Une Végane parmi les Eurythmistes, un témoignage de Mélanie Widmer

(traduction de Jean-Francois Theys et Mélanie Widmer)

Eurythmie

Vous vous demandez sûrement : « Qu’est-ce que l’Eurythmie ? ».

Grégoire Perra le décrit assez simplement sur son blog : « Ma vie chez les Anthroposophes », comme une forme de yoga pour les anthroposophes, une méditation en mouvement, à partir de nombreuses postures comme il en existe dans les yogas Asanas. Bien que cela ne ressemble pas du tout à des positions de Yoga.

ll y a le côté artistique, des chorégraphies sur de la musique classique, de la poésie et des contes. Ensuite, il y a le côté pédagogique propre aux écoles Waldorf Steiner, de la maternelle au lycée. Et enfin il y a le côté thérapeutique, prescrit uniquement par des médecins anthroposophiques.

« Qui sont les Anthroposophes? » Là c’est une autre histoire et je vous indique le lien d’une enquête approfondie sur le sujet. Mais pour cet article, je veux tout simplement partager mon expérience sur le « pourquoi » j’ai abandonnée l’Eurythmie.

Je n’étais pas une végane (végétalienne) la dernière fois que je portais une robe d’Eurythmie et cela ne se reproduira plus, puisque ces robes sont faites de soie pure. Et la soie n’est pas végane : Pourquoi les végétaliens ne portent pas de soie.

Le début

J’ai rencontré une Anthroposophe en début de mon adolescence et je fus très intriguée par la pédagogie Waldorf-Steiner, notamment en raison de son approche artistique. C’était à Saint-Barthélemy dans les Antilles française où ma famille et moi avons fait une brève visite en 1991.

Lorsque nous avons déménagé en Suisse quatre mois plus tard, j’ai supplié mes parents de pouvoir aller à l’école Waldorf-Steiner de Genève. Mais le coût était bien trop élevé pour mon père et je suis donc allé dans une école publique, laquelle n’était pas si mauvaise (hormis son enseignant raciste).

Bien que toujours intéressée par l’Anthroposophie, mais ne connaissant pas un seul anthroposophe, je suis alors entrée en contact avec une autre secte appelée Eckankar (un rejeton de la Scientologie, comme l’Anthroposophie est un rejeton de la société Théosophique) par l’intermédiaire de ma mère. Ces deux cultes ont un système de croyance très similaire, car les deux sont des sectes occultistes. Mais Eckankar n’est pas d’orientation chrétienne et possède son propre gourou (non pas que Steiner ne soit pas le gourou des anthroposophes, mais il y en a beaucoup d’autres vivants dans la communauté Steiner, que j’allais bientôt découvrir). J’ai alors quitté Eckankar pour pouvoir m’immerger complètement dans l’Anthroposophie, sans me rendre compte que ces deux religions avaient la même source : Helena Blavatsky, l’un des membres fondateurs de la Théosophie, un courant de pensée qui, entre autre, rejette le Darwinisme. Je suppose qu’un certain nombre de chrétiens et de spiritualistes ont un gros problème avec les théories de Darwin.

Les sectes recrutent parmi des personnes sensibles, comme moi. Ayant eu une enfance déracinée et instable, l’Anthroposophie et ses idéaux concernant l’éducation des jeunes enfants furent un piège parfait en ce qui me concerne. Je me sentais déconnectée du monde et ces organisations me donnaient un sentiment d’appartenance.

La formation des enseignants Steiner

C’est au début de mes 20 ans, alors que je vivais à Cairns en Australie, que ma mère trouva un article dans un magazine New-Age, une annonce pour « La formation des enseignants Rudolf Steiner », à Sydney.

Cet article a immédiatement attiré mon attention, mais je ne voulais pas emménager à Sydney. Je leur ai donc demandé si il y avait une formation ailleurs. Hors il se trouvait que les anthroposophes disposaient d’un gros centre de formation à Melbourne, leur fief australien historique. J’étais déchirée entre continuer à l’Université de Cairns pour poursuivre un « Bachelor » en beaux-arts ou aller à Melbourne, parce que je trouvais les arts anthroposophiques fascinants.

J’ai choisi Melbourne… et ce fut le début d’une mésaventure de 12 années qui allait avoir d’énormes répercussions. Je ne voulais faire que le cours d’orientation, parce que je ne m’imaginais pas devenir enseignante. J’étais avant tout une artiste qui venait de terminer son diplôme en beaux-arts au TAFE à Cairns (un collège technique).

Mais une chose en amène une autre. Après la première année d’orientation, je me suis finalement engagée en deuxième année, sur la formation d’enseignant.

À l’époque je fréquentais un jeune Eurythmiste un peu étrange. Il était l’un des exemples parfaits de la façon dont se comporte un jeune adulte issu du cursus Steiner. Il était rêveur, déconnecté de la réalité, n’avait aucune notion de temps et il était difficile d’avoir une conversation d’adulte avec lui. À ce jour, je ne sais pas pourquoi je suis sortie avec lui… Je pense qu’au début son caractère enfantin m’avait fascinée.

Avec le temps, je m’immergeais de plus en plus dans le milieu anthroposophique. Je travaillais dans une boulangerie anthroposophique appelée « The Canticle ». Son propriétaire était quelque peu caricatural, un clone de Rudolf Steiner, un colérique qui me fît perdre mon calme à nombre d’occasions. J’avais un médecin anthroposophe, j’allais à des conférences et des séminaires, je visitais régulièrement la Communauté des Chrétiens (une église pour les anthroposophes) et, lentement, les seules personnes que je fréquentais étaient soit impliquées dans l’Anthroposophie, soit anthroposophes elles-mêmes. Les cours de la formation ressemblaient à des réunions « d’Alcooliques Anonymes », où les gens pleurent à tout propos. Nous étions majoritairement des femmes, venant de milieux instables. Il nous était constamment demandé comment nous nous sentions avec le cours, et on nous invitait à parler de notre enfance en détails.

