Une « taupe » des écoles Steiner-Waldorf au sein des Renseignements Généraux !

Parmi les souvenirs qui me sont revenus en mémoire depuis que j’ai quitté le monde des écoles Steiner-Waldorf et de l’Anthroposophie, il y a eu celui d’une visite que je rendais un jour à mon ancienne école de Verrières-le-Buisson, en 2001, alors que celle-ci était sous le feu de l’actualité, après la publication du rapport parlementaire intitulé Les sectes et l’argent, mettant gravement en cause toutes les institutions Steiner-Waldorf. J’y rencontrais alors ma professeur de Français, pour laquelle j’avais une grande estime, en raison de sa culture et de sa conscience professionnelle, qui ne ressemblaient pas à celles des professeurs Steiner-Waldorf ordinaires. Cette enseignante se disait alors bouleversée par ce qui était en train de se passer. Je remarquais qu’elle tenait des propos qui me semblaient assez incohérents et précipités, évoquant les heures les plus sombres de l’Histoire, le retour des étoiles jaunes et des chambres à gaz, son regard devenant parfois étrange et absent. Comme je lui demandais des précisions, elle me raconta qu’un ancien élève, devenu agent des Renseignements Généraux, était venu trouver le Collège des professeurs, pour lui faire certaines révélations :

« Cet ancien élève travaille au service des fichiers des R.G., me disait-elle. Un jour, il a vu sur les écrans d’ordinateurs les noms et les visages de chacun des professeurs de l’école, avec des renseignements précis les concernant. Il s’est alors tourné vers son responsable en s’écriant : « Eh mais qu’est-ce que vous faites ! Ce sont mes professeurs que vous êtes en train de ficher ! ». Son responsable lui aurait alors conseillé de se faire discret à ce sujet, le temps que l’affaire se tasse. Cependant, il est quand même venu nous trouver et il a été reçu solennellement par le « Collège des professeurs », où il a pu nous dire tout ce qu’il savait. Mais bien sûr, tu ne le dis à personne, car il pourrait avoir des ennuis si la chose s’ébruitait ! »

Cet aveu me semble a posteriori très intéressant. Non pas seulement parce qu’il fait état d’une trahison de ses devoirs par un personnel assermenté de la République, mais surtout parce qu’il révèle quel type de conséquences peut provoquer l’endoctrinement que les élèves subissent dans les écoles Steiner-Waldorf. En effet, comme je l’ai exposé dans mon article paru sur le site de l’UNADFI, ou dans d’autres, les élèves des écoles Steiner-Waldorf ne vont pas tous devenir des anthroposophes, loin s’en faut. En revanche, ils vont être rendus perméables à certaines idées et à certains comportements qui sont ceux des anthroposophes. Parmi ceux-ci, il y a le fait que le respect des lois n’est pas si important. En effet, dans le cas de ce fonctionnaire des Renseignements Généraux, je pense que la conscience du fait qu’il contrevenait gravement à ses devoirs en allant raconter tout ce qu’il savait aux professeurs de son ancienne école ne lui avait pas échappé. Je pense même qu’il savait les risques qu’il encourait pour lui-même. Mais, dans son esprit, la défense des écoles Steiner-Waldorf, qu’il pensait gravement menacées, se présentait comme une priorité absolue. C’est pourquoi il n’hésita pas à enfreindre la loi pour leur rendre service.

Selon moi, ce cas de figure est extrêmement intéressant, car il révèle la nature d’un endoctrinement susceptible d’aller très loin dans certaines circonstances. En effet, la plupart des anciens élèves Steiner-Waldorf ne vont pas devenir des prosélytes de leurs écoles, comme le sont les Témoins de Jehova, avec leur propre organisation. On ne les verra pas, aux coins des rues, faire de la publicité pour leurs écoles, ni distribuer des brochures du Goetheanum. Mais dans leurs esprits s’est comme constitué un espace à part, sourd à toutes autres considérations, qui leur fera prendre fait et cause pour ces écoles de manière aveugle et inconditionnelle dans des circonstances particulièrement importantes, c’est-à-dire s’ils sentent que ces dernières sont en danger. Ce comportement ressemble par certains aspects au dressage des animaux, qui peuvent être tout à fait pacifiques la plupart du temps, mais qui se révéleront d’une férocité inouïe lorsque certains déclics seront activés, comme le fait que leurs maîtres soient en situation de danger.

Ainsi est constitué, à mon sens, dans les cerveaux des anciens élèves Steiner-Waldorf, des sortes de niches psychiques de conditionnement, qui peuvent être activées le cas échéant par certaines stimulations adéquates. Lorsque c’est le cas, la priorité sera donnée de manière inconditionnelle à la défense de leurs anciennes écoles, quitte à se sacrifier pour ces dernières. Car il ne faut pas s’y tromper : l’acte de cet ancien élève ne ressemble en rien à celui d’une objection de conscience d’un fonctionnaire sujet à des scrupules moreaux, comme il a pu en exister au cours de la Seconde Guerre Mondiale sous l’Occupation. De tels actes étaient en effet mûrement pesés et réfléchis. Chez cet ancien élève, il s’agissait plutôt, à mon sens, d’un réflexe affectif, comme en ont parfois les enfants qui voient leurs parents en danger.

On peut ainsi se demander ce que les professeurs des écoles Steiner-Waldorf disent et font aux enfants pour les marquer à ce point ? Qu’est-ce qu’ils ont subis, qui est capable de déclencher chez eux de telles réactions ? Qu’est-ce qui provoque une telle loyauté inconditionnelle d’ordre familiale, sinon une emprise qu’ils auraient subie dès leur plus jeune âge ?

Ils sont nombreux, selon moi, ces anciens élèves que les écoles Steiner-Waldorf peuvent « activer » en cas de besoins pressants. Comme leurs carrières et leurs vies ont eut des apparences de normalité, rien n’aura laissé présager qu’ils puissent être capables de tels comportements le moment venu. Personne ne peut en effet soupçonner que, dans les cerveaux de ces citoyens a-priori ordinaires, dont les uns sont parfois devenus professeurs à l’Education Nationale, les autres policiers ou membres des Renseignements Généraux, ou journalistes, ou d’autres professions, parfois à des postes clefs des administrations de notre société, se logent en réalité des systèmes d’alarme, que les institutions issues de l’Anthroposophie peuvent activer en cas de détresse, par certains signaux appropriés, jusqu’à les rendre capable de contrevenir à la loi.

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Professeur de Philosophie
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