La stratégie du figuier-étrangleur. Réflexion sur le projet anthroposophique.

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L’Anthroposophie et ses ramifications

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La plupart des gens connaissent les émanations de l’Anthroposophie comme des choses séparées les unes des autres : écoles Steiner-Waldorf, NEF, Weleda, Communauté des Chrétiens, Biodynamie, etc. En réalité, ces institutions sont étroitement interconnectées. Leur distinction n’est qu’apparente et officielle. Ce qui les relie n’est pas seulement une doctrine commune, l’Anthroposophie, que ces institutions tentent toujours de cacher, de minimiser, ou de présenter sous un jour trompeur. Ce sont aussi des liens assurés par des personnes et une institution interne de la Société Anthroposophique : l’École de Science de l’Esprit. Le procédé est simple : certaines personnes appartenant à ce réseau secret dispensant un culte anthroposophique spécial vont s’arranger pour diriger plusieurs institutions anthroposophiques à la fois. N’ayant plus aucune vie personnelle, il leur est possible de porter simultanément plusieurs casquettes de chef. Parfois, ces personnes ne sont pas officiellement aux commandes des institutions anthroposophiques qu’elles dirigent, mais ce sont elles qui y tirent les ficelles et y font la pluie et le beau temps. Elles assurent la continuité organique entre trois réalités en apparence séparées :  l’Anthroposophie en tant que doctrine, la Société Anthroposophique et les institutions issues de l’Anthroposophie.

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Des institutions anthroposophiques qui cachent leur lien à l’Anthroposophie

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Comment se présentent les institutions et les groupes issus de l’Anthroposophie ? Elles n’affichent jamais leur lien direct à l’Anthroposophie. Quand ce lien est évoqué, on présente toujours Rudolf Steiner comme philosophe et humaniste, jamais comme occultiste et ésotériste, dont l’enseignement débouche sur des pratiques magico-religieuses. Par exemple :

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La médecine anthroposophique se déclare être « en complément » de la médecine traditionnelle, alors qu’en réalité elle est « en contradiction » avec elle.

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La Biodynamie se présente comme un « prolongement » de l’agriculture biologique, alors qu’en réalité il s’agit d’une pratique magico-religieuse.

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Les écoles Steiner-Waldorf se décrivent comme une « pédagogie alternative », désireuse de collaborer avec l’Éducation Nationale, alors qu’en réalité il ne s’agit pas d’une pédagogie mais de recettes issues d’une Révélation des Dieux à Rudolf Steiner.

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La NEF ou TRIODOS parlent de leurs principes fondateurs comme des principes similaires à ceux de l’économie solidaire, alors qu’en réalité le projet de « tripartition sociale » de l’Anthroposophie n’est pas solidaire mais communautaire et constituerait une forme de retour à l’organisation sociale du Moyen-Âge, dont Steiner était au fond nostalgique.

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Les firmes WELEDA ou HAUSCHKA se présentent comme des entreprises fournissant des cosmétiques issus de l’agriculture biologique, des produits « en harmonie avec l’homme et la nature », sans préciser dans leurs revues ou autres, sinon par un imperceptible astérisque, le lien avec Rudolf Steiner, présenté bien sûr comme philosophe et humaniste.

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En résumé, toutes les ramifications de l’Anthroposophie veulent absolument éviter que l’on perçoivent qu’elles appartiennent à un seul et même organisme !

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Vers une civilisation anthroposophique ? La stratégie du figuier-étrangleur.

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Si on observe comment se répand l’Anthroposophie et ses institutions dérivées, on remarque qu’elles essaiment toujours sous la forme de circuits parallèles, en cherchant des subventions des collectivités publiques. Se constituent ainsi de véritables « villages Steiner » !

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Quel est le but de cette expansion souterraine ? Le film Il était une forêt, de Luc Jacquet, évoque le comportement d’un arbre parasite, le figuier-étrangleur, qui peut nous permettre de comprendre la stratégie anthroposopophique. Il s’agit en effet d’un parasite végétal dont les graines sont amenées par les oiseaux jusqu’aux sommet de grands arbres de la forêt amazonienne. A partir de leurs cimes, le figuier-étrangleur se développe en parasitant son hôte du haut vers le bas. Peu à peu, ses branches entourent le tronc et grossissent, jusqu’à finir par se joindre les unes aux autres et enserrer l’arbre de manière à l’étouffer. A la fin, les branches du figuier-étrangleur atteignent le sol et deviennent elles-mêmes des racines, tandis que l’arbre hôte, complètement enserré, se décompose à l’intérieur, formant un creux au cœur du figuier, devenu lui-même gigantesque.

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Tel est exactement la stratégie à long terme de l’Anthroposophie ! Au début, elle n’est qu’un parasite faisant pousser ses diverses branches : NEF, Weleda, écoles Steiner-Waldorf, Communauté des Chrétiens, Médecine anthroposophique, etc. Mais un jour elles se souderont les unes aux autres pour étouffer la société qu’elles ont parasité. Il peut y avoir des branches de l’Anthroposophie dans tout les domaines de la vie : il y a des arts anthroposophiques (Eurythmie, chant Werbeck, Théâtre, etc), mais il pourrait aussi y avoir des techniques et des industries anthroposophiques. Il y a déjà l’architecture anthroposophique, une agriculture anthroposophique (la Biodynamie), une technique d’épuration des eaux anthroposophique (les vasques vives), etc. Ce n’est pas très compliqué de constituer une technique anthroposophique. Rien ne s’oppose par exemple à créer le corps de métier des plombiers anthroposophiques. Ainsi, c’est toute la civilisation qui sera remplacée morceau par morceau, branche par branche, si elle n’y prends pas garde. A la fin, il existera une civilisation anthroposophique, laquelle aura complètement étouffé et anéanti la civilisation occidentale, du moins dans certaines de ses contrées. Elle sera aussi différente de la notre et singulière que l’est par exemple la civilisation japonaise.

