Le Stockmeyer : la religiosité du corps et l’omniprésence des images

Poursuivons notre lecture du Stockmeyer, le livre de base très secret de la pédagogie Steiner-Waldorf. À la page 382, dans le cadre des indications générales concernant le plan scolaire dans les écoles Steiner-Waldorf, Rudolf Steiner explique à ses disciples pédagogues qu’il faut considérer l’enfant comme un système respiratoire auquel il convient de s’adresser par le biais d’images :

« Si nous tenons compte du fait que pour l’essentiel l’enfant est un être qui imite, qu’en quelque sorte il est psychiquement un organe des sens adonné à son environnement dans une attitude de religiosité du corps, on aura pour l’essentiel, à cette période de la vie, donc jusqu’au changement de dentition, à veiller à ce que tout, dans son environnement, agisse sur lui de façon telle qu’il puisse l’assimiler dans le bon sens et l’élaborer intérieurement. C’est pourquoi il faudra avant tout veiller à ce que, en s’assimilant dans un sens juste ce que lui offre son milieu, l’enfant s’ouvre aussi toujours, par l’âme et par l’esprit, à la réalité morale; si bien que pour celui qui aborde le changement de dentition nous aurons déjà tout préparé de ce qui concerne les impulsions les plus importantes de la vie. Lorsque donc on amène l’enfant à l’école à peu près au moment du changement de dentition, on n’est pas en présence d’une page blanche, mais bien d’une feuille sur laquelle beaucoup de choses ont été écrites. Et au cours des considérations plutôt pédagogiques et didactiques auxquelles nous devons nous livrer maintenant, nous aurons à veiller non à lui enseigner quelque chose de tout à fait neuf pendant la période qui va du changement de dents à la puberté, mais à discerner partout les impulsions qui, pendant les sept premières années, auront pénétré en lui, et à leur donner l’orientation que la vie va ensuite exiger. C’est pourquoi il sera d’une si grande importance que l’enseignant, l’éducateur, soit capable, avec finesse, de discerner chez les enfants tous les élans et mouvements de la vie, qui sont déjà très forts lorsque l’éducateur les accueille à l’école. Et il lui faut diriger et guider ces élans ; il ne doit pas simplement prévoir: ceci est juste, ceci est faux, tu feras ceci, tu feras cela; il a pour tâche impérative de connaître les enfants et de suivre le cheminement de la vie qui les anime*.» Dornach 1923, quatrième conférence » pages 182 et 183

Rudolf Steiner distingue ici deux phases de l’enfance : de 0 à 7 ans, puis de 7 à 14 ans. La première phase est celle du développement du corps physique, la seconde du corps éthérique. Au cours de la première, l’éducateur doit essentiellement veiller à la qualité de l’environnement de l’enfant avec lequel entre en contact son corps physique. Au cours de la deuxieme phase, il s’agit de s’adresser au corps éthérique qui est un corps rythmique par le biais de l’élément musical et imagé.

Cette conception des choses explique comment on traite les enfants dans les écoles Steiner-Waldorf :

De 0 à 7 ans, tout le soin pédagogique est apporté à l’environnent extérieur de l’enfant : un beau jardin d’enfants avec une lumière tamisée par des voilages colorés, des jouets en bois etc.

De 7 à 14 ans une omniprésence des contes, des mythes et des récits imagés.

Le problème est que l’enfant est en quelque sorte éduqué ainsi de manière externe, comme un animal. On ne s’adresse jamais à sa raison. On confectionne pour lui un environnement certes joli, mais qui est considéré comme suffisant pour éduquer. Or en aucun cas une education du tout-petit enfant ne peut se faire par la qualité du cadre exterieur. Sinon ce n’est rien d’autre qu’une cage dorée où des êtres humains somnolent.

De même eduquer de 7 à 14 ans par les images est dangereux car cela hypertrophie la tendance à la rêverie planante.

NB : Les commentaires que nous faisons ici n’engagent que notre propre opinion, nourri de notre propre vécu et de nos réflexions sur les écoles Steiner-Waldorf : ils ne prétendent pas enoncer des vérités absolus.

La publication de larges extraits du Stockmeyer est rendu nécessaire par le fait que ce texte pourtant fondamental de la pédagogie Steiner-Waldorf est très peu connu alors que ce devrait être un droit des parents qui souhaitent mettre ou qui ont mis leurs enfants dans une école Steiner-Waldorf d’y avoir accès pour que leur choix puisse être éclairé. Il est également nécessaire d’en publier de longs passages en raison de fait que les représentants des écoles Steiner-Waldorf accusent facilement et à tort, y compris par le biais de procédures judiciaires ou lors de celles-ci, de decontextualiser ou de déformer les citations que nous faisons des écrits de Rudolf Steiner : de larges extraits montreront clairement toute la pensée de Steiner et tout le contexte dans laquelle certaines de ses affirmations plus que problématiques se déploient.

Nos écrits ne visent nullement à porter tort à qui que ce soit, ni aux personnes qui appartiennent au mouvement anthroposophique, ni aux professeurs qui enseignent dans les écoles Steiner-Waldorf, ni aux enfants et aux parents d’élèves de celles-ci. Ils visent faire toute la lumière sur des pratiques pédagogiques dont les fondements sont méconnus car cachés au grand public et dont les effets nous semblent relever de la dérive sectaire.

Les écoles Steiner-Waldorf et leurs représentants disposent de larges moyens de communication pour vanter les mérites de leurs pratiques ou pour contester leurs détracteurs, voire même pour les calomnier et les diffamer quand elles sont à cours d’arguments, comme c’est le cas actuellement pour moi, et comme ce fut le cas pour d’autres personnes dans le monde. Ce phénomène n’est pas nouveau et ne fait que révéler la nature de ceux qui ont recours à ces méthodes honteuses. Dans l’intérêt du public, nous entendons néanmoins faire-valoir notre droit à émettre notre opinion et à la liberté d’expression.

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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Un commentaire pour Le Stockmeyer : la religiosité du corps et l’omniprésence des images

  1. sigi dit :

    Le petit philosophe fou vient encore de délirer !! Au fait ton ami schadow ombre porte bien son nom !! L’ombre de l’ombre !!

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