Les fêtes dans les écoles Steiner-Waldorf

Les écoles Steiner-Waldorf célèbrent un grand nombre de fêtes qui jalonnent le cours de l’année, comme autant d’étapes d’un parcours dont la signification n’est jamais complètement ni clairement expliquée aux parents ni aux enfants.

Or, un document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France intitulé « Les fêtes au jardin d’enfant Steiner Waldorf » nous à été remis dernièrement par l’un des membres de cette organisation, en échange d’une totale confidentialité concernant son identité. En effet, au sein de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, certains semblent ne plus être d’accord avec la stratégie décidée par les instances consistant à me faire des procès et à me diffamer pour protéger un secret de plus en plus mal gardé. Ces personnes se plaindraient même de ce que certains, comme Pierre Bercut ou Nicolas Tavernier, aveuglées par la haine qu’ils me portent et suffisamment arrogants pour croire en la toute puissance de leur intelligence, déblatèrent de manière interminable lors des réunions, sans laisser d’autres point de vue s’exprimer, ne respectant plus vraiment le principe de collégialité lors des processus de décisions, engageant les écoles Steiner-Waldorf dans une stratégie jusqu’au-boutiste qui est déjà en train de se retourner contre elles. Pour eux, mieux vaudrait à présent faire amende honorable en stoppant les procédures en cours et en décidant d’opter pour une plus grande franchise à l’égard des liens de la pédagogie Steiner-Waldorf avec la doctrine et les croyances de l’Anthroposophie, ce qui permettrait peut-être d’en sauver quelque chose, plutôt que de s’arquebouter à tenter de continuer à tout faire pour la dissimuler, sachant que cette haine attisée contre moi risque fort d’avoir un jour des effets funestes dont la pédagogie Steiner-Waldorf sera tenue responsable à jamais. Mais elles se heurteraint à des personnes rigides et bornées, confortées par un conseil juridique se sentant personnellement humilié par son échec.

Qu’importe cependant leurs motivations. Ce qui compte, c’est que ce document qui nous a été remis va nous permettre de lever le voile sur ces « fêtes », qui sont en réalité des cultes déguisés servant à répandre subrepticement les contenus de la doctrine anthroposophique. Ce document décrit en effet, une à une, ces différentes fêtes et laisse entendre leur contenu ésotérique. Nous n’avons plus qu’à développer les sous-entendus implicites du texte à partir de notre connaissance de l’anthroposophie de Rudolf Steiner. Nous verrons ainsi que les fêtes du cycle scolaire Steiner-Waldorf dessinent un parcours de vénération pour le Grand Esprit du Soleil, ou Ahoura Mazdao, divinité que Rudolf Steiner associe au Christ dans sa Science de l’Occulte.

La Fête des moissons

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf dit ceci à propos de cette première fête qui jalonne le cours de l’année scolaire dans les écoles Steiner-Waldorf :

« L’été a vu murir céréales, fruits et légumes. La rentrée est le temps de récolter tous les dons de la nature et d’éprouver de la gratitude pour sa générosité. Nous invitons les parents à la fête des moissons qui célèbre le blé : ronde des moissons. Les enfants ont égrainé les épis, moulu les grains et confectionné un pain avec la farine obtenue qu’ils offrent aux parents. Nous avons préparé une soupe de légumes. Des corbeilles de fruits ou des compotes sont aussi sur la table pour offrir un déjeuner aux parents.

La gratitude envers la nature est aussi présente chaque jour, dans notre rituel avant de déjeuner :

Terre qui a fait venir le grain
Soleil qui a fait murir le grain
Oh Soleil et Terre aimés
Jamais je ne vous oublierai. »

Nous voyons ici se déployer, dans le champs lexical choisi pour décrire cette fête, l’une des croyances majeures de la doctrine anthroposophique : la planète Terre serait un organisme vivant flottant dans l’espace, une sorte d’entité cosmique matricielle qui offre avec « générosité » à sa progéniture des « dons », sous forme de récoltes. Nous avons ici une personnification et une déification de notre planète, idée chère aux anthroposophes que l’on veut transmettre aux enfants et aux parents. Pour Rudolf Steiner, la Terre est en effet une sorte de tétraèdre qui n’orbite pas autour du Soleil mais le suit, en décrivant des hemniscates. Elle est devenue, depuis l’an 33, le réceptacle de la sublime entité solaire que l’on peut appeler Christ, ou Ahura Mazdao. Elle se réincarne et retournera, grâce aux forces destructrice de la radioactivité, dans un état purement spirituel appelé Pralaya, avant de revenir sous la forme du Futur Jupiter, puis de la Future Venus et du Futur Vulcain.