Pourquoi ne me suis-je pas échappée quand il était encore temps?

J’ai été traitée pour mon asthme par un anthropo-toubib, qui lui-même souffrait de dermatite sévère. Mon asthme avait en effet empiré depuis mon arrivée à Melbourne. D’une part à cause du froid et de l’humidité de Victoria et, d’autre part — ou plutôt surtout — parce que je ne mangeais pas autant de fruits qu’à Cairns, ayant commencée à manger comme les anthroposophes. Je me dirigeais déjà vers le véganisme lorsque je vivais à Queensland, mais ici, dans le Sud, tout cela a changé.

Le régime alimentaire des anthroposophes est riche en Quark (un fromage crémeux allemand), en beurre et en pain au levain. Ils choisissaient les céréales en fonction du jour de la semaine. Le blé le dimanche, le riz le lundi, etc.

J’étais pleinement consciente d’avoir une intolérance au gluten, aux protéines de lait et une allergie au lactose, mais j’ai tout de même mangée des produits laitiers et des aliments au gluten. J’ai tout fait de travers ces premières années et mon asthme n’a fait qu’empirer. Sans oublier les kilos qui commençait a s’accumuler… et ce n’était que le début.

Cet anthropo-toubib ne me prescrivait que des placebos (ou anthro-homéopathie). Sans doute les mêmes que ce Docteur utilisait pour soigner sa dermatite. Sans succès. Ces médicaments homéopathiques ne sont pas complètement végétalien, car ils contiennent des sous-produits animaux. Encore un autre sujet que j’approfondirai dans un autre article ! En attendant, vous pouvez consulter ces sites : Santé Canada et Homéopathie.

Cet anthropo-toubib m’a également prescrit l’Eurythmie thérapeutique (« Heileurythmie »). Ce fut un désastre et je me suis retrouvée à plusieurs reprises à l’hôpital. La pratique de l’Eurythmie m’a pourtant calmée, comme toute méditation aurait pu le faire. Mais j’étais déjà « accro » et cela allait continuer encore durant 7 ans.

La formation en Eurythmie

Avant de suivre un cours d’eurythmie thérapeutique, j’ai dû faire d’abord 4 années de stage ou de « formation artistique ». La première année, je la faite à Melbourne, avec une eurythmiste autrichienne excentrique qui me rendait folle, ainsi que mes collègues. J’ai donc décidée de voir si, en Allemagne, il y avait une formation avec des humains ayant les pieds sur terre. J’ai été malheureusement très déçue. Ma destination choisie fût Nuremberg, l’un des anciens fief d’Hitler et du Nazisme. Il y aurait d’ailleurs des similitudes frappantes entre l’Anthroposophie et le Nazisme, comme l’indique le blogger Roger Rawling : « Certes, il y a des affinités entre les deux idéologies … ».

Ce n’est pas un secret qu’Hitler était obsédé par l’occultisme. Nous retrouvons ici l’influence de notre « merveilleuse » Madame Blavatsky. Je suis consciente qu’Hitler était opposé aux écoles Steiner-Waldorf, mais cela ne signifie pas qu’ils n’avaient pas de points communs.

J’ai passée deux ans et demi à Nuremberg, ce qui, très honnêtement — en dehors de ma formation — fût une période très agréable. Je vivais dans un petit studio proche du centre-ville où je me déplaçais à vélo. Par contre ma vie était très stressante, car j’étais très prise par ma formation, mon travail, mes amis, mon petit ami (que j’allais voir en auto-stop à Cologne tous les week-end, une aventure…) et je n’ai pas vu que je m’épuisais.

Ça ne s’est pas arrangé lorsque j’ai décidé de mettre fin à ma relation avec mon copain, pour des raisons futiles, stupides. Par exemple, l’une des raisons que j’invoquais était que lui ne faisait pas partie de l’Anthroposophie, que je voulais poursuivre ma formation en Eurythmie thérapeutique et que je ne voulais surtout pas qu’il m’en empêche. Malheureusement, on trouve ce genre de comportement chez les membres de sectes. Les gens qui sont forts de caractère ne se laissent pas piéger dans ce genre de spirale, mais moi oui, et cela a empiré à partir de là. J’ai fini par faire une dépression nerveuse, tout en continuant ma formation et ce malgré mon état physique et émotionnel. J’allais connaître les véritables répercussions de ce choix en 2012.

L’idée que toute l’Anthroposophie favorise « une pensée libre » est en fait loin de l’expérience que j’en ai eue. Avant ma rencontre avec l’Anthroposophie, j’avais des pensées beaucoup plus sensées. Je ne voulais pas fumer, ni prendre de drogues, ni boire d’alcool ou même du café. Je détestais le beurre, la crème et les tisanes. Tout cela a changé lorsque j’ai rencontré d’autres eurythmistes. Et à aucun moment je ne me suis posée la question : « Que veux-tu Mélanie ? » J’étais complètement influencée par mon environnement et comme le dit Jim Rohn :

« Vous êtes la moyenne des cinq personnes avec lesquelles vous passez le plus de temps. »

                                                                                                                           – Jim Rohn

Bien avant même de me poser la question, à la fin de la formation, on me fit comprendre sans vraiment le dire que je devais aller travailler dans une école Steiner-Waldorf. Cela signifiait en clair que je n’étais pas digne d’une carrière artistique au siège de l’Eurythmie : le centre Goetheanum à Dornach, près de Bâle, où était rassemblée l’Elite.

