DIGNITE-LIBERTE dérives sectaires et droits fondamentaux

Il s’agit d’une parution importante pour toute personne s’intéressant à la question des dérives sectaires, dont l’Anthroposophie et les écoles Steiner-Waldorf font partie : l’ouvrage de Gilbert Klein, Président du CLPS, vient d’être publié et est disponible à la vente en ligne via le blog dont voici le lien :

http://dignite-liberte.blogspot.com.es/2016/12/avant-propos-en-juin-2004-etait.html?m=1

Nous aurons l’occasion de revenir plus en détails sur cette publication, notamment en ce qui concerne la question des écoles Steiner-Waldorf et de l’Anthroposophie, qui est le propos de notre blog, puisque Gilbert Klein a suivi de près cette question depuis de nombreuses années et fut un témoin du procès que m’avait intenté la Fédération des écoles Steiner-Waldorf, le 5 avril 2013.

Mais dors et déjà, nous pouvons souligner la pertinence de la problématique soulevée par cet ouvrage, à savoir le difficile dilemme social et juridique concernant les sectes, entre le respect des libertés individuelles et la protection des citoyens dans le cadre des missions de la République. Cette question, je dois dire que je me l’a suis souvent posée en réfléchissant aux cas des personnes travaillant dans une école Steiner-Waldorf et ayant accepté d’y investir (volontairement ?) la totalité de leur temps et de leur vie personnelle. Ironie du sort, je recevais le même jour que cette publication un post sur mon blog d’un défenseur des écoles Steiner-Waldorf, probablement professeur au sein de l’une de celles-ci, m’ecrivant des propos révélateurs, défendant ardemment son institution, comme on pouvait s’y attendre, mais dans le même temps trahissant la réalité d’une situation que je n’ai eu de cesse de dénoncer dans mes écrits depuis plusieures années, à savoir que celui qui enseigne dans ces écoles y perds toute vie personnelle au profit d’une vie de type communautaire :

« Être dans une démarche communautaire est très positif. Dans notre société actuelle, il est important de s’entraider et de partager. Dans ce cas, il y a beaucoup de communautés d’endoctrinements, comme les écoles catholiques ou les Scouts de France et j’en passe.

Effectivement, lorsque nous travaillons dans ces écoles, il est difficile d’avoir une vraie vie à côté puisque nous donnons beaucoup de temps pour le bien être et la bienveillance envers les enfants. Et je pense que cela peut devenir difficile si nous ne savons pas tous le gérer. Mais, encore une fois comme partout, comme les grands patrons ou les cadres supérieurs, etc… sauf que les écoles Steiner ne peuvent payer beaucoup. »

Peut-on considérer, comme le fait ce lecteur, que les personnes qui travaillent dans les écoles Steiner-Waldorf sont libres d’avoir ainsi abdiquées leur propre liberté et leur vie personnelle, pour se dévouer à la cause dans le contexte de ce qu’il appelle lui-même une communauté, pour un salaire qui est bien souvent de misère ? Ou bien faut-il incriminer le mouvement anthroposophique et l’organisation des écoles Steiner-Waldorf, qui les a poussé à le faire, en utilisant souvent à cette fin des méthodes de séduction et de manipulation permettant l’aveuglement et le dévouement inconditionnels des corps et des esprits ? Comme l’écrit Gilbert Klein dans la présentation de son travail :

« En 1995, des suicides collectifs au sein de l’Ordre du Temple solaire avaient suscité une grande émotion. Ces événements ont coïncidé avec la publication d’un des premiers rapports parlementaires, rédigé par le député Jacques Guyard. Le rapporteur estimait qu’une législation spécifique serait contraire aux principes républicains et que le droit existant était suffisant, et il concluait en ces termes: “Votre Commission estime donc indispensable de réagir. Cela étant, il lui est apparu que la meilleure façon de riposter au développement des sectes dangereuses n’est sûrement pas la plus spectaculaire, sous la forme d’une législation anti-sectes que l’ampleur de notre arsenal juridique ne rend pas nécessaire et qui risquerait d’être utilisée un jour dans un esprit de restriction de la liberté de pensée. L’essentiel, selon elle, est bien d’utiliser pleinement les dispositions existantes, leur application systématique et rigoureuse devant permettre de lutter efficacement contre les dérives sectaires”.


A l’inverse, des voix, dont celle du député Jean-Pierre Brard qui était vice-président de la même commission, s’élevaient pour revendiquer des lois explicitement dirigées contre les menées sectaires: “… si une secte est reconnue comme dangereuse pour la légalité républicaine, pourquoi ne pas la dissoudre, comme le prévoit la loi sur les Ligues”?


La présente recherche se veut une réflexion sur ce dilemme et sur le difficile équilibre entre des droits et libertés souvent contradictoires. L’actualité de cette problématique ne s’est pas démentie.


L’irruption de l’Islamisme radical et du terrorisme ne relègue qu’en apparence au second plan la réflexion sur le phénomène sectaire, qui nourrit au contraire le débat sur les contradictions de la liberté. »



On ne peut que se réjouir que le livre de Gilbert Klein offre sur ce sujet, comme sur d’autres, des pistes de réflexion pertinentes, mesurées et éclairées par une connaissance approfondie de cette problématique.

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A propos gperra

Professeur de Philosophie
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