Françoise Nyssen : trois heures de méditation par jour !

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Extrait de l’Obs n°2794 du 24/05/2018 :

« En off toujours, ce haut fonctionnaire éructe : « Comment voulez-vous qu’elle foute quelque chose, elle passe trois heures par jour à faire de la méditation. » (…)

Lors de son déplacement à Lille, nous l’avons interrogée. La méditation ? « Oui, je médite, mais c’est une question d’ordre privée. »

Éléments d’explication du comportement de Françoise Nyssen et de son incompétence :

– Extrait de Qui sont les anthroposophes ? :

« La principale caractéristique des anthroposophes consiste selon moi en effet dans le fait qu’ils pratiquent les méditations préconisées par Rudolf Steiner, en particulier « La Pierre de Fondation », « La Rose-Croix » (Rudolf Steiner, La Science de l’Occulte, Ed. Triades), « Le Semainier » (Rudolf Steiner, Le Semainier, Ed. Triades), « Le Calendrier de l’Âme » (Rudolf Steiner, Le Calendrier de l’âme, Ed. EAR) et les « Douze Harmonies Zodiacales » (Rudolf Steiner, Les Douze Harmonies Zodiacales, Ed. Triades.). Certains anthroposophes, les plus sérieux, pratiquent en outre les exercices de méditation destinés à leur permettre de devenir « clairvoyants » contenus dans l’ouvrage intitulé l’Initiation (Ed. Triades). Cependant, comme ces derniers sont très nombreux, le livre contenant environ un exercice par page, ils ne peuvent en pratiquer que quelques uns. C’est pourquoi les anthroposophes privilégient bien souvent la série de méditations appelée « Les six exercices » (Ed. Les Trois Arches), sur lesquels Rudolf Steiner a particulièrement insisté et au sujet desquels il a donné des indications plus précises qui les rendent praticables, contrairement aux autres.« 

– Extrait de L’Emprise de l’Anthroposophie :

« L’anthroposophe développe en outre une étrange tendance à se réfugier dans des images intérieures anthroposophiques face à chaque situation de sa vie personnelle ou du monde. Par exemple, s’il rencontre une difficulté, il pense qu’il faut lui faire face en visualisant intérieurement une scène où l’archange Michaël terrasse le dragon. S’il a connaissance d’une crise quelconque dans la société moderne, il pense que le meilleur remède consiste à opposer à cet événement une image issue de la littérature biblique, anthroposophique ou bien de la vie de Rudolf Steiner. Il fait ainsi penser à une sorte de mollusque psychique qui se recroqueville dans son univers intérieur dès lors qu’il se heurte au contact d’une réalité trop dure pour lui. L’anthroposophe fanatique se mure dans ses habitudes et ses méditations quotidiennes, bien souvent toujours les mêmes (La Rose-Croix, les six exercices, la Pierre de Fondation, les lectures des mantras de la Classe, la rétrospective de la journée, le Semainier, les Douze Harmonies Zodiacales). Avant chaque repas, il veut prononcer un bénédicité, souvent de Rudolf Steiner. Cette habitude est pour lui impérative, même lorsqu’il se trouve au restaurant : s’il déjeune avec des anthroposophes, il peut aller jusqu’à réciter une prière ou entonner un chant rituel en chœur avec eux, sous les yeux médusés des serveurs et des autres convives. La pratique continuelle de ces exercices, récitations, prières et méditations finit par créer un « Surmoi anthroposophique », par lequel il est constamment surveillé dans ses moindres faits et gestes. »

– Extrait de Le «connais-toi toi-même» des anthroposophes et la véritable connaissance de soi :

« A cette connaissance abstraite de soi-même en tant qu’être humain en général s’associe, pour les anthroposophes, un travail de l’ordre du développement personnel, sous la forme de ce qu’ils appellent des « exercices » et des « méditations ». Il y en a des quantités ! J’ai pratiqué assidûment beaucoup d’entre eux, avec un zèle étonnant quand j’y repense aujourd’hui. Il y a des exercices de travail sur la volonté, sur la pensée, sur les sentiments, sur les tempéraments, sur les désirs, sur la relation à l’autre, sur notre capacité d’observation, sur la perception de notre propre corps, sur nos souvenirs, sur des phénomènes naturels, etc. J’en ai publié un certain nombre sur mon blog, afin que le lecteur puisse s’en faire une idée. Ils sont tellement nombreux qu’aucun être humain ne pourrait les pratiquer tous. Et si l’anthroposophe réponds aux exigences minimales de Rudolf Steiner concernant les méditations, il se retrouve au moins à effectuer la « méditation de la Rose-Croix » le matin, celle de la « Pierre de Fondation » et les « 6 exercices » dans le courant de la journée, sans oublier une « invocation à Michaël », ou une « prière à son ange », qui précèdent presque obligatoirement la « rétrospection de la journée » juste avant de s’endormir, temps pendant lequel l’anthroposophe doit se remémorer à rebours tous les événement de sa journée écoulée. A ces méditations communes s’ajouteront bien entendu les méditations liées à notre profession, comme celles que Steiner recommande pour le « travail intérieur » des professeurs Steiner-Waldorf. Et si ‘on est membre de la fameuse « École de Science de l’Esprit », il faudra pratiquer en outre inlassablement les mantras de la « Classe », ainsi que l’on s’y est engagé en intégrant cette institution. Ainsi, à une connaissance générale (théorique) de l’entité humaine semble s’adjoindre une connaissance particulière (pratique) de notre propre personne. (…)

Concrètement, ces pratiques quotidiennes exigent beaucoup de temps et d’énergie mentale ! Cela crispe considérablement le psychisme sur la réalisation de ces exercices et méditations, perçue comme un devoir. Et cela nous décale de notre propre existence et de ce que nous y vivons. Accaparés par l’objectif de réalisation de ces exercices et ces méditations, nous devenons comme distants vis-à-vis de notre propre existence et étrangers à nous-mêmes. Notre psychisme devient une sorte de laboratoire où nous réalisons des expériences de toutes sortes. Nos propres pensées sont considérées comme des matériaux que nous pouvons former et déformer à volonté. Ou auxquelles nous pouvons fixer des sujets de réflexions selon nos désirs, sans plus tenir compte de ce que la vie nous donne à penser. Nos sentiments eux-mêmes deviennent des sortes de substances que l’on manipule afin de provoquer certaines réactions. Voire même ceux des autres. Et quand, de surcroît, toute notre curiosité intellectuelle et tout notre temps libre de lecture sont absorbés par les multiples ouvrages et conférences de Rudolf Steiner ou de ses successeurs, il n’y a tout simplement plus aucun espace de notre existence où le « soi-même » peut effectivement respirer et exister librement. »

 

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A propos gperra

Professeur de Philosophie
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