Je ne voulais pas y aller de toute façon, ça me rappelait mon passage à l’Eckankar. J’appelais Dornach « Popyland ». Toutes les maisons autour du Goetheanum ressemblaient à cet abris anti-aérien. C’était vraiment moche et absurde.

Nous allions à Dornach pour ce qu’ils appelaient « les Olympiades d’Eurythmie ». Juste avant notre diplôme, toutes les écoles d’euryhtmie du monde entier se rencontraient et présentaient leurs réalisations. C’était l’époque où nous étions assis avec nos groupes et critiquions la mauvaise manière dont les autres écoles exécutaient leurs chrorégraphies. À commencer par la façon dont ils posaient leurs pieds jusqu’à la façon dont leurs mains ondoyaient dans l’air. Et aucune école d’eurythmie ne faisait exactement comme notre école de Nuremberg le faisait. Nous étions l’exemple classique de l’eurythmie et nous étions imbus de nous-mêmes.

À la fin de la formation, nous avons reçu une lettre de Dornach nous invitant à devenir membre de la « première classe » pour devenir un « véritable anthroposophe ». Nous recevions aussi une carte de membre. ‘Ça non..’ je me suis dit. Ça allait être encore comme à Eckankar et je n’avais aucune envie de retrouver dans une secte… mais je n’étais pas encore aperçue que j’étais déjà dans une secte, celle des anthroposophes.

Goetheanum à Dornach le Q.G des Anthroposophes

Le cours pour la licence en Eurythmie

Je n’avais aucune idée concernant l’enseignement. Le simple fait d’avoir suivie la formation des enseignants Steiner, (que je n’avais pas réussi, ce qui ne me souciait guère) ne signifie pas que j’étais prête à enseigner l’eurythmie dans l’école d’une secte.

À l’époque une licence pour l’enseignement à l’école d’eurythmie à La Haye, en Hollande avait commencée et j’ai pensée que cela pourrait m’aider. Cette école était différente de celle de Nuremberg. Ils devaient recevoir plus de moyens financiers car elle ressemblait à un petit palais.

Je fais une digression ici pour mentionner que j’ai payé toute cette formation avec l’aide de mes parents, mais ce qui est sorti de ma propre poche était vraiment énorme. Ces cours ne sont pas bon marché. Certes j’aurais probablement été plus endettées que je ne le suis aujourd’hui si j’avais fait ma licence en arts à l’université de Cairns… mais j’aurai peut-être appris à gagner ma vie. Je n’ai jamais été encline à avoir un grand train de vie j’ai plutôt tendance à posséder le minimum de biens élémentaires, mais tout ce que j’ai gagné s’en est allé dans ces cours. J’ai vraiment voulu renoncer plusieurs fois, mais j’étais toujours encouragée à continuer en citant des paroles de « Herr Doktor Steiner » pour ne pas affecter mon karma… et puis  »on doit toujours finir ce que l’on a commencé ». Évidemment ce n’était en aucun cas pour éviter à l’école d’eurythmie de Nuremberg de se retrouver une situation financière critique… car en fait elle ne recevrait plus assez de fonds de l’anthropo-Q.G. et d’ailleurs les groupes étaient de plus en plus petits.

Pendant ma formation à La Haye, j’ai trouvé un job dans une école Waldorf (Je n’ai jamais su la différence entre les écoles Waldorf et Steiner) à Herne au nord de Cologne. Là où deux de mes collègues de l’école de Nuremberg ont été refusées sans la moindre explication réelle. Cela aurait dû être un avertissement pour moi. Je n’étais là que pour 4 mois, le temps pour eux de me jeter dans la fosse aux lions, me faire broyer, et de m’en sortir vivante de justesse.

J’ai été renvoyée sous le prétexte que j’étais mentalement souffrante et que je devais demander de l’aide. J’ai regretté de ne pas l’avoir fait. Parce que, après avoir travaillé dans cette école, je n’ai jamais vraiment pu m’en remettre complètement.

Dottenfelderhof

Ensuite j’ai déménagée à Francfort à la recherche d’un emploi d’enseignant plus facile. Je trouvai une chambre dans une ferme biodynamique juste à côté de la ville, où je travaillais les week-ends pour payer ma nourriture et mon logement. Bon sang, j’ai payé pour cela en travaux forcés. Cependant la vie était meilleure et j’avais de nouveau un vélo pour aller en ville pour mes stages pratiques d’enseignante. Si je n’enseignais pas, je n’obtiendrais pas cette licence, et donc c’était mon seul espoir.

Dans cette ferme renommée, du nom de Dottenfelderhof, je me suis retrouvée mangeant des aliments que je n’étais pas supposées devoir manger, comme le quark, le pain au levain et le fromage de chèvre. J’ai d’ailleurs arrêtée assez vite à cause d’une bronchite aiguë. Je me suis fait des amis et j’ai encore un bon souvenir de cette période-là. J’ai pu finir ma formation, mais cela ne m’a pas véritablement ouvert de portes pour travailler. Bon, je n’essayais beaucoup non plus… compte tenu de ma dernière expérience.

