La vraie position des anthroposophes sur le nucléaire civil

Lorsqu’ils interviennent dans les débats publics, sur twitter ou ailleurs, les anthroposophes affichent bien souvent des positions contre le nucléaire civil et pour la suppression des centrales. Ils déploient alors toutes sortes d’arguments semblables à ceux des écologistes, qui peuvent croire avoir ainsi des alliés épousant leurs propres convictions.

Ce que ne disent pas les anthroposophes quand ils s’opposent au nucléaire, c’est que pour eux l’industrie atomique libère prématurément les forces de la matière qui serviront à la Terre à se désintégrer pour passer dans le monde spirituel avant de se réincarner. En effet, la radioactivité existe pour eux seulement depuis la résurrection du Christ, qui a en quelque sorte lancé le processus de libération du spirituel par rapport à la matière en vue du moment où la Terre se désintégrera pour se réincarner plus tard sous la forme du Futur Jupiter. En effet, pour les anthroposophes, la Terre s’est déjà incarné quatre fois et le fera encore trois fois : Futur Jupiter, Futur Vénus, Futur Vulcain. Chaque fois, selon eux, la planète se désintègre, se réunit avec les autres planètes du système solaire et passe dans un état purement spirituel et atemporel appelé Pralaya.

Ce ne sont donc pas du tout des considérations écologiques et politiques qui animent les anthroposophes quand ils s’opposent au nucléaire, civil ou militaire, mais des considérations eschatologiques. Comme source concernant cette croyance des anthroposophes, vous avez notamment un vieil article de Raymond Burlotte dans la revue Triades des années 80, ainsi qu’un livre de Georg Blattman :

https://t.co/pXWrApxFJu

Ce n’est pas de l’écologie, c’est de l’anthroposophie. Ce ne serait que des croyances sans conséquences si les anthroposophes, qui sont très puissants parmi les Verts en Allemagne, n’avaient reussi à leur faire prendre la décision de l’abandon du nucléaire, qui a fini par être adoptée. De même, les anthroposophes détestent les accélérateurs de particules car, pour eux, c’est un lieu de « torture de la matière », comme me le disait l’éminent anthroposophe Raymond Burlotte. Si ils le pouvaient, ils feraient fermer ces lieux de recherche fondamentale anti-christiques.

Encore une fois, les anthroposophes interviennent donc dans le débat public sans jouer cartes sur tables, sans révéler les croyances sur lesquelles leurs propos ou leurs actes s’appuient, dans une logique de dissimulation si forte qu’elle est devenue leur seconde nature.

Ce n’est bien sûr pas parce que les anthroposophes s’opposent au nucléaire que celui-ci serait une bonne chose, ni l’inverse. Ce qui est problématique, c’est qu’une croyance ésotérique, en raison de la manière dont les anthroposophes la font intervenir dans le débat public en la dissimulant, finit par orienter les politiques publiques au niveau européen. Il est temps que les nations européennes prennent conscience de la puissance de l’Anthroposophie au sein de leurs instances.

Grégoire Perra

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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