Un exemple de folie collective dans une école Steiner-Waldorf

Dans certains de mes précédents articles, j’ai eu l’occasion de caractériser quelques aspects inquiétants constitutifs de l’environnement scolaire Steiner-Waldorf, à savoir la prégnance de la folie. En effet, j’ai tout d’abord tenté de montrer comment la folie est inhérente, selon moi, à la doctrine sur laquelle s’appuie les pédagogues Steiner-Waldorf, à savoir l’Anthroposophie. Cette œuvre de Rudolf Steiner et la façon dont les anthroposophes sont « invités » à se l’approprier comportent en effet de manière puissante un effet délétère pervers, c’est-à-dire la capacité à rendre progressivement fous ceux qui la lisent et l’étudient (Lire à ce sujet mon article Une œuvre qui rend fou). J’ai ensuite montré comment cette folie pouvait facilement s’introduire dans les établissements scolaires Steiner-Waldorf, notamment par le biais du recrutement de personnes dérangées appartenant aux cercles de l’Anthroposophie (Lire à ce sujet mon article Un danger inhérent aux écoles Steiner-Waldorf). J’ai enfin montré que cette présence de la folie pouvait se manifester sous la forme de violences diverses (Lire à ce sujet : La violence dans les écoles Steiner-Waldorf).

Dans le présent article, par le biais d’un exemple parlant, je voudrais montrer comment cette prégnance de la folie liée à l’Anthroposophie peut se manifester sous forme de « folie collective » dans les écoles Steiner-Waldorf. Par « folie collective », je veux parler d’un type de phénomène où un groupe dans son ensemble – et non plus seulement un individu isolé – est atteint d’une forme de démence, de perte importante du sens des réalités, d’engouement déraisonnable pour une cause ou un fait précis. D’après mon expérience personnelle, la folie collective est un processus fréquent dans les écoles Steiner-Waldorf, pour des raisons que nous allons tenter de cerner.

Un tel phénomène s’est produit dans une école Steiner-Waldorf il y a quelques années. La connaissance directe et indirecte que j’ai eu de cet événement, par le biais de différents acteurs de l’institution concernée, m’ont permis de retracer les faits avec une exactitude que j’estime à présent suffisante. Dans cette école donc, une jeune fille de quinze ans venait de tomber enceinte, suite à une aventure d’un soir avec un garçon de passage. C’est malheureusement le genre de choses qui arrivent fréquemment à cet âge et il n’y aurait rien eu d’anormal à cela, si un étrange phénomène collectif ne s’était rapidement emparé tout d’abord de la classe de la jeune fille, puis de l’équipe pédagogique responsable des « Grandes Classes » qui en eut connaissance. En effet, les jeunes adolescents se mirent en tête que leur camarade ne devait en aucun cas avorter, et que la classe dans son ensemble pourrait constituer la « famille d’adoption » de l’enfant une fois celui-ci venu au monde. Les garçons se proposèrent pour être les « pères », tandis que les jeunes filles déclarèrent qu’elles seraient tour à tour les nourrices de l’enfant. Ils étaient persuadés que ce projet permettrait à leur camarade de mener sa gestation à terme et de continuer sa scolarité tout en poursuivant un cursus normal, puisqu’un collectif soudé serait présent pour l’épauler. Une action juridique d’adoption collective – totalement irréalisable bien sûr – fut même envisagée ! Un planning de garde du futur nourrisson durant les cours fut proposé. Un local pour changer et garder le nourrisson à proximité immédiate des salles de cours fut identifié.

Lorsque le corps enseignant de l’école en question eut vent de cette affaire, qui commençait à prendre des proportions inquiétantes dans l’esprit de leurs élèves, celui-ci ne contribua cependant nullement à rétablir le sens des réalités, bien au contraire. L’équipe pédagogique des « Grandes classes » fut comme fascinée et épouvantée à la fois par le projet de leurs élèves, s’interrogaeant longuement durant les « collèges » (réunions des enseignants par niveau) sur sa faisabilité. De l’aveu même d’une enseignante qui appartenait alors à ce groupe, ce sujet a occupé pendant au moins deux mois la quasi totalité des débats. On peut même dire qu’une forme d’enthousiasme avait gagné certains membres de l’équipe. Il faut en effet savoir que, pour les enseignants Steiner-Waldorf, la solution de l’avortement, même pour des jeunes filles mineures, est considéré comme une sorte de crime karmique, conformément à la doctrine anthroposophique, à laquelle ils adhèrent bien souvent de manière dogmatique et fanatique. C’est pourquoi la solution échafaudée par leurs élèves ne semblait pas absurde à certains.