Dans cette ferme il y avait des personnages étranges. Il y avait aussi beaucoup de jeunes gens qui du coup rendaient la ferme très attractive, mais ils n’étaient là que parce qu’ils étaient de la main d’œuvre bon marché, comme moi. Ces jeunes venaient principalement des écoles Steiner et des Camphills. La plupart y faisaient un stage. Cette ferme était pleine d’installations comme : une fromagerie, une boulangerie, une épicerie bio, un laboratoire, une école d’agriculture, et ils avait des plantations de céréales, de légumes et les cultures de fruits. Il y avait aussi des gourous… et j’étais étonnée que beaucoup d’anthroposophe semblait tout savoir et qu’il n’y avait rien à leur apprendre, qu’ils ne connaissent déjà. Mais il y avait surtout leur mystérieux regard lorsqu’ils citait Herr Docteur et le numéro de référence de ses livres. Je n’étais jamais tout à fait à l’aise avec ceci, sûrement à cause de mon intelligence peu développée… Ils sont en général enclin de partager leurs connaissances avec vous, sans se soucier que vous soyez intéressé ou non, et ils sont rarement intéressé de savoir qui vous êtes.

Une autre chose : le slogan « En harmonie avec la nature et l’être humain » de Weleda, m’énerve. Il n’y avait pas de travail avec la nature à Dottenfelderhof. Les cochons y vivaient en petits enclos cimentés et les porcelets étaient castrés sans anesthésie. On m’a dit que les porcs castrés ont un meilleur goût. Malheureusement, je ne le saurai jamais car j’aime bien trop les cochons pour avoir envie de les manger. Il y avait aussi un cheval merveilleux nommé Fritz. Il avait des sabots infectés et était simplement soigné… avec de l’homéopathie. Malgré leur grande éthique, les anthroposophes aimait bénéficier des produits de la chasse, bien que répugnant à la pratique eux-même. Les veaux étaient séparés de leur mère immédiatement après leur naissance. Ils disaient que c’était plus facile de cette manière, qu’ils seraient moins conscients de la séparation. Quelle ramassis de conneries ! Les mères vaches me tenaient éveillée toute la nuit par leurs mugissements constants pour leurs bébés. Ceci s’est poursuivit durant plusieurs nuits. Leurs veaux étaient gardés pendant plusieurs semaines dans un petit enclos et les mâles étaient envoyés à l’abattoir quelques semaines plus tard. Ils prenaient plus de 50% du miel des abeilles et le remplaçaient par du sucre. Je n’ai pas vu de différence extraordinaire entre cette ferme biodynamique anthroposophique et une simple ferme biologique ordinaire. Uniquement le fait qu’ils utilisaient des méthodes bizarres de fertilisation et de compostage.

Permettez-moi de m’arrêter de nouveau un moment, et de contester la totalité de ce concept biodynamique. Nous ne pouvons pas continuer à prendre le miel des abeilles et le remplacer tout simplement par de l’eau sucrée. Ce n’est pas leur nourriture naturelle et cela affaiblis les abeilles, ce qui à moyen ou long terme provoque leur mort.

« Si les abeilles disparaissent de la surface de la terre, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre»

                                                                                                                               – Albert Einstein

Maintenant, je suis consciente que les pesticides leur causent aussi des dommages, mais c’est un leurre de croire que nous puissions continuer à exploiter les animaux pour faire de l’argent de leurs productions ou de leurs propres corps, quand nous n’avons même pas besoin de protéines animales, ou pas davantage du miel (qui contient aussi des protéines animales), nous ne sommes pas en mode de survie. Prendre pour excuse que le fumier des animaux est nécessaire pour la terre est vraiment dépassé. Je ne crains pas d’écrire que les fermes biodynamiques sont remplies d’élitistes qui pensent qu’ils travaillent en harmonie avec la nature, alors que je n’ai rien vu de la sorte durant les sept années que j’ai connu cette ferme. Utilisation des cornes de vache, des os, des cristaux, brûler des peaux de rat et répandre leurs cendres autour de la ferme pour empêcher leur retour, suivre la lune et les étoiles pour les récoltes et les moissons. Oserai-je mentionner la pratique courante de bourrer une vessie de cerf ou d’élan avec de l’Achillée Millefeuille! Ce sont pour moi clairement tous les signes de pure magie noire.

des vessies de cerf

La Finca Biodynamica

J’ai été alors intriguée par un certain gourou nommé José, qui avait une ferme biodynamique à Lanzarote dans les îles Canaries. J’y ai déménagée dans l’espoir d’apprendre à faire de l’Eurythmie pour les plantes. José disait travailler avec des êtres élémentaires (les fées et les gnomes) et affirmait qu’il pouvait les voir et communiquer avec eux. Ça me fait grincer des dents en écrivant ceci. Il allait souvent en Allemagne pour dire aux gens comment mettre en place leurs fermes, en fonction des messages du monde élémentaire qu’il recevait. Malheureusement cet homme n’appliquait pas ses principes dans sa propre ferme et ses animaux étaient fortement négligés. Les chèvres étaient toutes entassées dans un petit abri et souvent leurs chevreaux étaient piétinés à mort. Le bouc était attaché en permanence et n’était libéré seulement que pour les accouplements. Les poulets étaient tant pleins de puces qu’ils perdaient leurs plumes et ne quittaient jamais leurs cages. Les moutons avaient également un petit enclos dans lequel ils pouvaient à peine se déplacer. La belle chamelle, Sahara, que José essayait de forcer à labourer la terre ne voulait pas laisser cet imbécile faire d’elle une esclave et a souvent été fouettée jusqu’à l’épuisement. Je passais la plupart des soirs à lui demander pardon pour nous, stupides humains. Lors de sa dernière nuit, avant que Sahara soit envoyée à une attraction touristique sur une plage, Sahara a pleurée de vraies larmes et posa sa tête sur mon épaule. Je savais que les éléphants pouvaient pleurer des larmes mais je ne savais pas que les chameaux le pouvait aussi. Puis vint un âne qui ne voyait pas de gourou dans cet anthroposophe et refusa de se faire réduire à l’esclavage. Après trois mois passé à faire semblant d’apprendre l’Eurythmie pour les plantes de ce gourou, j’ en avais assez vue.

