l’animal. (…) La configuration de la pierre n’est pas formées selon des instincts, mais par une force dépourvue de désirs. » Lorsqu’on se plonge avec intensité dans ces pensées et qu’on observe alors en bandant toute son attention la pierre et l’animal, deux sortes de sentiments vivent alors en l’âme. (…) Il faut seulement faire les exercices sans cesse et sans relâche. Au début, les sentiments ne sont là qu’aussi longtemps que dure l’observation, plus tard, ils continuent d’agir après coup. (…) Les organes qui se forment de cette façon sont les yeux de l’esprit. (…) Pendant les exercices élémentaires en vue de l’illumination, l’élève en occultisme doit veiller à accroître sans cesse son sentiment de compassion à l’égard du monde des humains et des animaux, son sens de la beauté de la nature. S’il n’y veille pas, ce sentiment et ce sens s’émoussent constamment du fait de ces exercices. Son coeur s’endurcirait, sa sensibilité s’émousserait. Et cela conduirait nécessairement à des résultats dangereux.

p. 59 à 62

2ème exercice : observation d’une graine qui germera…

Que l’on place devant soi une petite graine de plante. Ce qui importe, c’est, devant cet objet d’apparence modeste, de former avec intensité les pensées justes et de développer grâce à ces pensées certains sentiments. Que l’on prenne tout d’abord clairement conscience de ce que l’on voit réellement de ses yeux. Que l’on se décrive à soi-même la forme, la couleur et toutes les autres propriétés de la graine. Que l’on réfléchisse ensuite à la chose suivante : de cette graine naîtra une plante multiforme lorsqu’elle sera plantée en terre. Que l’on se représente cette plante. Qu’on la construise dans son imagination. Que l’on ait ensuite cette pensée : ce que je me représente maintenant dans mon imagination, les forces de la terre et de la lumière le feront plus tard sortir réellement de la graine. (…) Que l’on s’attache à cette pensée : l’invisible deviendra visible. Si je ne pouvais pas penser, ce qui ne deviendra visible que plus tard ne pourrait pas non plus s’annoncer à moi dès à présent.

p. 66 à 67

3ème exercice : observation d’une plante qui mourra…

Que l’on se place face à une plante qui se trouve au stade de son plein développement. Puis que l’on s’emplisse de la pensée que le temps viendra où cette plante mourra. Rien n’existera plus de ce que je vois maintenant devant moi. Mais cette plante aura fait naître d’elle-même des graines qui deviendront à leur tour de nouvelles plantes. De nouveau, je me rends compte que dans ce que je vois se trouve caché quelque chose que je ne vois pas. Je m’emplis entièrement de cette pensée : cette forme de plante, avec ses couleurs, ne sera plus là à l’avenir. Mais la pensée qu’elle forme des graines m’enseigne qu’elle ne disparaîtra pas dans le néant. Ce qui la préserve de disparaître, je peux tout aussi peu le voir maintenant de mes yeux que j’ai pu voir auparavant la plante dans la graine. Il y a donc en elle quelque chose que je ne vois pas avec les yeux. Quand je fais vivre cette pensée en moi et que le sentiment qui lui correspond vient en moi s’unir à elle, alors se développe aussi en mon âme, au bout d’un temps requis, une force qui devient une faculté nouvelle de vision. p. 69

4ème exercice : observation d’un désir humain non réalisé…

Quand l’être humain a trouvé en lui grâce à des exercices de ce genre les premiers commencements qui conduisent à des perceptions spirituelles, il lui est alors permis de s’élever et de considérer l’être humain lui-même. (…) Mais avant d’en venir là, il est nécessaire de travailler avec un sérieux tout particulier à atteindre la totale pureté de son caractère moral. (…) Il faut être totalement d’accord avec soi-même que l’on utilisera jamais dans le sens du mal un pouvoir que l’on acquerrait éventuellement sur son prochain.

Que l’on se représente un homme dont on a observé un jour qu’il désirait quelque chose. C’est sur le désir que doit se diriger l’attention. Le mieux est d’évoquer dans son souvenir le moment où le désir était le plus vif et où il était assez incertain de savoir si cet homme obtiendrait ce qu’il désirait ou non. Et il faut maintenant s’adonner entièrement à la représentation de ce que l’on observe dans son souvenir. IL faut instaurer le plus grand calme intérieur possible en sa propre âme. IL faut essayer, autant que cela est possible, d’être aveugle et sourd à tout ce qui se produit aux alentours. Et l’on doit prendre soin que par la représentation qui aura été suscitée s’éveille en l’âme un sentiment. Il faut faire s’élever en soi ce sentiment comme un nuage qui s’élève à l’horizon entièrement vide par ailleurs. (…) Et cette image spirituellement lumineuse est ce qu’on appelle l’incarnation astrale de cet état de l’âme du désir qui a été observé. (…) Ne tente pas de revêtir de mots ce que tu vois en esprit ou de le saisir par les spéculations de ton entendement maladroit. Donne-toi en pleine liberté à ta vision spirituelle et ne la troubles pas par de nombreuses réflexions qui s’y appliquent.