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Cette perspective peut paraître irréaliste au regard des proportions actuelles et à ce que représente numériquement le milieu anthroposophique. Mais que l’on observe attentivement la rapidité de la croissance de certaines composantes de l’Anthroposophie ! La firme Weleda inondait-elle d’affiches publicitaires les grandes métropoles européennes, il y a ne serait-ce que dix ans ? Trouvait-on ses produits dans toutes les pharmacies ? La NEF était-elle une banque aussi puissante ? Les écoles Steiner-Waldorf étaient-elles aussi nombreuses sur le territoire et aussi implantées institutionnellement, au point qu’il est désormais inenvisageable de les faire fermer purement et simplement ?

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Une stratégie géniale

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On pourrait se demander comment une stratégie aussi intelligente peut être mise en œuvre par les anthroposophes, alors que  l’Anthroposophie est une doctrine qui atrophie et ramolli la pensée de ses adeptes ? Mais justement, la stratégie anthroposophique ne repose pas sur l’intelligence des individus, mais sur la logique d’un ensemble. Toute l’Anthroposophie est l’œuvre d’un génie : Rudolf Steiner. Cependant, cet homme n’a pas communiqué son intelligence aux autres hommes, comme le font par exemple les grands penseurs à travers leurs œuvres, qui nous aident après eux à mieux penser. Au contraire, Rudolf Steiner a enfermé les esprits de ses disciples, tandis qu’il déversait le caractère génial et prodigieusement sournois de sa pensée dans la structure sociale organique de l’Anthroposophie.

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La constitution d’un monde à part

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Quelle serait le problème à ce que se constitue à long terme une civilisation anthroposophique et, à court terme, des « villages Steiner » ?

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Tout d’abord, ce serait l’avènement d’une société où les différents domaines de la vie (qui sont lentement parvenus à prendre leurs indépendances les uns par rapport aux autres et à l’égard de la religion) rentreraient de nouveau sous la tutelle d’une nouvelle religion et devraient fusionner les uns aux autres. Quand elle dit qu’elle veut « réunir science, arts et religion », l’Anthroposophie exprime tout simplement le désir d’un retour à une forme de société où l’art, la science et la religion seraient de nouveau confondues et assujettis à une doctrine unique.

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Ensuite, ce serait l’avènement d’une société où les droits sociaux disparaîtraient peu à peu, pour créer des formes d’asservissements des individus, voire d’esclavage. Je peux témoigner en effet de ces processus dans les institutions liées à l’Anthroposophie : les salariés, quand ils ont la chance de l’être, finissent par se dévouer tellement à leur école ou à leur institution qu’ils n’ont plus de vie privée. Ils deviennent ce que j’ai appelé des « esclaves spirituels ». Ce serait la mort de l’État de droits !

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En outre, ce serait la constitution d’une société sans altérité culturelle, ou tout serait anthroposophique, ou tout élément extérieur serait soit perçu avec défiance, et rejeté, ou intégré et récupéré pour le rendre anthroposophique. Ce serait donc la mort de toute vie intellectuelle et culturelle digne de ce nom !

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De plus, ce serait une société qui aurait non seulement une unité doctrinale, mais aussi esthétique et comportementale : une seule et unique clef de compréhension du monde, l’Anthroposophie ; une seule et même esthétique avec ses codes figés, en peinture, modelage, sculpture, architecture, chant, etc. ; une seule et même ligne de conduite comportementale : la manière de s’habiller, de parler, de se laver, de cuisiner, d’éduquer ses enfants, de se soigner, de faire l’amour, etc.  Celles des anthroposophes ! Ce serait ainsi la mort de toute singularité authentique !

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Ce serait aussi un monde où se mettrait en place une ambiance relationnelle chaleureuse, souriante, dégoulinante de bons sentiments, faussement bienveillante, incestuelle, voire incestueuse, et intensément sexuelle, dans tous les rapports humains, entre adultes, mais aussi entre enfants et adultes. Ce serait la mort de toute moralité !

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Enfin, ce serait une société où la pensée humaine serait peu à peu anéantie, abêtie, asservie. Ce serait la mort de la pensée !

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En conclusion, la stratégie anthroposophique du figuier-étrangleur vise l’avènement d’un nouveau totalitarisme new-age !

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A propos gperra

Professeur de Philosophie
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3 commentaires pour La stratégie du figuier-étrangleur. Réflexion sur le projet anthroposophique.

  1. MIGNOT Hervé dit :

    Je retrouve une idée dans cet article que j’essaye d’exprimer depuis longtemps, la création d’une société parallèle avec ses propres règles. L’Allier est un exemple typique de « gangrénage » de notre société par l’Anthroposophie avec un médecin anthroposophe, un boulanger, une communauté des chrétiens, une école, un centre de formation, des quartiers entiers et des hameaux où ils se revendent ou se louent les maisons entre eux. Et depuis les récentes élections municipales… une entrée dans les conseils municipaux en masse.

  2. vivart dit :

    Terre de liens est aussi directement liée à l’anthroposophie.

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