La dynastie Eurythmie

De retour en Allemagne, j’ai tenté de me donner une autre chance à l’école Waldorf de Cologne. Cette fois une école intégrée avec quelques enfants handicapés. J’ai passé six mois à travailler aux côtés d’un eurythmiste très particulier et atypique qui a été très patient avec moi et je m’entendais très bien avec lui. Il faisait souvent l’éloge de certaines filles des classes de sixième, pour leurs dons particuliers en eurythmie, en disant qu’elles seraient la nouvelle dynastie d’eurythmistes. Je suis sûre qu’il ne faisait que plaisanter mais il le disait si souvent que je me demandais s’il y avait de l’humour la-dedans. Par ailleurs, je n’ai vu que des filles avec une saine prise de conscience de leur corps, une bonne posture et une grande confiance en soi et qui s’en serait bien tirée avec n’importe quelle forme de danse. On m’a proposé un emploi à temps plein, mais à cause de mes craintes liées à ma première expérience, j’ai renoncé, ainsi qu’aux réunions d’enseignants du jeudi soir qui me rendaient folle. Ces réunions sont aussi une des raisons qui m’ont fait fuir loin de ces écoles de secte. C’était une cession de deux heures et demie de récriminations et de cris. Les professeurs Waldorf semblaient agir comme leurs élèves à ces réunions. Malheureusement, ma santé en prenait un coup encore une fois.

La formation Eurythmie thérapeutique

J’étais certaine de ne jamais retourner à l’enseignement, si bien que j’ai un peu travaillé comme serveuse en Suisse pour mettre de l’argent de côté pour le cours d’eurythmie thérapeutique en Angleterre.

En avril 2009, j’ai commencé le sinaire modulaire qui avait lieu à Stroud. C’éait une ville idyllique dans le Costwold. J’ai véritablement apprécié la plus grande partie du temps que j’y ai passé Ma formation en eurythmie m’a conduite à voir de magnifiques endroits et j’ai pu voir une grand partie de l’Europe de ce fait. Stroud est malheureusement entirement gouvernée par l’anthroposophie. Plus de la moitiéde la population est probablement impliqué dans cette secte. http://stopsteinerinstroud.com/ « Arrêter l’anthroposophie à Stroud » est un blog traitant de l’infiltration des anthroposophes dans cette belle ville du Costwold.

Ce cours a commencé par me rappeler beaucoup trop de ma formation d’enseignante à Melbourne et les trois professeurs d’eurythmie qui donnaient le cours avaient des traits similaires aux principaux professeurs que j’avais eu là-bas. De nouveau, on nous a demandé de parler en détail de nos histoires d’enfance et de nos vies avant l’eurythmie. Certains avaient besoin de quasi une heure pour ce partage et avaient souvent à exprimer de grandes émotions pendant la session. À la fin de chaque exercice, nous devions partager nos pensées à son sujet. Ça en devenait épuisant. Comme si cela ne suffisait pas, chaque semaine, on nous demandait de partager notre expérience quant à la façon dont nous ressentions le cours et j’ai rapidement commencé à développer de l’aversion pour ces sessions. J’ai toujours été la dernière à partager mes ressentis et j’ai souvent demandé à être excusée, mais il n’y avait pas moyen d’y échapper…

Nos conférenciers étaient de très excentriques anthopo-toubibs et je ne parvenais pas à comprendre un seul mot de ce qu’ils disaient en parlant de long en large de l’homme supérieur et inférieur. Pour une fois le cours était en anglais, ma langue maternelle, mais cela ne servait à rien. Un médecin en particulier m’a rappelé mon médecin de jadis à Melbourne. Il avait aussi de graves dermatites et il avait une obsession pour les sécrétions mammaires bovines cru. Je ne suis pas médecin, mais j’ai eu de sévères dermatites étant enfant et cela était dû au lait de vache. Je n’avais que quelques notes dans mon carnet et je décidai simplement de profiter de la beauté de cette ville à laquelle je devenais aussi très attachée et y suis retournée pour les vacances 2013 avec une façon de voir les choses toute différente.

L’Eurythmie thérapeutique était plaisante, mais épuisante. On nous disais que c’est parce que nous utilisions beaucoup notre corps éthérique, l’un des corps spirituel. Et pas parce que ce cours durait de 8 heure du matin jusqu’à parfois 19 heure le soir. J’ai visité la Communauté des Chrétiens également, mais peu à peu j’ai développé un puissant désir de passer ce temps dans la nature plutôt que d’être enfermée pendant une heure dans une église.

Je me suis aussi liée d’amitié avec un homme très singulier. Il était charmant et drôle, mais je savais que chez lui ce n’était qu’un masque qu’il portait toujours pour camoufler ses propres difficultés, sa dépression. Je me suis impliquée avec lui lors de mon dernier module en avril 2012. Il venait juste de déménager dans une ferme biodynamique à Grinstead East. Il avait été à Camphills la plupart de sa vie d’adulte et, malheureusement, la ferme serait pour la lui une source de grandes difficultés et de nouveaux défis.

