Le Coronavirus selon l’Anthroposophie

La situation mondiale actuelle de pandémie du Coronavirus invite à s’interroger sur la conception qu’ont les anthroposophes et leur médecine de cette maladie, ainsi que la manière d’agir que ces derniers vont adopter dans ces circonstances dramatiques. Pour nous faire une idée claire de la conception anthroposophique du COVID-19, nous pouvons à la fois nous référer aux écrits de Steiner traitant de la question des épidémies, mais également aux publications plus récentes de ses successeurs sur ce sujet précis, y compris celle abordant spécifiquement le sujet du Coronavirus.

Compte-tenu de l’importance de la dissémination de la communauté anthroposophique en France et dans le monde, il est crucial de pouvoir comprendre sa probable manière de considérer l’épidémie et d’y réagir, car cela peut avoir des conséquences pour tous.

Nous nous appuierons, pour la première partie de cet article, sur le remarquable travail de recherche de Roger Rawlings, autre critique de l’Anthroposophie et de la pédagogie Steiner-Waldorf (https://sites.google.com/site/waldorfwatchnews/). Puis, dans une deuxième partie, nous citerons et commenterons des écrits récents issus de l’Anthroposophie.

La conception anthroposophique des épidémies

Rudolf Steiner s’est exprimé à plusieurs reprises au sujet des épidémies, qui étaient fréquentes à son époque, pour leur trouver des explications spirituelles.
Selon lui, les maladies seraient bénéfiques pour nous, car elles nous aideraient à accomplir notre karma. [Lire Rudolf Steiner, Manifestations du Karma]. Ainsi, quelqu’un qui aurait commis certaines erreurs au cours d’une vie antérieure peut avoir à subir des maladies au cours de cette existence, afin de compenser ses actes passés [Rudolf Steiner, Réincarnation et Karma, conférence 1, GA 135]. De ce fait, si nous empêchons un malade de vivre pleinement une maladie dont il doit souffrir pour son évolution spirituelle, nous pouvons le condamner à subir la même maladie – ou quelque chose de pire – lors d’une incarnation ultérieure. C’est pourquoi Steiner a déclaré que vacciner quelqu’un contre la variole pouvait avoir des répercussions karmiques désastreuses :

« Quand nous vaccinons quelqu’un atteint par la variole, nous accomplissons simplement quelque chose pour laquelle la personne en question devra en quelque sorte produire une situation similaire dans une incarnation ultérieure. Si nous détruisons la sensibilité à la variole, nous nous concentrons uniquement sur le côté extérieur de l’activité karmique. » Rudolf Steiner, Manifestations du karma

Ainsi le côté intérieur du karma – c’est-a-dire le besoin profond et spirituel de purifier son destin – ne sera pas satisfait. Cependant, Steiner a également reconnu qu’il est parfois nécessaire d’interférer avec le karma et que la prévention et la guérison des maladies peuvent s’avérer nécessaires… tout en avertissant du fait que ne pas respecter le karma pouvait s’avérer désastreux. Cette position ambigüe se traduit bien souvent, dans la pratique, par une volonté des anthroposophes de ne pas empêcher qui que ce soit de tomber malade, y compris par des mesures de préventions, mais de le soigner une fois la maladie déclarée, avec autant que possible des remèdes de la pharmacopée de la médecine anthroposophique.

Nous avons voulu tomber malade…

En effet, une conception anthroposophique centrale au sujet de la maladie consiste à dire que les patients ont voulu tomber malade de telle ou telle maladie dont ils sont victimes ! Et pas seulement les maladies, mais également tout les accidents susceptibles d’affecter notre santé et notre vie. Afin d’illustrer ce concept, Rudolf Steiner donne l’exemple de ceux qui en viennent à mourir parce qu’ils se sont malencontreusement retrouvés à proximité d’un volcan en éruption ou dans une zone dévastée par un tremblement de terre au cours de leurs voyages. Leurs morts tragiques prématurées avaient été en quelque sorte inconsciemment voulues par ces derniers, car ils savaient qu’elles purifieraient leurs âmes et leur permettraient d’atteindre un niveau d’existence plus élevé dans une vie future :

« Nous voyons des groupes d’âmes humaines dans leur descente de l’existence pré-terrestre vers l’existence terrestre se promenant dans des régions situées, par exemple, à proximité de volcans… Ces endroits sont délibérément choisis par ces âmes ainsi connectés karmiquement, afin qu’elles puissent expérimenter ce destin… Elles se disent : « Je choisis de vivre un grand désastre sur terre pour devenir plus parfait… » Rudolf Steiner, Les relations karmiques.