Un jour cependant, une enseignante qui avait un peu plus les pieds sur terre que ses collègues, et qui était très proche de ses élèves féminins, décida de mettre un terme à cette affaire, qui prenait des proportions très inquiétantes. Elle déclara solenelement au cours d’une des réunions : « Je m’en charge ! ».  Ce qu’elle fit effectivement. Les collèges des professeurs concernés ne mirent plus systematiquement ce point à l’ordre du jour et les enseignants n’entendirent subitement plus parler de cette affaire. Ils ne posèrent plus de questions, craignant sans doute la réponse qui pouvait leur être donnée. Car la jeune fille en question revint à l’école une semaine plus tard, ayant visiblement réalisé un avortement. Ses parents se surent rien de ce qui s’était produit. Quant à l’enseignante en question, en « prenant en charge » le problème comme elle l’avait fait, sans doute ne s’est-elle à aucun moment rendu compte que sa responsabilité personnelle et pénale aurait pu être engagée si daventure des complications médicales étaient intervenues par suite de l’acte chirurgical auquel elle avait probablement fortement contribué, à l’insu des parents de la jeune fille mineure.

Pour ma part, je ne fais aucun reproche à cette enseignante : elle a su prendre ses responsabilités et fait preuve d’une inititiative permettant de mettre un terme au délire collectif qui s’était emparé depuis trop longtemps à la fois des élèves et des enseignants de son institution, dans l’intérêt de la jeune fille. Mais elle n’a pu le faire que par le biais d’une action individuelle qui, elle-même, fut une forme de « folie », sortant complètement du cadre légal et du rôle auquel doit se cantonner un professeur dans un établissement scolaire. Pourquoi a-t-elle agit ainsi, malgré tous les risques que cela pouvaient comporter pour elle ?

Tout d’abord parce que, dans les écoles Steiner-Waldorf, les enseignants sont persuadés d’être tout autant responsables des enfants qu’on leur confie que les parents de ceux-ci, voire davantage, y compris sur le plan des décisions graves qui seraient à prendre à leur sujet. D’autre part, parce que la méconnaisance profonde des lois en vigueur et des comportements sociaux adéquats par les professeurs Steiner-Waldorf – constituant par le biais de leurs écoles des « mondes à part », fermés sur eux-mêmes et emplis de défiance à l’égard du reste de la société, comme je l’ai notamment dénoncé à l’occasion de mes rapports remis à la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France – ne leur permet plus de ses rendre compte de la gravité ni de la dangerosité des actions qu’ils peuvent parfois entreprendre. Il faut en effet savoir qu’il n’y a ni C.P.E. (Conseiller Principal d’Education), ni infirmière scolaire, ni proviseur dans un établissement Steiner-Waldorf, et que cette absence est intentionnelle, conformément à la doctrine pédagogique de Maître. Or ce sont précisément de telles personnes qui, dans la situation évoquée, auraient pu et du jouer un rôle approprié et conforme à la réglementation.

En ce qui concerne les élèves, je crois que leur entrée rapide dans un processus de folie collective peut s’expliquer par plusieurs causes :

– l’enseignement insidieux de l’Anthroposophie, dont ils sont victimes, aura contribué à constituer dans leurs esprits une image déformée du monde et de la réalité, avec des repères inadéquats. On s’en apercevra notamment en consultant sur mon blog les cahiers Steiner-Waldorf, que je mets à disposition de mes lecteurs ;

– le fait qu’on leur aura inculqué une forme de défiance à l’égard de la société et de ses règles les incitera plus volontiers à aller chercher des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent « en eux-mêmes », sans songer à solliciter les avis des adultes compétents ;

– le fait qu’on les aura plongé, jusque dans un âge très avancé, dans un univers de contes et de mythes, au détriment de l’exercice de leur sens critique, les maintient dans une sorte d’état rêveur, planant, fantasque, comparable à celui que peut produire certains psychotropes. Ainsi, cela favorise chez eux une tendance à prendre leurs rêves pour des réalités et à s’enthousiasmer pour des projets délirants, comme celui que nous avons évoqué dans cet article.

Il me semble important que les parents des élèves qui ont des enfants scolarisés dans les institutions Steiner-Waldorf soient être au courant de ce genre de risques assez fréquent de folie collective pouvant prendre toutes sortes de formes, afin qu’ils puissent exercer de façon appropriée leur devoir de vigilance et de protection de leur enfants si des circonstances similaires à ceux que je décris à travers l’exemple que j’ai mentionné dans cet article venaient à se produire pour eux.

 

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Professeur de Philosophie
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