Le Stockmeyer : enseigner les 7 constituants spirituels de l’Homme à travers l’histoire des 7 premiers rois de Rome

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. A la page 162, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues comment il est possible d’enseigner la conception anthroposophique des sept constituants de l’entité humaine de la doctrine anthroposophique, sans les nommer, à travers le récit des vies des sept premiers rois de Rome :

« Le lendemain de ces considérations sur les trois périodes dans l’évolution de toute culture, il est encore un fois question de l’organisation de l’histoire en 12e (30 avril 1924). À une exception près, tous les élèves ont renoncé à se présenter au baccalauréat à l’issue de cette 12e qui venait de commencer. On peut donc ouvrir une 12e pure. Steiner donne alors des indications et dit ceci pour l’histoire: «Venons-en à l’histoire. Là aussi, une vue d’ensemble de toute la vie historique, en commençant par l’histoire orientale et en passant par l’hellénisme pour arriver au développement du christianisme moderne. Nous pourrons alors y introduire des choses qui ont une véritable spiritualité interne –bien entendu sans enseigner une dogmatique anthroposophique. Par exemple, j’ai enseigné un jour dans un cours pour les ouvriers comment les sept rois de Rome correspondaient tout à fait aux sept principes de l’homme, ce qui est bien le cas. Naturellement, nous ne pourrons pas dire carrément que Romulus est le corps physique, etc. Mais l’histoire des rois de Tite Live est organisée de sorte qu’elle nous présente Tarquin l’ancien, le cinquième, qui est un intellectuel par excellence, comme la personnification du Je, du principe de Je… une nouvelle caractéristique s’y joint, comme dans l’esprit lui-même: l’élément étrusque, et le dernier, Tarquin le superbe, doit être considéré comme le but le plus élevé qui doive être atteint, descendu au plus bas; il est en effet normal chez le peuple romain qu’ildescende dans les profondeurs de la terre. De même, le développement de l’histoire de l’orient est très beau: dans l’histoire de l’Inde, nous avons une configuration du corps physique, dans l’histoire de la Perse du corps éthérique, dans l’histoire de la Chaldée égyptienne du corps astral. Naturellement nous ne pourrons pas enseigner sous cette forme, mais en montrant comment les hommes vivant dans l’astral possèdent la science des étoiles, –comment les Juifs ont leur principe du Je dans le principe de Yahvé, et comment les Grecs ont pour la première fois une véritable conception de la nature. Les éléments qui précèdent se retrouvent au complet dans l’homme. Nous pouvons donner une vue d’ensemble qui vaut déjà quelque chose. Eh bien, les faits historiques s’ordonnent parfaitement*.» 30 avril 1924. » pages 162 et 163

La conception des 7 constituants de l’être humain est la colone vertébrale de la doctrine anthroposophique, telle qu’on la trouve notamment dans l’ouvrage intitulé Théosophie. Selon celle-ci, l’entité humaine est composée de sept parties qui s’interpénètrent :

Corps physique

Corps éthérique

Corps astral

Moi (Je)

Soi-Esprit (Mana)

Esprit de vie (Bouddhi)

Homme-Esprit (Atma)

Steiner indique ici à ses disciples qu’il faut enseigner aux élèves ces principes à travers l’histoire des sept premiers rois de Rome, dont chacun représenterait par sa biographie l’un des sept constituants.

Ce qui peut semer la confusion, c’est que Rudolf Steiner dit aussi « bien entendu sans enseigner une dogmatique anthroposophique ». Dans la même phrase, Steiner explique donc comment enseigner l’anthroposophie aux élèves Steiner-Waldorf, puis qu’il ne faut pas enseigner « une dogmatique anthroposophique ». Ce paradoxe s’explique lorsqu’on comprend qu’il voulait dire : n’enseignez pas aux élèves la terminologie anthroposophique, mais enseignez leur l’Histoire avec le prisme des idées de la doctrine anthroposophique. La phrase : « Naturellement, nous ne pourrons pas dire carrément que Romulus est le corps physique, etc. », illustre bien son projet qui consiste à enseigner aux élèves une interprétation des faits historiques à partir de la doctrine anthroposophique, sans toutefois exposer celle-ci.

C’est la raison pour laquelle, dans les écoles Steiner-Waldorf, les élèves ont le sentiment qu’on ne leur a pas enseigner l’anthroposophie : effectivement, on leur a fait voir le monde et l’Histoire à travers des lunettes anthroposophiques, mais sans jamais leur montrer les lunettes en question.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolus.

La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendu nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient.

Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Ils visent faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.

Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion et à la liberté d’expression.

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