Valérian : un navet New-Age à la sauce Nyssen

Quand on pense à ceux qui soutiennent le New-Age et participent à son extension, on s’imagine volontiers des écolos vivants comme des oiseaux sur la branche et y laissant souvent leurs plumes. Mais ceci n’est pas vrai pour les dirigeants de ce mouvement, qui sont souvent des nantis possédant et brassant un important capital que leur investissement dans toutes les entreprises dites alternatives du New-Age fait fructifier, tant les simples gens sont capables aujourd’hui se donner sans compter pour cette nouvelle idéologie.

Ainsi, notre nouvelle Ministre de la Culture, Françoise Nyssen – qui déclare régulièrement être une adepte de la méditation et est une amie de longue date des anthroposophes – n’est pas, loin s’en faut, une amoureuse frugale et spartiate de la littérature, propriétaire d’une modeste maison d’éditions, mais corresponds bien davantage au profil de ceux que le Président Emmanuel Macron opposaient dernièrement à « ceux qui ne sont rien », c’est-à-dire les gens qui ne possèdent pas de fortunes personnelles et que l’on croise sur les quais de gare de banlieue. On peut en juger par le nombre de mandats qu’elle exerce dans différentes sociétés et au salaire qu’elle perçoit ne serais-ce que pour l’un d’entre eux, comme le révèle le site d’EuropaCorp :

« SOCIETE EUROPACORP

Société anonyme à Conseil d’administration au capital de 10 046 638,58 euros Siège social : 20, rue Ampère 93200 Saint-Denis – France RCS Bobigny 384 824 041

Les membres du Conseil d’administration de la Société sont, à la date de dépôt du Document de référence, les suivants :

Luc Besson* 57 ans 20 rue Ampère 93200 Saint-Denis

(…)

Françoise Nyssen 65 ans 20 rue Ampère 93200 Saint-Denis ** Jusqu’à l’issue de l’Assemblée générale devant se réunir en 2016 et appelée à statuer sur les comptes de l’exercice clos le 31 mars 2016

AU SUJET DES MANDATS DE MME NYSSEN AU SEIN DE DIFFERENTES SOCIETES :

Françoise Nyssen 65 ans Actes Sud Place Nina-Berberova BP 90038 13633 Arles cedex

*Administrateur et Présidente du Conseil d’administration de la SA Actes Sud Participations

*Présidente du directoire de la SA Actes Sud

*Gérante de la SARL Maupetit Libraire

*Administrateur de la SA Editions Picard

*Administrateur des Rencontres d’Arles

*Membre du bureau du Syndicat national de l’édition

*Présidente de l’association du Centre de conservation du livre

*Membre du Conseil d’administration de la BNF

*Membre de l’association du théâtre du pays d’Arles

*Membre du Conseil du Livre

*Membre du Conseil d’administration du Théâtre du Gymnase

*Membre du Conseil consultatif de la Banque de France

*Membre du Conseil d’administration de l’association la Source des Sources

*Membre du Conseil d’administration de Musicatreize

*Présidente du Conseil d’administration de Payot & Rivages

*Membre du Conseil d’administration de la Commission nationale française pour l’Unesco

* Membre du CA Fondation d’entreprise La Poste et du CNC

Tableau sur les jetons de présence et les autres rémunérations perçues par les mandataires sociaux non dirigeants :

Françoise Nyssen Montant versé au titre de son mandat de :

Membre du Conseil d’administration en 2015 : 37 800 euros

Membre du Conseil d’administration en 2016 : 56 154 euros

ACTUALISATION POUR L’EXERCICE du 1er avril 2016 / 30 MARS 2017: en cours d’examen – en attente. »

SOURCE : http://www.europacorp-investors.com/pdf/DDR2015-16EuropaCorpVdef.pdf

Le nombre de ces mandats dans des sociétés aussi diverses a de quoi donner le vertige et se demander dans quel monde vivent des gens qui perçoivent autant d’argent pour des tâches qu’aucun être humain normalement constitué ne peut mener complètement à bien, même flanqué de dix hologrammes. Françoise Nyssen ressemble à une multinationale à elle toute seule ! Le New-Age est bel et bien porté par les riches et les puissants de notre monde d’aujourd’hui, par ceux qui se dédoublent et se multiplient pour être aux commandes de tout ce qui est important dans notre économie et notre administration, avec des salaires qui permettraient à plusieures familles de vivre largement.

