Le Stockmeyer : enseigner une « Chimie humaine » aux élèves des écoles Steiner-Waldorf

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. A la page 242, dans le cadre des indications générales concernant l’enseignement de la Physique et de la Chimie dans les écoles Steiner-Waldorf, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues que les lois de la chimie organique qui règne dans le corps humain sont totalement différentes de celles qui règnent dans les corps des animaux, des végétaux et des minéraux :

« Le plan scolaire pour la chimie est donné pour la 12e suivante (1924-25), le 30 avril 1924: 12e classe: «Nous voulons considérer la chimie dans un lien le plus étroit possible avec l’homme. Chez nous, les élèves de 12e classe ont déjà la notion de processus organique et de processus inorganique. Il faudrait maintenant s’élever vraiment jusqu’aux processus qui ne se déroulent pas seulement chez l’animal, mais également chez l’homme; il faudrait parler sans réserve de la formation de la ptyaline, de la pepsine, de l’insuline et ainsi de suite. On devrait traiter les processus métalliques chez l’homme en en développant les principaux aspects, de sorte que les élèves comprennent ce que l’on peut entendre par processus plomb chez l’homme. Il faut montrer que toutes les substances et tous les processus sont totalement métamorphosés en l’homme. Pour la formation de la pepsine, il importe de partir encore une fois de la formation de l’acide chlorhydrique, en le considérant comme l’élément inanimé, et de considèrer la formation de pepsine comme ne pouvant avoir lieu qu’à l’intérieur du corps éthérique, avec même une action du corps astral. Ainsi, une destruction totale du processus, puis une reconstruction. Pour l’acide chlorhydrique, on part du processus inorganique, à partir de sel de cuisine ou par synthèse, et on décrit ses caractéristiques. Puis on essaie de montrer la différence avec ce qui se présente uniquement dans les corps organiques. Le couronnement de cela se situe dans la différence entre albumine végétale, albumine animale, albumine humaine, si bien que l’on a la notion d’albumine qui s’élève par degrés, la cause étant la structure différente du corps éthérique. Vous pouvez aussi partir de la différence et dire ceci: “Prenons le lion et la vache; nous avons chez le lion un processus beaucoup plus proche de la circulation que chez la vache, où tout le processus est plus proche de la digestion. Le lion va jusqu’à former le processus de digestion en lien avec la respiration, alors que c’est l’inverse chez la vache.” On donne ainsi vie aux processus. Il faudrait avoir une chimie inorganique, une chimie organique, une chimie animale et une chimie humaine. Quelques exemples pour les élèves : acide chlorhydrique – pepsine; jus de prunus spinosa et ptyaline. On pourra en tirer ce qu’il y a à dire. Ou bien le processus de métamorphose acide formique – acide oxalique.» On sera certainement frappé par l’apparition en 12e classe de quatre chimies différentes après que pour la 11e , la distinction entre chimie organique et chimie inorganique a été repoussée. Mais voici ce qui se manifeste par là: cette distinction «traditionnelle» rejetée rappelle encore la différence entre les processus chez les êtres vivants et ceux qui se produisent dans le domaine de ce qui est mort, minéral, mais elle est depuis longtemps réduite à une séparation entre chimie du carbone et chimie des autres éléments due à la spécialisation scientifique. Après avoir repoussé cette utilisation du mot «organique» qui avait perdu son sens, Steiner crée un espace pour donner à nouveau un sens réel à ce terme, aux côtés de «minérale», «animale», et «humaine». pour lui, «organique» désigne ainsi la chimie des processus se déroulant dans l’organisme, propres à ce qui vit. La distinction ancienne découlait des substances, selon qu’on les rencontrait à l’extérieur ou seulement à l’intérieur d’un organisme. Elle n’implique aucune différence dans la manière de considérer les choses. La nouvelle différenciation part du principe que les processus qui se déroulent d’une certaine manière dans le domaine minéral subissent une métamorphose spécifique dans l’organisme végétal, animal ou humain. » pages 242 et 243

Pour Rudolf Steiner, les lois de la Chimie sont donc spécifiques dans le corps humain. Cette notion entre en totale contradiction avec la science de la Chimie actuelle. C’est de l’Anthroposophie. Une chimie anthroposophique que les professeurs des écoles Steiner-Waldorf doivent enseigner à leurs élèves.

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Professeur de Philosophie
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