p. 71 à 73

5ème exercice : observation d’un désir humain réalisé…

Un autre exercice peut venir compléter celui qui vient d’être décrit. On doit observer de la même façon comment est échue à quelqu’un la satisfaction d’un souhait quelconque, d’un attente. (…) Qu’un être humain puisse n’être pour nous qu’un objet d’observation, cette pensée ne doit pas nous emplir un seul instant. (…) Un sentiment de respect sacré de tout ce qui est humain doit nous emplir, même lorsque nous n’y pensons que sous la forme du souvenir. p. 74

6ème exercice : affronter sans crainte un danger…

(…) les qualités dont doit déjà être doté celui qui va être initié, c’est un courage d’un certaine façon accompli et l’absence de crainte. L’élève en occultisme doit positivement rechercher les occasions de cultiver en soi ces vertus. Dans la formation occulte, elles devraient être systématiquement exercées. Mais la vie elle-même est aussi une bonne école occulte, surtout dans cette direction ; peut-être la meilleure. Vouloir regarder tranquillement un danger en face, vouloir surmonter sans hésiter les difficultés, c’est ce que l’élève en occultisme doit savoir faire. Devant un danger il doit par exemple aussitôt rassembler toute son énergie pour ressentir : ma peur ne m’est strictement d’aucune utilité ; je n’ai absolument pas le droit d’avoir peur ; je e dois penser qu’à ce qu’il faut faire. (…) De même que l’être humain physique a besoin de force nerveuse pour utiliser ses sens physiques, de même l’être humain psychique a besoin de cette force qui ne peut se développer que dans les natures courageuses et sans peur. (…) L’élève en occultisme doit apprendre à ne pas se décourager d’un échec. Il doit être capable de penser : « je veux oublier que j’ai de nouveau échoué dans cette entreprise et la tenter de nouveau, comme si rien ne s’était passé. » C’est ainsi qu’il acquiert à force d’efforts cette conviction que dans le monde les sources d’énergie auxquelles il peut puiser sont intarissables.

p. 75 à 77

Exercices de la Communauté des Chrétiens

1er exercice : s’intéresser à quelque chose en l’observant longuement.

Par exemple un tableau ou un objet. Être attentif à la manière dont s’est conduite notre observation. Celle-ci s’effectue en plusieurs phases possibles. Tout d’abord l’étrangeté absolue que nous ne remarquons pas car nous ne la supportons pas. Ensuite nous pénétrons avec notre pensée dans ce que nous voyons. Puis c’est notre âme qui commence à se lier à ce qu’elle voit. Par exemple elle peut vivre dans les couleurs. Puis nous ressentons l ‘ensemble du tableau et rencontrons son être. Etre attentif et accepter ces phases où l’on décroche et où on commence à s’ennuyer car ce peut-être l’occasion de renouveler plus librement et repartir dans l’observation afin que quelque chose de nouveau apparaisse.

Exemples : observations d’icônes, d’objets, de tableau. Durée : 20 mn…

2ème exercice : observation des étoiles

De manière régulière, observer les étoiles le soir avant de se coucher.

3ème exercice : Faire une prière à notre ange le soir avant de s’endormir.

Essayer de voir avec son regard ce qui est important, ce qui l’est moins dans notre vie.

4ème exercice : Faire le soir un inventaire des tâches à accomplir le lendemain et demander de l’aide à son ange pour cela.

Exercices de la Théosophie

Exercices de rapports avec les morts

1er exercice : la remémoration vivante du défunt.

Une aide essentielle à lui apporter, c’est de penser à lui de façon très vivante, de lui envoyer des pensées qui évoquent sous une forme évidente et expressive ce que nous avons vécu avec lui. Le mort ne comprend pas les idées abstraites. Mais je peux par exemple évoquer la route qui allait d’Oslo à une localité voisine où nous marchions de son vivant, lui et moi. J’entends encore aujourd’hui ce qu’il disait, j’entends le timbre de sa voix. Je cherche à me rappeler quels mouvements il faisait avec ses bras, avec sa tête… Lorsqu’on se représente ainsi très concrètement ce qu’on a vécu avec le mort, et si l’on envie ensuite ces pensées vers lui en se le représentant dans un cadre familier, de telles pensées s’envolent et affluent vers lui. Il perçoit cela comme une fenêtre par laquelle il regarde dans le monde.