Nous apprenons donc que Françoise Nyssen est notamment une administratrice de l’entreprise de Luc Besson, EuropaCorp, qui a permis le financement et la réalisation du film Valérian et la Cité des Milles Planètes, sorti sur les écrans cet été 2017 :

« Paris, le 31 mai 2011 – Au cours de la séance du 25 mai, le Conseil d’administration d’EuropaCorp a entériné la nomination de Didier Kunstlinger, en tant que nouveau représentant de la société Front Line, et a coopté Françoise Nyssen en qualité d’administrateur indépendant. Licenciée en Sciences et diplômée de l’Institut Supérieur d’Urbanisme et de Rénovation Urbaine, Françoise Nyssen est, depuis 1987, associée et Présidente du Directoire des Editions Actes Sud. Forte de l’aventure unique des Editions Actes Sud, Françoise Nyssen apportera à EuropaCorp son expérience de la gestion des entreprises culturelles ( Source : http://www.europacorp-investors.com/pdf/l.pdf) »

Or ce film de Science-Fiction, inspiré de la célèbre bande-dessinée de  Jean-Claude Mézières, n’est rien d’autre qu’une promotion insidieuse de l’idéologie du New-Age à travers un scénario dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’est guère palpitant. En effet, le film nous raconte la destruction tragique d’une civilisation qui vivait heureuse et en harmonie avec la Nature sur sa planète natale jusqu’à ce que les méchants terriens adeptes d’une civilisation basée quant à elle sur la technologie et la science ne viennent la détruire en en faisant la victime collatérale d’un conflit armé se déroulant à proximité. Cette destruction est gardée secrète par le Général terrien qui a livrée et gagnée cette bataille, dissimulant ainsi son méfait. Fort heureusement, l’âme de la princesse défunte de ce peuple New-Age, qui passe son temps à sourire niaisement en regardant la mer, parvient à se loger dans le cerveau de Valérian, un agent intersidéral en mission, qui va découvrir le pot-aux-rose au terme d’une enquête fastidieusement tirée en longueur durant les deux heures et dix-huit minutes du film.

Nous sommes donc là dans une sorte de remake raté de la thématique d’Avatar, avec des extraterrestes qui ressemblent d’ailleurs beaucoup à ceux de James Cameron, à la différence près qu’ils ne sont pas aussi bleus et n’ont pas de queue. Encore une fois, on nous dresse le portrait d’une opposition manichéenne entre deux civilisations, l’une basée sur la Technologie et la Science et l’autre sur l’Amour de la Nature, l’une immorale et destructrice tandis que l’autre s’était morale et bienveillante. Autant dire que les poncifs du New-Age resplendissent à leur maximum dans cette entreprise cinématographique qui ne parvient à nous tenir éveillés que par ses effets graphiques et son univers esthétique éblouissants.

Ce navet ne serait qu’un parmi tant d’autres si nous ne savions pas qu’il a été partiellement financé par une entreprise dont notre actuelle Ministre de la Culture, à l’époque de la conception et de la réalisation du film Valérian, était membre du CA (2015/ 2016). À ce titre, il n’est pas seulement un désastre artistique, mais également révélateur d’une entreprise de formatage des esprits à grande échelle pour tenter d’orienter la civilisation actuelle vers le New-Age, notamment en touchant les jeunes.  Il s’agit donc d’un symptôme qui doit être pris au sérieux et d’un élément révélateur de ce que vise profondément Françoise Nyssen.

Pour ma part, disons le franchement, je n’aurais pas pris la peine de commenter ni d’analyser une oeuvre aussi médiocre, quelle que soit mon intérêt pour le cinéma et la science-fiction, si je n’y avais pas perçu un fait qui me semblerait devoir être relevé et commenté par la presse traditionnelle, alors qu’il ne l’est à ma connaissance pas. En effet, la participation de Françoise Nyssen à la direction de la société EuropaCorp, qui à permis la réalisation de ce film, montre clairement que ce n’est pas seulement par la publication d’ouvrages comme ceux d’Actes Sud que cette femme tente de favoriser le New-Age, mais également par la production d’œuvres cinématographiques à gros budgets destinées à toucher un public d’enfants et d’adolescents, ce qui me semble particulièrement grave. Avec le financement d’une école Steiner-Waldorf, rebaptisée Domaine du Possible pour brouiller les cartes, nous pouvons comprendre que c’est la jeunesse que vise prioritairement Françoise Nyssen par son entreprise de conversion civilisationelle. À ce titre, ses dernières tentatives de rapprochement entre le Ministère de la Culture et celui de l’Education devraient sans doute inquiéter beaucoup plus que ce n’est le cas aujourdhui. Car faire des enfants et des adolescents la cible privilégiée de son messianisme New-Age semble bien être un trait constitutif de la démarche de Françoise Nyssen.

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Professeur de Philosophie
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