Le Stockmeyer : Introduire l’Anthroposophie dans les cours sans enseigner l’Anthroposophie

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. À la page 374, dans le cadre des indications générales concernant les cours de « travaux d’atelier » dans les écoles Steiner-Waldorf, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues qu’il faut introduire l’Anthroposophie sans enseigner l’Anthroposophie :

« Lors d’une rétrospective de la première année de travail de l’école, Steiner dit ceci: «Il faut s’efforcer, en évitant le plus possible d’enseigner théoriquement l’anthroposophie, de l’introduire pour qu’elle devienne partie intégrante de l’ensemble. Oui, il me semble qu’il y aura beaucoup d’anthroposophie si vous essayez (c’est un idéal) d’introduire dans le travail ce que l’on nomme rythme, si vous essayez de mettre le chant, la musique et l’eurythmie en relation avec les travaux manuels. Ceci exerce une action extraordinaire sur les enfants. Je vous recommande à ce sujet “Travail et rythme” de Karl Bücher. Ce livre devrait être là. Tout travail procédait de la musique pour moissonner, forger, carreler. Aujourd’hui, on ne l’entend presque plus. Si vous alliez autrefois dans la campagne vous entendiez manier le fléau en rythme. Je pense que nous pourrions obtenir cela à nouveau. C’est ce que je veux dire lorsque je dis qu’il faut à nouveau introduire de l’esprit. Vous en trouverez le principe dans ce livre, même si c’est de manière savante et prétentieuse*.» 23 juin 1920″ pages 374 et 375

Il y a des phrases de Steiner qui, jusque dans leur structure, révèle toute la confusion, toute la contradiction et toute duplicité qui habitaient l’esprit de cet homme : « Il faut s’efforcer, en évitant le plus possible d’enseigner théoriquement l’anthroposophie, de l’introduire pour qu’elle devienne partie intégrante de l’ensemble. »

Introduire l’Anthroposophie en cours sans l’enseigner théoriquement ? Comment serait-ce possible, puisque l’Anthroposophie est une conception du monde et une doctrine ?

C’est ainsi que pensent aujourd’hui encore les pédagogues Steiner-Waldorf à la suite de Steiner : ils savent qu’ils introduisent de l’anthroposophie dans leurs cours, mais n’ont pas l’impression d’endoctriner les élèves à l’Anthroposophie puisqu’ils ne l’enseignent pas théoriquement, c’est-à-dire qu’ils n’exposent pas ouvertement la doctrine de Rudolf Steiner aux enfants.

Il était difficile de créer une plus grande confusion dans l’esprit des adeptes. A moins que cette précaution « en évitant le plus possible d’enseigner théoriquement l’Anthroposophie », n’ait été qu’une formule malhonnête destinée à se dédouaner auprès du public et que Steiner avait parfaitement conscience que les écoles Steiner serviraient à enseigner l’Anthroposophie aux enfants ? On notera de toutes facons le terme « le plus possible », qui montre que Rudolf Steiner avait bien conscience que sa pédagogie ne pouvait éviter complètement de transmettre la doctrine anthroposophique aux élèves.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolues.
La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendue nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient. Ils pourront également convaincre ceux qui le souhaitent du bien-fondé de cette pédagogie.
Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Nous sommes persuadés que la plupart ignorent ce qu’ils font aux enfants. Nos écrits visent simplement à faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.
Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants, ou les anthroposophes et leurs réseaux, ou leurs sympathisants, disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même parfois pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion, et à la liberté d’expression.

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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