Cette union mystique entre la Terre et le Grand Esprit Solaire est signifiée aux enfants à travers le poème qui leur est récité au début de chaque repas :

« Terre qui a fait venir le grain
Soleil qui a fait murir le grain
Oh Soleil et Terre aimés
Jamais je ne vous oublierai. »

La fête de la Saint Mickaël

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf se poursuit avec la description de la fête de la Saint Mickaël (normalement appelée Saint Michel en France, mais les pédagogues Steiner-Waldorf sont germanisant et considèrent le Français comme une langue décadente rendant l’âme humaine superficielle) :

« C’est l’équinoxe : la lumière et la chaleur commencent à décliner , nous basculons vers la période de froid et d’obscurité. Affronter ces éléments nous demande du courage. Moins tournés vers l’extérieur ce temps est plus propice à une intériorisation. Nous puisons dans nos propre ressources pour ne pas décliner avec la nature et trouver une attitude intérieure de courage.

L’histoire de Saint Mickaël, dite la légende dorée, raconte aux enfants cette notion :

Grâce aux forces de St Mickaël, un chevalier affronte un terrible dragon pour sauver la princesse et délivrer les habitants de sa menace. Le dragon n’est pas tué mais se soumet.

Cette histoire permet de toucher l’imaginaire des enfants sans leur donner d’explications logiques ou morales. Une image peut grandir et se transformer au fil de l’évolution de l’enfant. Réagir à un conflit sans faire appel aux forces physiques mais en exprimant sa position par des mots est aussi un apprentissage de toute la période du jardin d’enfant et au-delà. »

L’archange Mickaël est une entité majeure de la doctrine cosmologique et ésotérique des anthroposophes. Leurs mantras contiennent des invocations spécifiques à cette sublime divinité. Il s’agit en effet d’un être de la hiérarchie des Archanges qui s’est récemment élevé jusqu’au grade supérieur des Archées, passant ainsi d’ « esprit d’un peuple » à « esprit d’une époque », ou « esprit d’une période de temps de l’humanité ». Mickaël est donc à la fois le bon esprit du peuple allemand et le guide de toute l’humanité, idée exprimant le pangermanisme et le nationalisme chauvin de Rudolf Steiner. Pour la doctrine anthroposophique, une série de sept archanges supérieurs inspirent en effet, chacun à leur tour, l’ensemble de l’humanité pendant une période de quelques siècles. Nous serions, depuis 1879, dans l’ère de l’archange Mickaël. Lors de son précédent règne, il aurait inspiré Alexandre le Grand, qui était la réincarnation de l’une des maîtresses de Rudolf Steiner : Ita Wegmann, fondatrice de la médecine anthroposophique.

Dans les écoles Steiner-Waldorf, Mickaël est également l’entité auxquels doivent se relier les enfants pour détacher leurs âmes du cours du devenir de la Nature entrant dans l’obscurité de l’hiver à venir, au moment de l’équinoxe d’automne, afin de ne pas succomber aux forces du matérialisme et du désespoir insufflées par le démon Ahriman. Celui-ci est représenté par un dragon. Je renvoie le lecteur à la description précise de cette fête déjà produite sur mon blog.

La fête de la Saint Martin

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf se poursuit par la description de la fête suivante, la Saint Martin :

« C’est la période de la ronde de l’endormissement : préparer la terre au repos et accompagner les animaux vers l’hibernation. La nature plonge dans le sommeil, les arbres sont dénudés, il faut affronter le vent et la pluie. Les forces recueillies à la St Mickaël doivent être entretenues, aussi nous nous rassemblons dans la pénombre de la nuit et marchons en chantant à la lueur de nos lanternes symbole de notre petite flamme intérieure.

