Le Stockmeyer : on pense avec ses dents

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. À la page 350, dans le cadre des indications générales concernant les cours de dessin, de peinture et de modelage dans les écoles Steiner-Waldorf, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues.la relation entre la pensée et la dentition :

« La quatrième conférence du cycle d’Ilkley attire l’attention sur tout autre chose ; il faudrait également en tenir compte lorsqu’on s’intéresse au problème central du dessin et de la peinture: “Tournons nous vers l’homme. Nous voyons sa tête; dans la tête, la force de croissance des dents s’émancipe comme force de pensée, puis ce dont les dents n’ont plus à s’occuper directement parce que le corps éthérique s’en occupe est en quelque sorte poussé vers le bas, poussé vers la phonation parlée, si bien que les dents deviennent des aides pour la parole. Leur parenté avec le penser se montre encore.là. Lorsque nous comprenons comment les dentales s’insèrent dans tout le penser de l’homme, comment on prend là les dents comme auxiliaires, précisément lorsque l’homme introduit dans la langue avec le «d» et le «t» l’élément de pensée précise, l’élément de pensée définitive, alors nous voyons aux dentales que les dents ont encore une tâche précise*.» Ilkley 1923, quatrième conférence. » page 350

Nous avons ici un bel exemple de la manière dont les considérations pseudo médicales complètement farfelues de l’anthroposophie s’intègrent dans la pédagogie Steiner-Waldorf.

Pour Steiner, la pensée est une sorte de force spirituelle qui modèle d’abord l’organisme. Elle n’est en aucun cas liée au cerveau, qui n’en est que le réflecteur.

C’est selon lui la même force spirituelle qui se manifeste dans les trois activités humaines : marcher, parler, penser.

Cette force modèle tout d’abord les dents puis, une fois son travail accompli, elle descend dans le larynx pour donner naissance à la parole. Comme la dentition influe sur la prononciation des consonnes et que celles-ci expriment la pensée, c’est donc avec les dents qu’on pense.

Le lecteur remarquera quelle confusion règne dans les propos de Steiner. Tout est flou et confus lorsqu’il se livre aux considérations spiritualo-organiques dont il est coutumier. Le problème est que les pensées des pédagogues Steiner-Waldorf, à force de s’imprégner de ces indications, sont pétris de cette confusion. Et que c’est à des individus habités par cette confusion et ces idées de l’ordre du délire que l’on confie la scolarité des enfants dans les écoles Steiner-Waldorf.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolues.
La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendue nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient. Ils pourront également convaincre ceux qui le souhaitent du bien-fondé de cette pédagogie.
Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Nous sommes persuadés que la plupart ignorent ce qu’ils font aux enfants. Nos écrits visent simplement à faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.
Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants, ou les anthroposophes et leurs réseaux, ou leurs sympathisants, disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même parfois pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion, et à la liberté d’expression.

Publicités

A propos gperra

Professeur de Philosophie
Cet article, publié dans Extraits édifiants du Stockmeyer, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s