Ce principe de choix de ce qui va nous faire mourir pour nous purifier karmiquement s’applique également à la maladie. Selon l’Anthroposophie, subir une épidémie peut être une bonne chose pour nous :

« La flambée d’une épidémie produit quelque chose que nous recherchons afin de compenser autre chose… Nous sommes conduits dans certaines conditions où nous pouvons subir des dommages. Mais en surmontant cette épreuve, nous deviendrons plus parfaits. » Rudolf Steiner, Manifestations du karma.

Quand on veut critiquer la médecine anthroposophique, il n’est pas judicieux de la caricaturer ou de lui faire dire ce qu’elle n’a pas dit. Ce qu’elle déclare suffit à mon sens pour la discréditer. Steiner ne s’est par exemple pas opposé à toutes les interventions médicales. Il n’a pas dit non plus que toutes les maladies devaient être accueillies et endurées stoïquement. Mais il a enseigné que les calamités apparentes, comme les épidémies, peuvent être de véritables bénédictions. Selon lui, être victime d’une épidémie peut correspondre à ce dont vous avez besoin. De ce fait, les épidémies sont à la fois une question de karma, mais aussi d’influences célestes. Car la volonté des dieux se manifesteraient dans les motifs des constellations au-dessus de nous. Par exemple, pour savoir quoi faire face à une épidémie, il faudra consulter les constellations du Zodiaque :

« Nous devons nous demander dans quelle constellation vivions-nous lorsque, dans les années 90 [c’est-à-dire dans les années 1890], l’épidémie actuelle de grippe est apparue sous sa forme bénigne? Et dans quelle constellation cosmique vivons-nous actuellement ? En vertu de quel rythme cosmique l’épidémie de grippe des années 90 apparaît-elle aujourd’hui sous une forme plus aiguë ? » Rudolf Steiner, Symptômes dans l’Histoire.

Ainsi, si nous voulons comprendre notre situation actuelle et savoir comment réagir, nous devrions selon l’Anthroposophie étudier les étoiles.
Toutefois, nous devons également considérer les influences malveillantes des démons :

« Avec les mourants des pires parties de la population ancienne dont j’ai parlé [en Asie], toute la région s’est progressivement remplie d’êtres démoniaques… Leur influence est mieux visible à l’époque des grandes migrations, lorsque de grandes masses humaines, notamment Attila et ses hordes, sont venues d’Asie et ont provoqué une grande terreur parmi les peuples d’Europe. Cette terreur a rendu la population vulnérable aux influences des êtres démoniaques… En conséquence, sous l’influence de la terreur inspirée par les hordes venant d’Asie, il s’est progressivement développé ce qui s’est manifesté au Moyen Âge comme épidémie de lèpre. » Rudolf Steiner, La fondation spirituelle de la moralité.

De la même façon, dans son ouvrage intitulé La vie entre la mort et une nouvelle naissance, Rudolf Steiner explique que les âmes des individus paresseux ou immoraux peuvent être récupérées par le démon Ahriman après leurs morts pour être contraintes à agir sous forme de virus parmi les vivants et semer ainsi la destruction dans le monde.

Que conclure de toutes idées de Rudolf Steiner en contexte de pandémie ? Celles-ci font plus que proposer des explications sur les causes des épidémies : elles dessinent également l’attitude qu’il s’agit d’adopter à leur égard. En effet, si les dieux bienfaisants peuvent nous envoyer des maladies pour la perfection de nos âmes, on ne voit pas bien pourquoi il faudrait chercher à les éviter. Toutefois, toujours selon Rudolf Steiner, des démons malveillants peuvent également nous envoyer des maladies. Comment savoir alors d’où celles-ci viennent ? Et quelle attitude les anthroposophes vont-ils choisir d’adopter ? Tout ceci est assez confus, ce qui est logique dans le contexte d’une « science de l’occulte » qui consiste surtout à écouter les révélations supérieures d’un grand initié. Toutefois, en tant qu’ancien anthroposophe, j’ai souvent entendu dire dans leurs rangs que les actes des puissances maléfiques étaient autorisées par les Dieux, car au final elles serviraient les plans divins. C’est pour cette raison que les anthroposophes citent les paroles de Méphistophélès dans le Faust de Gœthe : « Je suis l’esprit qui toujours veut le Mal et toujours fait le Bien ». Ainsi, il est permis de penser que, même si les anthroposophes considèrent qu’une épidémie est l’oeuvre d’Ahriman, elle sera néanmoins une bonne chose pour l’évolution de l’humanité.