Ma visite chez un Camphill

J’ai passé du temps dans une communauté Camphill à Mountshannon en Irlande. L’Irlande était fantastique, mais Camphill était affreux. J’y ai cependant rencontré beaucoup de personnes agréables dont la plupart venait d’Allemagne (Allez comprendre!). Camphills a des communautés dans le monde entier. La première fut fondée par Karl König, un anthroposophe autrichien. C’est une communauté pour des personnes handicapées. Pour aider à régler leur karma. Ce que je n’ai jamais très bien compris. Souvent, je n’étais pas sûre de pouvoir déterminer ceux qui avaient besoin d’aide, de ceux qui étaient connus comme les villageois et qui formait le personnel soignant, car la ligne de démarcation entre eux était très mince. Par contre mon ami a déménagé dans une ferme biodynamique, alors qu’il aurait eut besoin de soins. On m’avait dit qu’il n’y avait pas de psychologue dans ces villages parce qu’ils étaient tous capables d’assumer cette tâche. Grégoire Perra mentionne aussi ce fait dans son article.

À cette époque, il aurait mieux valu que j’aie pensé autrement car mon ami n’a pas été capable de s’en sortir dans cette ferme à East Grinstead et s’est suicidé. Il avait besoin d’une aide professionnelle et les mesures n’ont pas été prises assez tôt. On m’a dit que « son âme était blessée, un peu comme avoir une jambe cassée dans le corps physique et qu’il pouvait guérir dans le bon environnement et avec la bonne homéopathie ». De toute évidence il n’était pas dans le bon environnement et il n’y a jamais eu de bonne anthropo-potion pour lui. Honnêtement, j’ai des doutes sur la santé de beaucoup de gens dans ces communautés…

Die Filderklinik

Dans le cadre de ma formation, j’ai dû exécuter un certain nombre d’heures de pratique pour recevoir mon diplôme. J’ai fait la majeure partie de mon stage à la clinique anthroposophique renommée mondialement à Stuttgart; « Die Filderklinik ».

Je ne nierai pas le fait que les 6 mois que j’y ai passé furent super. J’ai apprécié le contact avec mes patients, surtout ceux qui n’avaient rien à voir avec l’anthroposophie. Je dois cependant avouer que j’ai trouvé l’ensemble des installations quelque peu sinistres et le mot « secte » me vient à l’esprit. Comme s’il y avait un infiltration en douce des anthroposophes dans de nombreux établissements à travers le monde. J’ai trouvé déprimant le fait que certains thérapeutes eurythmistes, ainsi que d’autres thérapeutes et des infirmières, vivaient dans l’appartement du personnel juste à côté de celui des patients, et c’était comme si leur vie entière était la clinique Filder et tout ce qui s’y rapporte.

J’ai vécu dans un de ces appartements et c’étaient des petits studios très confortables. Je savais aussi que ce n’était que temporaire. Chaque week-end j’avais pris l’habitude de faire du stop et d’aller quelque part pour changer d’air. La clinique était juste à une station de l’aéroport et c’était là mon point de départ habituel.

Même après six mois, c’était difficile d’apprendre à connaître mes collègues. Ils n’avaient généralement pas de temps à m’accorder, et j’ai bien compris qu’ils avaient beaucoup de pain sur la planche. J’ai vite découvert que je n’étais qu’une aide bon marché qui rendait leurs travail moins lourd. Je sais que tous les stages pratiques sont comme cela, peu importe que ce soit une secte ou non. Cependant, cet « élitisme » ressortait de nouveau fortement dans cet environnement. Les thérapeutes étaient tellement prompts à juger le caractère des gens d’après leur maladie et ils savaient tout sur les patients rien que d’après leur façon de marcher, leurs dessins, ou d’après la manière dont ils parlaient. Ce sont les médecins qui m’effrayaient le plus. Je suis sûre que les médecins courants peuvent aussi être effrayants, mais cette bande d’anthropo-toubibs que j’ai rencontré n’étaient pas tout à fait humains. Un en particulier, le Dr. Simon, ressemblait à un vieux sorcier du Moyen Âge et il avait un contact direct avec l’archange Raphaël. Je ne savais pas que je serais sa patiente en 2013. Et honnêtement, ni mes patients, ni ceux de mes collègues n’ont jamais été réellement guéris. Les patients atteints de la maladie de Crohn subissaient aussi une ablation d’une partie de leurs intestins. Les patients atteints d’un cancer mouraient, malgré les potions à base de gui de Steiner (Ils utilisaient aussi la chimio-thérapie) et hélas, le sujet du régime alimentaire n’était jamais pris en compte. Les seuls patients qui ont vu leur état s’améliorer étaient ceux qui souffraient de dépression nerveuse. Mais sérieusement, s’ils font une pause en s’éloignant de leur vie stressante : famille, travail, etc., alors c’est sûr qu’une pause dans une belle clinique va les aider.

J’ai tenté de poser ma candidature pour un poste d’eurythmie thérapeutique à la Filderklinik, vu qu’il y avait une place libre, indépendamment de ma confiance limitée en cette clinique. Malheureusement, il est apparu qu’ils avaient besoin de quelqu’un de plus qualifié et de plus expérimenté et ils n’avaient aucun intérêt à aider une néophyte à faire ses débuts dans la vie professionnelle. Une femme d’une cinquantaine d’années a obtenu le poste et j’en suis heureuse pour elle parce que de toute façon cela n’était pas ma place.

