Le Stockmeyer : la religion peut remplacer le sport

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. À la page 306, dans le cadre des indications générales concernant la pratique du sport.dans les écoles Steiner-Waldorf, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues qu’autrefois les êtres humains n’avaient pas besoin de faire du sport car la religion produisait sur eux le même effet :

« Le cycle de Dornach en 1921-1922 représente un tournant particulièrement important pour tout le questionnement sur la gymnastique. Steiner en dira plus tard : «C’est lui qui vous renseignera sur ces choses.» Dans sa troisième conférence, il soulève un aspect inattendu, même effrayant, du sport, apparenté à l’éducation physique: «La religion a perdu la force intérieure qui jadis fortifiait le physique de l’homme. De là est venu l’instinct d’apporter cette force de l’extérieur. Et comme, dans la vie, toute chose a deux pôles, nous avons ici le fait suivant: ce que l’homme a perdu dans le domaine de la religion, il veut instinctivement se l’apporter du dehors. Bien entendu, je n’ai pas l’intention de faire tout un discours contre le sport, ni d’en discuter le bien-fondé; je suis, moi aussi, convaincu qu’il saura évoluer d’une manière saine. Mais à l’avenir, au lieu d’être, comme aujourd’hui, un ersatz de la religion, il occupera dans la vie humaine une autre place. De telles choses vous semblent paradoxales quand elles sont exprimées aujourd’hui. Mais c’est justement parce que, dans la civilisation moderne, nous avons donné dans tant de pièges que la vérité fait figure de paradoxe.» » page 306 et 307

Donc, autrefois, aller au culte et avoir une vie religieuse fortifiaient les muscles et avait le même effet que faire du sport…

Il suffit de voir les corps ventrus des moines et des abbés du Moyen-âge pour se convaincre à quel point Rudolf Steiner avait raison.

La foi inconditionnelle de Rudolf Steiner dans le pouvoir du spirituel sur le physique n’est pas seulement une négation de tout ce que la science peut dire à ce sujet, mais elle est également très dangereuse. Car avec ce genre de conception, il y a effectivement des adeptes de l’Anthroposophie et des professeurs Steiner-Waldorf qui pensent qu’ils peuvent remplacer la pratique sportive et l’activité physique par une vie spirituelle plus intense. Appliqué à l’éducation des enfants, c’est un véritable désastre.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolus.

La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendu nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient.

Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Ils visent faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.

Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion et à la liberté d’expression.

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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