Les explications actuelles des anthroposophes sur le Coronavirus

Rudolf Steiner a donné à ses disciples des conseils sur la manière dont ils devaient se comporter en cas d’épidémies. Selon lui, il faut alors avoir une vie intensément tournée vers le spirituel, dormir peu et venir en aide aux autres. Mais en serait-il de même pour le Coronavirus ?

Pour le savoir, nous pouvons nous pencher sur plusieurs publications publiques des anthroposophes au sujet du Coronavirus, notamment celle publiée par le site du Goetheanum (la Pravda des anthroposophes) et repris par son organe de propagande officiel en France, le magazine Aether, dirigé par Louis Defèche. Sous la plume de Georg Soldner, la ligne de compréhension et de traitement du Coronavirus par les anthroposophes se dessine.

Mais comme toujours avec les anthroposophes, il est nécessaire d’expliciter leurs propos à partir de la connaissance complète de leur doctrine, car ceux-ci ne s’expriment la plupart du temps qu’à demi-mots lorsqu’ils s’adressent à des non-anthroposophes, afin que seuls les anthroposophes comprennent l’intégralité de leur message et que les autres glissent sur le contenu problématique de mots qui peuvent paraître anodins, pensant par exemple qu’il s’agit juste de gentils conseils hygiéniques et moraux, comme cela paraît être le cas de cet article de Soldner.

Ne pas faire peur aux patients infectés pour ne pas aggraver leur problème

L’article du Gœtheanum repris par Aether commence ainsi par évoquer les populations les plus touchées négativement par le virus, en expliquant que leur fragilité viendrait du fait que celles-ci seraient mal ou partiellement incarnées :

« L’infection par le coronavirus peut s’avérer particulièrement sévère chez les personnes de plus de 80 ans, souffrant de diabète de type II ou d’une maladie cardiovasculaire. Moins je suis présent dans mon corps, moins il est, de fait, entièrement pénétré par moi, plus l’infection peut se répandre facilement dans le corps et plus les conséquences peuvent être lourdes. »

En effet, selon l’Anthroposophie, l’être humain commence à se désincarner à partir de 35 ans. Une personne âgée n’habiterait que partiellement son corps, son Moi et son Corps Astral se situant déjà en partie dans le monde spirituel, en vue de l’intégrer complètement au moment de sa mort. Le Coronavirus profiterait en quelque sorte de cette semi-incarnation pour lui nuire plus fortement, tandis qu’il épargnerait les jeunes et les enfants (ce qui n’est pas tout à fait exact).

C’est ce qui conduit l’auteur anthroposophe à dire qu’il ne faudrait pas les isoler ni les confiner, car cela risquerait de leur faire peur :

« D’après tout ce que nous savons ici, la peur et les traitements antipyrétiques sont une thérapeutique qui, au lieu de soigner ces patients, les rendent encore plus malades. Car ce qui aide la personne à surmonter la maladie, c’est tout ce qui la soutient pour mieux pénétrer son propre corps, l’irriguer de chaleur de part en part, afin de pouvoir mieux se sentir « chez soi » dans ce corps. »

En effet, selon Rudolf Steiner, la peur est un phénomène de désincarnation. Lorsque nous avons peur, expliquait-il, nous devenons tout pâles, signe que le sang porteur de notre Moi se retire de notre visage. Donc, en imposant à ces personnes âgées contaminées un isolement et un confinement visant à ce qu’elles ne contaminent plus personne, comme l’ont fait les Chinois, nous les traiterions de façon inhumaine et nous leur ferions peur, ce qui risquerait d’aggraver la capacité d’action du virus chez ces personnes.
A ce compte-là, nous pouvons penser que les anthroposophes sont probablement contre toute mesure anxiogène, comme le confinement qui vient d’être décrété dans plusieurs pays européens. Mais il est rare que ceux-ci s’opposent ouvertement aux lois, préférant agir discrètement pour les contourner plutôt que de se faire repérer en les bravant.

Cette position anti-confinement a été réitérée par les anthroposophes dans un nouvel article publié sur Aether, justifiant cette position de manière très alambiquée :

« Nous devrions passer du concept pathogénique au concept salutogénique. Dans cette perspective familière à la médecine anthroposophique, il est bon que les personnes plus jeunes soient contaminées les premières, pour construire une immunité collective et à terme, protéger les personnes plus âgées. Les arguments avancés dans de nombreux débats sur la vaccination sont la clé, ici aussi. La panique qui a été suscitée – aussi par les médias – a atteint une telle échelle que même des personnes jeunes, qui dans la plupart des cas ne s’aperçoivent pas qu’elles sont infectées, angoissent, voire deviennent hystériques. »

https://www.aether.news/crise-du-coronavirus-construire-une-immunite-par-une-stratification-du-risque/

Selon cet article, les médecins de la médecine conventionnelle qui font actuellement face à une catastrophe sanitaire et sont débordés, livrés sans masques et sans protections suffisantes au risque de se faire infectés eux-mêmes, devant faire des choix de vie ou de morts sur certains patients, épuisés par des gardes interminables, seraient des « hysteriques », tandis que les médecins anthroposophes qui croient leur salutogenese aurait un sang-froid extraordinaire. Les intéressés apprécieront.

