Le Stockmeyer : une méthode pédagogique qui devient une fin en soi

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. A la page 128-129, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues comment apprendre les procédés de l’addition, de la soustraction, de la multiplication et de la division aux élèves, en partant systématiquement de la somme (Nous avons montré dans un précédent article sur quels présupposés ésotériques se base cette méthode) :

« Voici maintenant une synthèse interprétant les indications relatives au calcul en 1re classe. On conduit les enfants à saisir pour la première fois la nature du nombre en divisant un tout quelconque, visible, en deux, trois, quatre parties, etc.; à partir de là, on les fait compter –sur les doigts. On introduit ensuite les quatre opération (autant que possible simultanément) tout d’abord avec de petits nombres: on part de la quantité réelle d’objets quelconques (la somme) et on la sépare devant les enfants en plusieurs parties plus petites tout aussi réelles (termes de la somme). L’enfant comprend l’addition en saisissant l’identité quantitative des deux états. On part d’une quantité réelle d’objets et d’une quantité de même nature (le reste) qui reste devant les enfants après que l’on a enlevé une partie des objets. On demande ce qui a été retranché pour qu’il reste précisément ce reste; ceci conduit les enfants à saisir l’élément plus transitoire (la partie retranchée) et à comprendre ainsi la soustraction. On part d’une unité réelle (le multiplicande) et d’une multiplicité tout aussi réelle (le produit) et on fait trouver aux enfants l’élément plus transitoire, donné par un nombrepur et non un «nombre de», le multiplicateur. L’enfant découvre ainsi la multiplication. On part d’une quantité réelle à partager (le dividende) et d’une partie tout aussi réelle (le quotient) et on fait trouver aux enfants le nombre qui a opéré le partage, le diviseur. On part d’une quantité réelle à mesurer (le dividende) et du nombre –que l’on se représente– d’unités de mesure (le quotient) et on fait trouver l’unité de mesure (le diviseur) aux enfants. Par ces deux exercices, l’enfant fait l’expérience de la division sous ses deux formes, le partage et la mesure. C’est seulement après des exercices initiaux construits de cette manière, en partant le plus possible de l’existant, de ce que l’on peut toucher et en faisant chercher et trouver ce qui est plus transitoire, abstrait, que l’on passe aux formes habituelles du calcul avec les «nombres nommés». » pages 128 et 129

J’avais environ 9 ans quand je suis entré en 4ème classe à l’école Steiner. On y commençait les multiplications, que je connaissais et pratiquais déjà depuis un an. Je me souviens très bien de ce cours où mon professeur insistait sans cesse pour m’apprendre la méthode de la multiplication à partir de la somme. Je n’y comprennais rien car ce n’était pas logique. Le fait que je sache déjà les faire ne comptait pas pour lui : je devais désapprendre ce que j’avais appris, pour l’apprendre de nouveau mais à sa manière. A la fin du cours, je ne savais plus faire les multiplications. Ce qui compte pour un professeur Steiner-Waldorf n’est pas que l’élève acquiert des savoirs et des compétences, mais qu’il suive son mode de pensée, considéré comme sacré.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolus.

La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendu nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient.

Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Ils visent faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.

Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion et à la liberté d’expression.

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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