Le Stockmeyer : celui qui n’a pas appris à distinguer le seigle du froment n’est pas un homme complet

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. A la page 244, dans le cadre des indications générales concernant l’enseignement du Jardinage dans les écoles Steiner-Waldorf, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues en quoi cet apprentissage serait fondamental pour la nature humaine :

« Les paroles du cycle de Dornach en 1921-1922 (dixième conférence) sont les plus à même de faire comprendre l’intention de Steiner lorsqu’il introduit l’enseignement du jardinage, qui n’était pas prévu à l’origine, mais dont l’occasion est donnée par le grand et magnifique terrain qui constitue l’environnement immédiat de l’école. «Cela peut paraître grotesque, mais il faut toujours le répéter: un homme qui n’a pas appris à distinguer le seigle du froment n’est pas un homme complet. Et on peut même aller plus loin: un homme qui n’a appris qu’en ville à distinguer le seigle du froment d’après l’aspect de l’épi, les grains du seigle et du froment, n’a pas encore atteint l’idéal. Seul celui qui s’est tenu sur un sol où poussent du seigle et du froment et qui a appris sur place à distinguer le seigle du froment, seul celui-ci a réellement éprouvé ce qu’il faut. En tant que professeurs, nous devrions éviter d’aller botaniser et de venir ensuite dans la classe avec la boîte à botaniser et d’étaler les plantes. Nous devrions plutôt emmener les enfants à l’extérieur et si possible conduire réellement les enfants à la compréhension de ce qu’est une plante dans un lien réel avec la terre et les rayons du soleil et la vie. Par là nous pouvons trouver de façon toute simple la transition qui nous mène à une autre chose extraordinairement importante.» Ce qui suit montre comment on peut passer de la botanique à la géographie; on le lira dans le texte. Les phrases que nous citons maintenant veulent montrer comment, précisément pour les habitants des villes, le jardinage peut créer les conditions d’une «expérience juste» des plantes pour les enfants des villes. Ces phrases viennent avant les précédentes. «Il faut ressentir ce que signifie pour l’évolution de l’humanité le fait que depuis longtemps un grand nombre d’êtres humains ont été amenés à la ville, qu’ainsi une génération de la jeunesse citadine après l’autre grandit de façon telle –on peut l’apprendre de gens qui sont partis à la ville– qu’elle ne sait plus distinguer le seigle du froment.» pages 244 et 245

Il peut paraître utile et sympathique de pratiquer le jardinage à l’école. Mais il faut bien regarder l’idéologie qui se cache derrière cette pratique.

Pour Rudolf Steiner, certains apprentissages sont nécessaires à la nature humaine. Certaines connaissances également, comme les connaissances anthroposophiques.

Le présupposé idéologique de ce passage est que les citadins seraient des sortes d’êtres humains dénaturés. La pratique du jardinage aurait pour fonction de les rétablir dans leur humanité.

Pierre Rabhi n’est pas loin. D’autres idéologies réactionnaires du retour à la terre également.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolus.

La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendu nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient.

Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Ils visent faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.

Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion et à la liberté d’expression.

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