Steiner complotiste : l’assassinat de Jean Jaurès par une loge occultiste

Extraits d’un numéro spécial des Nouvelles de la Société Anthroposophique en France :




Le bouleversement du monde 1914 – 2015 

Les 14 et 15 novembre 2015, s’est tenu à Paris un colloque international consacré à la guerre de 1914-1918, avec ses antécédents et ses conséquences au cours du XXème siècle. Il a commencé au matin qui a suivi les événements tragiques qui ont frappé la capitale à travers les forces vives de la jeunesse qui y vivait. Dès le début de la manifestation, prenant la mesure de la gravité des circonstances, nous avons voulu nous recueillir à la mémoire des victimes de cet assassinat sans précédent dans notre pays. Au cours du colloque, les événements du passé ont résonné tout autrement qu’ils ne l’auraient fait sans cette attaque. Ainsi des accords Sykes-Picot de 1916, par lesquels l’Angleterre et la France se sont octroyé secrètement des zones d’influence au Proche-Orient, ou de la déclaration Balfour de 1917 par laquelle l’Angleterre envisageait favorablement la création d’un foyer national juif en Palestine. Tout d’un coup, sur fond d’évènements dramatiques, l’histoire vivait au présent et jouait un rôle d’éveil non seulement à la compréhension de ce qui s’était passé, mais encore à la responsabilité de chacun dans l’histoire de l’humanité en cours. 

Sur le colloque lui-même, figurent ci-dessous un aperçu d’ensemble d’Aurélie Bourdot suivi de la contribution d’Antoine Dodrimont.

(…)


Le rôle de la France dans le 

déclenchement de la Première Guerre 

mondiale et l’action de Jean-Jaurès 

 Par Antoine DODRIMONT
(…)

On sait qu’après cet entretien avec Abel Ferry, Jaurès devait rédiger un nouveau « J’accuse » qui, à la manière de Zola dans l’affaire Dreyfus, aurait dénoncé, d’après ses propres termes, « les causes et les responsables de cette crise » et par là même occasion aurait dégagé le mouvement ouvrier de toute responsabilité par rapport à la guerre. Mais il n’en eut plus le loisir car, à 21h40, il était assassiné par Raoul Vilain, un jeune homme fragile qui, manifestement, était manipulé par les ultranationalistes, en particulier de l’Action française. Au soir du 31 juillet, il justifia comme suit son geste : « Si j’ai commis cet acte, c’est parce que Monsieur Jaurès a trahi son pays en menant sa campagne contre la Loi des trois ans. J’estime qu’on doit punir les traîtres et qu’on peut donner sa vie pour une cause semblable29. » Rudolf Steiner a parlé à deux reprises de l’assassinat de Jaurès en mars 1916. Il le situe dans un contexte d’actions apparemment occultes, mais qui viennent au grand jour. 

Ainsi, dans la conférence du 12 mars, il évoque les prédictions d’une médium française, Madame de Thèbes. Dans les almanachs de 1912 et de 1913 qu’elle publiait, cette dame avait annoncé la mort du prince héritier d’Autriche-Hongrie, François-Ferdinand, qui sera effectivement assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914. Or cette soi-disant prédiction arriva sur les pages d’un journal parisien de grande diffusion Paris-midi, celui-là même que j’ai cité tout à l’heure. Et Steiner de poursuivre : « Pourquoi y a-t-il également dans le même journal, alors qu’on était en plein débat sur les trois ans de service militaire en France, une parole cynique pour dire que si la France devait se mobiliser, le premier à être assassiné serait Jaurès ? Pensez-vous, mes chers amis, que ce sont-là des prophéties ? J’aimerais vous montrer que je ne suis pas de ceux qui prennent cela pour des prophéties. Tout cela montre les dessous profonds et inquiétants de la manipulation abusive, de la charlatanerie et d’un occultisme proprement dangereux pour l’humanité tout entière30. » 

En évoquant cet occultisme dangereux, Steiner vise un type d’ordre qui, sous couvert d’occultisme, mène, dans les coulisses de l’histoire, des actions politiques d’envergure, qui conduisent à des assassinats lourds de conséquence, et à des guerres… 

Si nous en revenons à la mort de Jaurès, dès le lendemain de son assassinat, « l’Union sacrée » sera réalisée pour conduire le peuple français dans une guerre absurde. Et la mémoire de Jaurès sera utilisée pour faire le contraire de ce qu’il avait désiré ardemment, c’est-à-dire pour faire l’union de tous les Français en vue de l’entrée en guerre de la France. Et cela, c’est la signature évidente du Prince du mensonge, qui tourne en leur contraire les idées les plus généreuses pour assurer le triomphe de ses desseins.

30 R. Steiner, Les arrière-plans spirituels…, op. cit., p. 174 sq,

31 Cité dans G.-H. Soutou, op. cit., p. 6

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