Le Stockmeyer : les filles souffrent d’anémie quand elles sont séparées des garçons en cours de Gymnastique

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. À la page 309, dans le cadre des indications générales concernant la Gymnastique et l’Eurythmie dans les écoles Steiner-Waldorf, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues que le professeur de Gymnastique ne doit donner aucune indication et laisser les enfants jouer librement, mais également qu’il ne faut pas séparer les filles des garçons sous peine de les faire souffrir d’anémie :

« Et Steiner parle une nouvelle fois dans la quinzième conférence du même cycle du jeu libre des enfants et de la gymnastique: «Nous devons donc avoir soin, dans une éducation reposant sur la connaissance de l’homme, d’apprendre à saisir de quelle manière, dans le jeu, l’enfant veut s’activer librement. Tout ce que nous enseignons à l’enfant comme jeux ingénieux et stéréotypés, tout cela attelle l’enfant à une tâche qui lui est étrangère; cela étouffe ce qui en lui devrait être intérieurement actif. L’enfant devient progressivement, paresseux quant à sa propre activité intérieure et, comme ensuite on lui impose une activité extérieure, il se sent, au sein de cette activité, sans aucun intérêt. Pour se faire une idée de ces choses, on peut notamment observer que le jeu de l’enfant –où l’on tient compte en général de ce qui peut être dans les intentions de l’enfant–, que ce jeu libre de l’enfant, on en fait beaucoup trop de la gymnastique. Loin de moi, comme je l’ai dit, la pensée de vouer la gymnastique aux gémonies ! Néanmoins il faut bien dire qu’en général les exercices de gymnastique sont ainsi faits qu’ils s’adressent à l’enfant d’une manière plus ou moins extérieure. C’est pourquoi celui qui a une réelle connaissance de l’homme préférera voir les enfants s’activer librement, à leur façon, aux barres parallèles, à la barre fixe, aux échelles de corde, etc. plutôt que de voir le professeur les mener à la baguette et ordonner des mouvements auxquels l’enfant se plie davantage comme à quelque chose d’extérieur, qu’il regarde, que comme s’ils venaient de lui-même. Ce n’est pas tellement bon que le professeur commande un! deux! trois!et montre comment faire pour monter à l’échelle de corde –premier échelon, deuxième échelon, etc.– ou comment s’y prendre pour faire des exercices à la barre fixe ou aux barres parallèles, en imposant à son corps des formes stéréotypées. Le jeu libre! Voilà ce qu’on doit étudier! On doit apprendre à connaître l’enfant; alors on trouvera aussi la possibilité de l’inciter à ce jeu libre. Et ces jeux libres, les garçons et les filles doivent y rendre part ensemble. Ainsi, l’activité à laquelle participe l’intérieur de l’être quand l’enfant est actif à l’extérieur pourra-t-elle faire que toutes les fonctions internes entrent en action harmonieusement. Et l’on aura surtout une idée juste de quelque chose comme, disons, l’apparition chez les jeunes filles de l’anémie, de la chlorose qui, dans la plupart des cas, provient tout simplement du fait que les filles sont séparées des garçons, du fait que l’on trouve malséant qu’elles s’amusent et prennent part au jeu libre avec les garçons. Or, à quelques très légères différences près, dans le jeu libre, elles doivent faire exactement les mêmes choses que les garçons.» pages 309 et 310

Ce court passage – comme presque toutes les pages du Stockmeyer qui citent Rudolf Steiner – contient des affirmations délirantes et dangereuses pédagogiquement.

La première est que le professeur de Gymnastique ne doit pas diriger ni montrer quoi que ce soit en cours de Gymnastique. Pour l’avoir vécu, je peux dire que cette façon de procéder est responsable du fait que les élèves Steiner-Waldorf deviennent nuls en Gymnastique et n’ont aucun sens de l’effort. On a vraiment l’impression que Rudolf Steiner pensait aux enfants comme à des animaux qu’on mettrait dans une salle avec des cordes et des barres fixes et qui se mettraient spontanément à les utiliser comme des singes dans une cage.

Au contraire, appendre les bons mouvements et faire des efforts musculaires, entraîné par un professeur exigeant (sans être tyrannique et militaire), est fondamental en cours de gymnastique.

Ensuite, nous avons cette indication médicale totalement délirante de Rudolf Steiner sur l’origine de l’anemie chez les filles. Le problème est que les « Conseils » de Rudolf Steiner aux professeurs Steiner-Waldorf sont truffés de considérations médicales de ce genre et que les professeurs Steiner-Waldorf continuent d’y croire et de s’appuyer sur elles pour prendre leurs décisions.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolus.

La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendu nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient.

Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Ils visent faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.

Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion et à la liberté d’expression.

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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