Mais le plus grave dans cette article est idée de laisser progresser l’épidémie chez les jeunes, afin de protéger les vieux. Selon moi, seule une doctrine ésotérique aussi perchée que l’anthroposophie peut permettre de tenir un discours aussi irresponsable. En effet, en quoi une contamination massive des jeunes pourrait-elle protéger les vieux ?!

Il ressort clairement de cet article que les anthroposophes vont probablement considérer cette épidémie de Coronavirus comme ils considèrent que la rougeole serait une chance pour les enfants (voir à ce sujet le reportage de Complément d’enquête sur France 2 : Anthroposophie, l’étrange médecine). Ce qui signifie qu’ils pourraient vouloir favoriser la propagation du virus, conformément à l’injonction de Georg Soldner :

« Il est bon que les jeunes soient contaminés les premiers (…) ».

Cela s’est d’ailleurs rapidement confirmé sur les réseaux sociaux. Tristan Chaudon, l’un des anthroposophes les plus actifs sur Twitter, fils du Président de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf en France, s’est déclaré contre le confinement :

Devenir tous végétariens pour éradiquer les épidémies

L’article de l’anthroposophe Georg Soldner propose également une autre piste d’explication et de traitement du Coronavirus. En effet, selon lui, les épidémies comme celle-ci viendraient d’une relation malsaine des humains au monde animal :

« Mais pourquoi les virus liés au monde animal deviennent-ils dangereux pour l’homme ? Nous faisons actuellement subir aux animaux d’indicibles souffrances : les abattages massifs, les expériences menées sur les animaux de laboratoire, entre autres, engendrent des douleurs auxquelles est livré sans défense le monde animal. Cette souffrance peut-elle avoir des conséquences qui modifient les virus indigènes de l’organisme animal ? (…) Ainsi, ne se pose pas seulement la question microbiologique de l’origine des virus, mais également la question morale, celle de la manière dont nous nous comportons avec le monde animal. Rudolf Steiner a attiré l’attention sur ces correspondances il y a plus de cent ans. C’est à nous aujourd’hui d’investiguer ces liens et de réfléchir à des questions allant au-delà de l’analyse scientifique conventionnelle. »

Pour les anthroposophes, il serait en effet nécessaire que toute l’humanité devienne végétarienne. Cela lui permettrait d’avoir des perceptions spirituelles, que la consommation de viandes vient brouiller. Selon cette doctrine, les animaux sont des manifestations unilatérales hypertrophiées de l’Homme primordial, qui ont en quelque sorte pris sur eux en des temps reculés d’absorber nos tendances néfastes à nous incarner trop fortement. Mais en les mangeant, nous prenons en nous cette tendance des animaux, qui se sont en quelque sorte sacrifiés pour nous en préserver.

L’article ne dit pas clairement que, pour que ne se reproduise plus de telles épidémies, il faudrait cesser de manger des animaux. Mais on voit qu’il le sous-entend fortement. Pour ma part, je crois qu’il s’agit surtout d’une manière habile, pour les anthroposophes qui publient cet article, de justifier leur mode vie et de tenter de l’imposer au monde entier à la faveur de l’émotion suscitée par l’épidémie et ses conséquences désastreuses. En effet, si l’on en venait effectivement à se dire que c’est notre consommation généralisée de viande animale qui conduit à ce que les âmes-groupes des animaux se vengent ensuite sous formes d’épidémies, comme celle du Coronavirus, il est clair que nous pourrions adopter de manière irrationnelle le végétarisme des anthroposophes.

Rappelons donc ici une évidence : contrairement à ce qu’insinue cet article, ce n’est pas l’élevage et l’abattage d’animaux domestiques ni la consommation de leur viande qui a provoqué l’épidémie actuelle de Coronavirus ! C’est au contraire la consommation de viande crue d’un animal sauvage, le Pangolin, qui a permis la transmission à l’espèce humaine d’un virus dont il était porteur dans la nature. Et cette transmission a pu se produire parce que celui qui a voulu consommer la viande crue de cet animal rare croyait que cela lui permettrait d’absorber ses caractéristiques, tout comme certains Chinois croient que manger les os broyés contenus dans les pénis de petits singes leur procurera des vertus aphrodisiaques.