En 2013, j’ai postulé pour un emploi en Angleterre, et la même chose s’est produite. Cela m’a, en réalité, évité de rester encore plus longtemps dans cette secte de toute manière, alors finalement il n’y a rien à regretter.

Au printemps 2012, je suis devenue une eurythmiste thérapeute. La même année j’ai perdu mon petit ami qui s’est suicidé. J’ai aussi développé de l’arthrite rhumatoïde. Ça ne pouvait pas mieux aller…

Canada

On m’a demandé d’enseigner dans un groupe d’enseignement Steiner à domicile à Nelson, au Canada. En dehors du fait que je n’avais pas la moindre envie d’enseigner de nouveau, ce fut une grosse erreur. On m’avait dit qu’il y aurait aussi des possibilités de thérapies. Je me suis retrouvée une fois de plus dans une situation très inhabituelle et je désirais en sortir aussi vite que j’y étais entrée. On venait juste de me diagnostiquer une arthrite rhumatoïde, et j’étais sur le point de découvrir le mal que ça me ferait. J’ai été conseillée par la fondatrice de cette école à suivre un régime de soupe de bouillon d’os qui m’a presque tuée et qui n’a fait qu’empirer les douleurs et les inflammations. J’ai aussi commencé à perdre beaucoup de poids. Je ne suis restée qu’un mois dans cette école pour la raison que je ne pouvais plus bouger aussi bien que je le voulais et je m’entendais pas avec la fondatrice. J’ai ensuite été harcelée par cette même fondatrice pendant les derniers mois de mon séjours là-bas. J’ai passé les 3 mois suivants à la cuisson du pain dans une boulangerie non anthroposophique, ce qui fût pour moi un changement rafraîchissant. Le personnel était principalement québécois français et on s’amusait beaucoup. J’ai aussi fait des randonnées dans la nature et du kayak malgré mon A.R., ce qui valait tout le voyage.

Retour en Allemagne

Revenue en Allemagne, j’ai décidé de recevoir un traitement approprié. Je dois avoir consulté plus d’une douzaine d’anthropo-toubibs et cela n’a servi qu’à me rendre de plus en plus amère à leur sujet. On m’a ensuite recommandé un anthropo-rhumatologue, le Dr. Simon, qui se trouvait être le dernier anthropo-toubib que j’avais vu en 2013. Il avait une clinique de réadaptation appelée « Haus am Stalten » dans le sud de l’Allemagne et j’y ai passé, avec le restant de l’argent que j’avais et ce que j’avais emprunté, cinq semaines. Ce fut l’argent le plus gaspillé que j’ai jamais dépensé dans ma vie. D’ailleurs l’eurythmie fût un gaspillage d’argent, ce n’était qu’une plaisanterie. J’ai reçu toutes sortes de médicaments homéopathiques pour plus de 300 € qui furent tous inutiles. Lors de certaines séances, le Dr. Simon plaçait des cristaux sur ma tête et mon cœur tandis qu’il recevait des messages de l’archange Raphaël. J’ai dû réciter un mantra de Rudolf Steiner et maintenir une image du Christ crucifié dans mon esprit. Il m’a été dit que mon ego n’était pas totalement incarné et c’est pourquoi je souffrais d’une sévère intolérance aux protéines animales, au lactose et au gluten. Et l’arthrite, c’était à cause du choc causé par la mort de mon petit ami, mon astral avait été refoulé à l’extérieur et que très probablement un autre choc, dont je ne pouvais pas me souvenir, durant mon enfance était impliqué dans le processus. Mais bon, j’avais déjà des signes d’arthrite avant de rencontrer mon ami, et mes allergies pourraient en fait provenir d’avoir pris beaucoup trop de médicaments à partir de ma naissance. Mais je ne suis pas un médecin !

J’en avais plus qu’assez des anthropo-toubibs, aussi la seule solution qui me restait, étant donné ma situation financière, était de prendre un congé sabbatique « chez maman et papa » en France et pour couronner le tout, l’eurythmie thérapeutique que j’ai passé tant d’années à apprendre étaient totalement inefficace. Je me suis alors tournée vers le yoga, qui sur le plan physique m’a énormément aidé. J’ai commencé à méditer d’une manière toute différente de celle d’une eurythmiste. Déménager en France a été un événement salutaire. J’ai vraiment de la chance d’avoir les parents que j’ai. Il m’ont totalement soutenue, m’ont laissé toute la liberté de poursuivre ces cours, de vivre l’anthroposophie… et d’y renoncer.

J’ai changé mon régime alimentaire (un régime à base de végétaux sans gluten avec beaucoup de fruits) revenant à ce que je mangeais à Cairns avant toute ma mésaventure, et cela aida à faire décroître la douleur et l’inflammation. Mon asthme disparut aussi complètement comme je l’ai expliqué dans un autre article appelé « Abandonner les inhalateurs ». Je n’ai pris des médicaments conventionnels pour mon A.R. qu’au Canada quand il était beaucoup trop difficile de faire face. Et je ne prendrai plus jamais d’homéopathie.

Le dernier de mes voyages dans le monde anthroposophique

En 2014, j’ai décidé de donner une autre chance au travail et je fis un stage pratique dans une maison de retraite anthroposophique à l’extérieur de Stuttgart. Dieu seul sait d’où cette idée m’est venue ! J’y ai rencontré à nouveau des anthroposophes insupportables. On m’a demandé de prendre en charge les cours d’eurythmie pendant deux semaines. Mais quand j’ai découvert qu’ils n’avaient pas l’intention de me payer, j’ai renoncé. Je suis aussi allée une dernière fois à la ferme Dottenfelderhof pour seulement réaliser que j’avais changé et que je ne souhaitais plus être parmi les anthroposophes.