La légende de Saint Martin qui partage son manteau avec le mendiant est l’image de ce partage fraternel et symbolise la compassion.
Au jardin d’enfant, les enfants sont parfois accueillis à la lumière d’une petite bougie afin de se relier à l’ambiance de la saison. L’obscurité peut aussi favoriser une atmosphère plus calme. »

Les enfants sont donc invités à percevoir en Saint Martin une sorte de prolongement de l’entité de Mickaël, mais unie à présent à celle du Christ, opérant ainsi une jonction entre la force du courage et celle de l’amour. L’Archange Mickaël s’unit ici à l’entité solaire du Christ, dont la naissance sur la Terre s’annonce prophetiquement à travers le sentiment de la compassion. En partageant son manteau pour en donner la moitié à un mendiant, Saint Martin est l’image de l’être humain devenant un réceptacle de cette union macrocosmique. Lorsque les anthroposophes prient ou invoquent leur plus haute divinité, ils parlent volontiers de Mickaël-Christ. C’est donc cette fusion de ces deux entités qui est l’arrière-fond que les pédagogues Steiner-Waldorf veulent inculquer aux enfants à travers cette fête. Celle des lanternes, non évoquée dans ce document de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf, procède de la même logique.

La fête de l’Avent

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf poursuit sa description des fêtes en enchaînant avec la Fête de l’Avent :

« L’avent est la période d’attente de la fête de Noël, traditionnellement une période de recueil, de jeûne avant le partage du repas du réveillon et le déploiement de lumières et de cadeaux. Vivre l’atmosphère d’obscurité des matinées et des soirées qui précède cette fête, permet d’accéder à un calme intérieur, une atmosphère d’apaisement. Noël, c’est dans la tradition chrétienne la célébration du miracle de l’incarnation. Cela peut être l’occasion aujourd’hui pour chaque enfant de revivre la magie de la naissance, le mystère de la vie. La période de l’avent comme l’attente de la naissance et la célébration de la maternité à travers l’histoire de Marie comme principe féminin. »

Cette fête s’étale sur quatre semaines. Une couronne de sapin est posée sur le bureau du professeur et, chaque matin, les bougies en sont allumées, à tour de rôle : une seule pour la première semaine, deux pour la deuxième semaine, trois pour la troisième semaine et les quatre bougies allumées ensembles pour la quatrième et dernière semaine. Chaque matin, pendant un temps qui peut durer entre une demi-heure à deux heures (la durée du cours principal), la salle de classe est plongée dans l’obscurité, afin de faire ressentir aux enfants ces forces maléfiques des ténèbres qui enchaînent leurs âmes à ce qui est terrestre. Il s’agit de susciter chez eux, comme le dit le document, une situation d’attente pénible (mal voir et devoir travailler dans l’obscurité chaque matin pendant presque un mois est assez désagréable en effet) afin que l’espoir d’une délivrance par l’arrivée de la lumière naisse spontanément chez l’enfant. Cette venue progressive de la lumière correspond à celle du Christ cosmique, qui est la Lumière du Monde, ou plus exactement la lumière spirituelle universelle, le grand être solaire, Ahura Mazdao. Il ne s’agit donc pas d’une fête chrétienne traditionnelle, mais d’une fête anthroposophique, dans laquelle a été injectée la doctrine de Rudolf Steiner.

Le Rituel de la spirale de l’avent

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf poursuit sa description des fêtes avec ce rituel très particulier, inventé de toutes pièces par Rudolf Steiner :

« Pour commencer cette période, une grande spirale de branchage de sapin est disposée au sol avec une grande bougie centrale. Chaque enfant chemine avec une petite bougie jusqu’à la grande bougie comme pour cheminer jusqu’à son être profond, c’est un retour à soi, à sa petite maison. Chacun leur tour, les enfants allument leur petite bougie à la grande flamme et les déposent sur la spirale. Progressivement le dessin d’une spirale de lumière apparaît. Notre petite flamme intérieure rayonne autour de nous vers l’extérieur dans un mouvement commun. »

A travers deux articles sur notre blog, nous avons longuement décrit ce rituel de la Spirale de l’Avent et sa signification anthroposophique. Il est intéressant de voir que ce document interne de la Fédération confirme notre interprétation, en écrivant que la rencontre de l’enfant avec la grande bougie centrale représente la rencontre avec son « moi », son « être profond ». Cet être profond de chaque enfant est le Christ cosmique, archétype de tout les « Mois » humains.