R. Steiner

La Mort et au delà, Triades, page 103

Mais les souvenirs des morts que nous cultivons avec amour sont aussi des forces dont l’action se prolonge en nous, de telle sorte que nous les transportons dans le monde du sommeil. Il y a donc une différence, pour les morts, selon que nous pénétrons dans le sommeil après une journée où nous les avons oubliés, ou bien que toujours et encore, nous avons évoqué leur image en les aimant. Car ce que nous introduisons dans le monde de l’esprit chaque fois que nous nous endormons devient pour eux un sentiment qu’ils éprouvent.

R. Steiner

La Mort et au delà, Triades, page 128

2ème exercice : s’endormir en adressant au défunt une question. Se réveiller en écoutant la réponse.

Les moments du réveil et de l’endormissement (…) sont tout particulièrement important pour rencontrer les morts. Il n’y a absolument pas, dans la vie humaine, de moments où l’on s’endort et où l’on s’éveille sans que l’on soit en rapport avec eux. Le moment où l’on s’endort est, dans cette perspective, particulièrement favorable pour s’adresser à un mort. Si nous voulons lui demander quelque chose, et si nous pouvons garder la question dans nôtre âme jusqu’au moment où nous nous endormons, si nous maintenons cette question ou ce que nous voulons lui demander, jusqu’au moment où nous nous endormons, ce moment sera le plus favorable. (…)

Par contre, pour ce que le mort a à nous communiquer, c’est le moment du réveil qui est le plus favorable.

R. Steiner

La Mort et au delà, Triades,

pages 150 et 151

Lorsque l’autre nous répond, ou que des gens nous parlent, nous savons que les paroles viennent d’eux. Ce rapport s’inverse complètement quand nous nous sommes en relation avec un mort et que nous parlons avec lui ; on peut bien dire «parler», car cela peut être des paroles. (…) quand nous interrogeons un mort ou que nous lui disons quelque chose, ce que nous disons, nous le percevons venant de lui. En vue du commerce avec les morts, il faut s’habituer à entendre venir d’eux ce que l’on dit soi-même, et à percevoir comme venant de sa propre âme ce qu’ils répondent.

R. Steiner

La Mort et au delà, Triades, page 144

Méditation contre les mauvaise influences :

  • se pensant enveloppé (entouré) d’une enveloppe violette –

R. Steiner

L’enveloppe extérieur de mon aura se densifie [subjonctif] pour devenir un réceptacle impénétrable face à toutes les pensées et à tous les sentiments impurs et troubles [ou bien : face à tous les sentiments et pensées impurs et troubles].

Elle ne s’ouvre [subjonctif] qu’à la sagesse divine.

* * *

Meditation gegen schlechte Einflüsse :

Rudolf Steiner

– umgeben von einer violetten Hülle sich denkend –

Die aüBere Hülle meiner Aura verdichte sich zu einem undurchdringlichen GefäB gegenüber allen unveinen, unlauteren Gedanken und Empfindungen.

Sie öffne sich nur der göttlichen Weisheit.

1 Rudolf Steiner, Pâques, Mystère de l’humanité, présence de Michaël, Conférence du 4 janvier 1924, traduction de Georges Ducommun, Éditions Anthroposophiques Romandes, 2000, ISBN : 2-88189-155-1, pages 49 à 101.

2 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 19 à 23.

3 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 23 à 25.

4 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 25 à 27.

5 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 27 à 30.

6 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 30 à 32.

7 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 45 à 48.

8 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 51 à 52.

9 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 53 à 54.

10 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 55 à 56.

11 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, page 57.

12 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 58 et 59.

13 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 60 à 64.

14 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 63 à 65.

15 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages 113 et 125.

16 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages115,116, 119 et 125.

17 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages119, 120 et 126.

18 Rudolf Steiner, Études psychologiques, Culture Pratique de la pensée, La Nervosité et le Moi, Les Tempéraments, Traduction de Mireille Delacroix, Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, imprimé à Chirat (France), ISBN : 2-88189-065-2, 1994, pages122 et 126.

19 Rudolf Steiner, Les six exercices, traduction autorisée par la Nachlassverwaltung, Éditions Les Trois Arches, Chatou, imprimé à La Frette-sur-Seine, ISBN : 2-904-991-20-4, 1996, pages 11 à 24.

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