Retournant chez mes parents, je me suis débarrassée de tous les derniers livres d’anthroposophie que j’avais, débarrassée de ma robe d’eurythmie, et coupé tout contact avec les anthroposophes et acheté un billet de retour pour Cairns.

Puisque je n’ai étudié que l’anthroposophie, je n’ai aucune expérience dans autre chose. Ce qui rend la vie un peu plus compliquée. Je ne sais pas si finalement je vais passer ma licence en beaux-arts, mais au moins je vais revenir à l’endroit où tout à commencé et essayer d’y trouver la paix, de prendre un nouveau départ, et cette fois sans secte en arrière-plan.

Pour résumer

Ces douze dernières années ont réellement été une très douloureuse leçon et j’espère de ne plus jamais me trouver de nouveau dans une autre secte. Il se pourrait que certains se demandent si le véganisme n’est pas une secte. Ce n’est que quand la religion fait partie de ses fondements comme la secte Vie universelle fondée par Gabriele Wittek. Maintenant que j’y pense, je dirais que le « mouvement végan crudivoriste » ressemble aussi à une secte. Ils ont des gourous tels que David Avocado Wolf, (il n’est pas végan car il vend des extraits de bois de cerf et du pollen d’abeille), Douglas Graham, Victoria Boutenko (encore qu’elle mange aussi du miel) et encore probablement bien d’autres. Mais le véganisme est un mouvement de compassion au sein duquel on veut abolir l’exploitation et l’esclavage des animaux et le spécisme, un peu comme les féministes voulaient abolir le sexisme ou la lutte de Martin Luther King contre le racisme. Je suis aussi végane à cause de mon intolérance à certains aliments. Ainsi, je n’ai pas réellement d’autres choix.

C’est drôle la façon dont les anthroposophes considèrent le véganisme, pour eux c’est une forme d’orthorexie nerveuse… mais admirent le jeûne et le respirianisme (pranism). L’anthroposophe Michael Werner est célèbre pour être un respirianiste depuis 2001. Cependant ceux que j’ai connu qui ont pratiqué quelques mois de ce soi-disant mode de vie se sont à mon avis seulement privés d’eau et de nourriture pendant 6 jours (ce qui cliniquement est possible pendant 8 jours avant une déshydratation sévère et la mort), ensuite faire une diète de jus, où vous pouvez boire jusqu’à 2 litres de jus d’orange, des tisanes, ou même du café noir ou du thé noir avec du sucre (Remarquez qu’ils grignotent probablement des fruits ou des noix, et même un morceau de chocolat ici et là). Maintenant, je ne suis pas un experte en la matière, mais techniquement, vous pouvez survivre avec des régimes basse calorie pendant un temps très long, même en jeûnant jusqu’à 40 jours ou plus sans mourir, ce n’est donc nullement un phénomène. Même moi, j’ai été au régime de soupe de bouillon d’os avec un peu de légumes pendant 4 mois… et dont la conséquence fût une insuffisance rénale. Et les gens que j’ai connu et qui pratiquaient le respirianisme pendant quelques mois ont subi des dommages majeurs de leurs organes vitaux comme leur thyroïde et sont devenus extrêmement épuisés et déprimés. Alors que l’alimentation végane consiste simplement à manger ce qui est biologiquement conçu pour le corps humain, et il n’est pas nécessaire de jeûner ou même de faire des cures de jus. Vous pouvez même être un végan de la malbouffe et encore aider les animaux et l’environnement, mais vous ne serez pas en très bonne santé.

Maintenant, si vous prétendez être un respirianiste, cela ne signifie-t-il pas que vous ne mangez pas, ni ne buvez pas et survivez uniquement à partir de « prana » ? Honnêtement je ne comprends pas… C’est comme être végétarien avec du poisson alors, ou encore végan avec du miel et des œufs. Tout est possible à notre époque, j’imagine.

Juste pour mémoire, Adolf Hitler et Rudolf Steiner n’étaient pas végétariens. Ils ont fait une bonne affaire en convainquant tout le monde qu’ils l’étaient. Hitler aimait les saucisses de Nuremberg et Steiner aimait les Schnitzel.

« Besser Schnitzel essen als Schnitzel denken! »

                                                – Rudolf Steiner.

Dès maintenant, je boycotterai tous les produits anthroposophiques tels que Weleda, Wala, Dr. Hauschka, Demeter (produits biodynamiques) et autres ; non seulement ils ne sont pas végans, mais je n’ai aucune envie de soutenir cette secte en aucune façon.

« Chaque fois que vous dépenser de l’argent, vous votez pour le genre de monde que vous voulez »

– Anna Lappé

La vérité est que je ne suis pas encore remise totalement de cette mésaventure et j’ai décrit cela à des amis comme si j’étais encore sous le coup d’un divorce après un mariage très bizarre et difficile de 12 années.

Ce n’est vraiment que grâce au blog « philosophie sensible » de Grégoire Perra et au blog de Roger Rawlings « Waldorf Watch » qui m’ont fait voir l’anthroposophie sous une nouvelle perspective et m’ont inspiré pour écrire ma propre histoire. Ma vie est maintenant une toile vierge attendant de nouvelles couleurs.

Comme d’habitude, puissiez-vous vivre avec compassion et que la vie est dure sans bananes mûres…

 

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A propos gperra

Professeur de Philosophie
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Un commentaire pour Une Végane parmi les Eurythmistes, un témoignage de Mélanie Widmer

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