La fête de la Saint Nicolas

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf se poursuit par la description de la dernière fête avant Noël, la Saint Nicolas :

« Saint Nicolas vint au secours d’un peuple souffrant d’une grande famine. Il leur apporta des présents des pays orientaux comme des oranges et des épices. Il symbolise la sagesse et la générosité.

Noël (n’est pas fêté à l’école)
Fête du réveillon dans la richesse, le déploiement de lumière et le partage de cadeaux avec une place et un geste de générosité pour les nécessiteux. »

Rudolf Steiner voulait remédier au fait que la fête de Noël ne soit pas fêtée dans les écoles Steiner-Waldorf en raison des vacances scolaires. Pour cela, il préconisa de célébrer la Saint Nicolas, en y injectant la signification de l’ésotérisme anthroposophique concernant la fête de Noël. Pour les anthroposophes, Noël signifie en effet l’incarnation sur la Terre de deux enfants Jésus, qui ont fusionné à l’âge de 12 ans. Le premier est l’incarnation sur la Terre pour la première fois de Adam Kadmon, une âme vierge et pure qui n’a pas été affectée par l’influence luciférienne. La deuxième est la réincarnation de l’âme pleine de sagesse du grand Zarathoustra.

Quand Saint Nicolas apporte des oranges et des épices venues d’Orient, cela signifie qu’il apporte la sagesse orientale liée à l’âme de Zarathoustra. L’orange est un fruit solaire : Zarathoustra était le grand prêtre d’Ahoura Mazdao, l’esprit de la lumière solaire. La générosité de Saint Nicolas envers le peuple dans une situation de famine est une métaphore de la détresse de l’humanité toute entière, qui a faim de spiritualité, mais ne peut se nourrir car la tentation luciférienne et ahrimanienne lui a fermé l’accès des mondes suprasensibles.

La fête de l’Épiphanie

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf poursuit ensuite sa description des fêtes scolaires annuelles dans les écoles Steiner-Waldorf par la fête de l’Épiphanie. Cette fête est généralement célébrée sous la forme d’une pièce de théâtre, jouée devant toute l’école par les professeurs Steiner-Waldorf eux-mêmes :

« Les rois symbolisent la sagesse, l’accomplissement et la maturité, ils rayonnent intérieurement. Les rois mages viennent rendre hommage à un enfant, ils se prosterne avec humilité devant la lumière qu’un enfant dégage comme miracle de la vie. »

Les trois rois mages représentent dans cette pièce les trois parties de l’âme humaine selon l’Anthroposophie : pensée, sentiment et volonté. Gaspard est le roi de la pensée. Il apporte l’or, symbole de la sagesse. Melchior est le roi du sentiment. Il apporte l’encens, symbole d’un sentiment pur devenant prière. Balthazar est le roi de la volonté. Il aporte la myrrhe, symbole d’une volonté purifiée. Ainsi, cette représentation théâtrale a pour fonction de montrer aux élèves et à leurs parents comment les trois forces de l’âme humaine, selon la tripartition de Rudolf Steiner, doivent se métamorphoser pour aller à la rencontre du Christ, le Fils de Dieu qui commence à s’incarner sur la Terre à cette époque de l’année.

Le Carnaval

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf poursuit sa description en évoquant le Carnaval :

« C’est l’occasion de devenir quelqu’un d’autre de s’extérioriser. L’enfant du jardin d’enfant joue quotidiennement de multiples rôles et cette fête est plus à l’honneur à partir des petites classes. »

Pour l’Anthroposophie, l’âme doit suivre, au jour près, le calendrier de la Nature et éprouver des sentiments conformes à ce qui se passe autour d’elle au niveau des saisons. Les anthroposophes méditent en effet régulièrement les strophes de Calendrier de l’âme, un recueil de strophes mantriques qui, toutes les deux semaines, donne des indications sur ce qu’il convient de penser et de ressentir. Précisons que ce recueil est totalement obscur et confus, mais les anthroposophes le vénèrent d’autant plus. Rudolf Steiner envisageait de le faire réciter chaque matin aux élèves de la première école Steiner de Stuttgart, mais y a renoncé pour ne pas rendre trop visible son endoctrinement des élèves.

Ici, nous voyons comment les anthroposophes veulent imposer aux enfants des écoles Steiner-Waldorf la même logique que leur pratique ritualisée centrée sur le Calendrier de l’âme. En effet, l’époque du Carnaval correspond aux prémices du printemps : de même que la végétation sort de terre, l’âme humaine doit maintenant s’extérioriser, aller vers le dehors.

Notons ici une conception toute particulière aux anthroposophes de la notion de personnalité. En effet, les anthroposohes distinguent la personnalité, l’âme et le Moi. La personnalité est extérieure, terrestre. Elle est semblable à un vêtement, un déguisement. Chaque fois que l’on s’incarne sur la Terre, tout les 800 ans environ, nous prenons le vêtement d’une nouvelle personnalité. L’âme est située entre l’éphémère de la personnalité et l’intemporel du Moi. Elle se constitue progressivement dans le monde spirituel avant notre naissance et notre conception, lorsque nous descendons vers la Terre à partir de Saturne en faisant des étapes sur chacune des planètes du système solaire, dont la dernière du parcours céleste est la Lune. Mais elle se dissout progressivement après notre mort, pour que le Moi se retrouve entièrement pur et dénudé lorsqu’il quitte la sphère de Saturne, pour séjourner un temps parmi les étoiles. Le Moi est donc la seule partie intemporelle de notre être. La fête du Carnaval a pour fonction, dans les écoles Steiner-Waldorf, de faire ressentir aux élèves que leur personnalité est un élément éphémère et transitoire.

La fête de la Chandeleur

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf se poursuit par le descriptif de la fête de la Chandeleur :

« Nous basculons vers les jours plus longs et faisons sauter les crêpes dans la poêle en cette chaleureuse occasion. »

Là encore, nous voyons qu’il s’agit de faire correspondre le vécu intérieur de l’enfant avec ce qui a lieu dans la Nature au cours de l’année. Les jours rallongent : on fait sauter les crêpes. L’élévation de la crêpe qui saute de la poêle correspond au disque solaire montant plus haut dans le ciel. Même lorsqu’ils cuisinent, les pédagogues Steiner-Waldorf célèbrent donc sans le dire un culte avec les enfants.

La fête de Pâques

Le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf se poursuit ensuite par la fête de Pâques :

« C’est l’équinoxe de printemps, l’éveil de la nature en ronde et en chants. »

Dans les écoles Steiner-Waldorf, on célèbre Paques par des rondes et des chants. Il s’agit de faire comprendre aux enfants que la grande entité cosmique du Soleil s’est à présent liée à la Terre grâce au sacrifice du Golgotha. Pour souligner ce lien entre Jésus et le Grand Esprit Solaire, le professeur de classe peut demander à ses élèves de venir assister au lever du soleil le jour de Pâques, si celui-ci ne tombe pas pendant les vacances scolaire. Il ne donnera aucune explication, mais fera montre de sa vénération face à l’astre d’or. Une autre solution pour leur faire comprendre ce lien sera la traditionnelle chasse aux œufs. Sauf que ceux-ci seront de vrais oeufs, non comestibles, peints pour l’occasion avec des symboles solaires et assortis d’un discours signifiant que ces œufs, que l’on retrouve dans la verdure, symbolise les germes d’une nouvelle vie de la Nature, qui deviennent perceptibles précisément à l’époque de Pâques.

La fête de la Saint Jean

Malheureusement, le document interne de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf ne décrit pas cette dernière fête de l’année scolaire Steiner-Waldorf, un gros coup de flemme semblant s’être soudainement abattu sur le rédacteur ou la rédactrice. Qu’à cela ne tienne, je suis tout à fait en mesure de rendre service et de suppléer à cette défaillance, comprenant très bien que les membres du Bureau de la Fédération soient trop occupés en ce moment à fomenter contre moi des procès et des campagnes de diffamation, ou à chercher à se renseigner sur ma vie privée et professionnelle par tout les moyens possibles en s’imaginant être suffisamment discrets pendant l’opération. Voici donc le texte que généreusement je leur propose :

« C’est le solstice d’été. La durée du jour atteint son point culminant dans l’année. L’âme se sent aspirée vers les hauteurs par la lumière. La communauté scolaire se réunit un soir autour du grand feu de la Saint Jean pour accompagner en esprit la flamme montante qui projette ses étincelles vers les étoiles. Les enfants sautent joyeusement au-dessus du feu, s’arrachant à la pesanteur terrestre, tandis que le professeur clame d’une voix solennelle : ô flamme, monte ! »

Pour les anthroposophes, l’Archange de l’Été se nomme Uriel. Il préside à ce mouvement ascendant de l’âme humaine vers le monde spirituel à cette époque de l’année. Il s’agit cette fois de faire la rencontre avec le Grand Esprit Solaire dans sa nature purement cosmique, avant sa descente et son incarnation au sein de la Terre. En effet, les anthroposophes considèrent comme un risque majeur pour l’humanité que le caractère cosmique du Christ ne soit plus perçu et qu’on réduise celui-ci au seul personnage historique de Jésus de Nazareth. La fête de la Saint Jean a pour fonction de contrebalancer ce regard trop tourné vers ce qui est terrestre. À ce sujet, il faut savoir que le Goetheanum, le centre névralgique mondial de la Société Anthroposophique Universelle, devait initialement s’appeler « La Maison de Jean », signifiant que le cœur de la mission de l’Anthroposophie était fondamentalement en lien avec cette fête de la Saint Jean.

La fête de la Pentecôte

Il faudrait aussi dire quelques mots de la fête de la Pentecôte, qui est centrale pour les anthroposophes, puisqu’elle célèbre l’Esprit. Or l’Anthroposophie se définit comme Science de l’Esprit. Dans la Communauté des Chrétiens – une annexe cultuelle des anthroposophes – cette fête est célébrée pendant trois jours, montrant ainsi son importance aux yeux de Rudolf Steiner. À ma connaissance, elle est pourtant discrète au sein des écoles Steiner-Waldorf et apparaît plutôt dans les Grandes Classes (Lycée), sous forme d’exercices et de jeux de l’esprit consistant à résoudre des énigmes.

La fête du Saint Esprit (Pentecôte) est liée, pour les anthroposophes, au livre de Rudolf Steiner intitulé Philosophie de la Liberté. Le fondateur de l’Anthroposophie disait modestement de cet ouvrage qu’il serait encore d’actualité dans quelques centaines de milliers d’années. À l’occasion de la Pentecôte, il n’est donc pas rare que les pédagogues Steiner-Waldorf parlent à leurs élèves de ce livre, ou bien en développent certaines des idées sans mentionner le titre ni l’auteur, lorsqu’ils ne veulent pas se faire prendre en flagrant délit de prosélytisme anthroposophique. En effet, dans les écoles Steiner-Waldorf, certains cours deviennent des sermons qui ne disent pas leur noms, servant de moments opportuns pour développer certaines idées pseudos-philosophiques de Rudolf Steiner. Les idées contenues dans Philosophie de la Liberté étant considérées comme les plus spirituelles qui soient, celles-ci sont donc exposées solennellement aux élèves au moment de la Fête de Pentecôte.

Conclusion

Un simple examen du calendrier scolaire montre l’omniprésence des fêtes dans le curriculum Steiner-Waldorf : au minimum une fois par mois. Sachant que celles-ci doivent être préparées en amont, on réalise le temps pris sur les cours et l’apprentissage des connaissances proprement dits. D’autant qu’il faut également ajouter les fêtes de trimestres, la kermesse, les journées portes ouvertes, la fête de la rentrée, la « cérémonie de l’arc en ciel » lors de chaque anniversaire, etc. En tenant compte aussi du fait qu’une journée Steiner-Waldorf est encore ponctuée de petits rituels comme « les paroles », la « table de saisons », les « chants », les « contines », les « bénédicités avant les repas », et les quantités de bougies allumées et éteintes à chaque occasion imaginable, nous avons une vie scolaire qui est presque plus ritualisée que celle d’un monastère.

De plus, comme nous l’avons vu dans cet article, chacune de ces fêtes sont connectées à des contenus ésotériques de la doctrine anthroposophique. Ce qui me conduit à conclure qu’on ne peut pas parler ici d’écoles ni de pédagogie, mais de « monastères anthroposohiques pour enfants « , qui ne disent pas leurs noms.

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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