En un mot, c’est le fait que perdure une mentalité et des pratiques de consommation basées sur une forme de symbolisme dépassé et anti-scientifique – comparable en de nombreux points aux conceptions de l’Anthroposophie – qui a permis l’apparition actuelle de l’épidémie de Coronavirus. Cela n’empêche nullement que l’on puisse s’interroger sur les conditions d’élevage et d’abattage effectivement indignes des animaux, mais pas que l’on fasse un lien indue entre celles-ci et l’apparition du virus. Sinon la première victime de ce raisonnement sera la logique et la scientificité.

Cultiver le lien intérieur au Soleil

L’article de Georg Soldner ne termine avec une autre préconisation médicale anthroposophique : cultiver son lien au Soleil. Il écrit :

« Ce dont souffre souvent notre système immunitaire, c’est du manque de lumière solaire, un manque qui se fait ressentir le plus fortement au mois de mars. C’est pourquoi, rapportée à l’année, la plus haute mortalité sous nos latitudes se situe à la fin du mois de mars. Elle est liée, en grande partie, au manque de soleil pendant les mois d’hiver et rappelle qu’il est extrêmement bénéfique de sortir tous les jours – en hiver si possible à midi – et de se relier ainsi à la périphérie, de façon tout à fait élémentaire, avec le cosmos. Rudolf Steiner s’est exprimé de façon détaillée sur ce point au moment de la fondation de la médecine anthroposophique, avant la découverte de la vitamine D, en prenant l’exemple de la tuberculose. Sachant que, pour le système immunitaire, les comprimés de vitamine D ne peuvent remplacer que de façon limitée l’absorption de lumière solaire. Du phosphore dynamisé et du fer météorique dans une dilution adéquate, pris le matin, peuvent de même soutenir les défenses immunitaires en tant que substances associées à la lumière. »

Là encore, ce passage ne dit les choses qu’à moitié et n’exprime pas en toute sincérité le fond de la pensée anthroposophique. En effet, Soldner ne conseille pas seulement de prendre des bains de Soleil autant que possible pour renforcer nos défenses immunitaires et nous protéger ainsi du Coronavirus (ce qui est déjà, soit dit en passant, une affirmation très problématique puisque le virus se developpe et se transmet très bien sous des climats ensoleillés, comme en Iran). Il nous conseille de « sortir tout les jours à midi » pour prendre le Soleil (même en contexte de confinement ?) afin de « cultiver un lien avec la périphérie du Cosmos ».

Or il faut savoir que pour les anthroposophes, le Christ est le Grand Esprit du Soleil. Quand Soldner préconise, pour soigner le Coronavirus, de se relier ainsi à ses influences, il veut dire que nous devrions entrer dans une forme de relation méditative et religieuse avec la lumière solaire. En effet, dans certains de leurs mantras sacrés, les anthroposophes se vouent aux influences bénéfiques de la lumière solaire, par l’intermédiaire de laquelle agiraient les dieux bienveillants du cosmos (Lire à ce sujet les Leçons de la Classe, de Rudolf Steiner). Certains anthroposophes, comme Michaël Werner, pensent même qu’il serait possible de se nourrir exclusivement de lumière solaire (https://www.editions-triades.com/livres/medecine-et-psychologie/se-nourrir-de-lumiere/).

Ce qui est très gênant selon moi dans cette préconisation, c’est qu’elle déguise une recommandation religieuse anthroposophique en conseil thérapeutique. Je pense en particulier à la façon dont peut-être reçu ce conseil par des non-anthroposophes venant consulter un médecin anthroposophe sans savoir ce qu’est vraiment l’anthroposophie et sa dimension religieuse : on leur prodiguerait ainsi, en reprenant ce conseil de Georg Soldner, une recommandation médicale qui est en réalité une forme de pratique cultuelle des anthroposophes. De ce fait, on transformerait l’acte médical et la consultation en un moment de conversion religieuse, en profitant de la situation de faiblesse d’une personne vulnérable venant s’en remettre à une autorité médicale.

Une préconisation médicale anthroposophique érigée en solution

L’article de Georg Soldner publié par le Goetheanum et Aether s’achève sur l’affirmation du savoir-faire de la médecine anthroposophique en matière de traitement de ce type de problème pulmonaire :

« Lorsque l’on tombe malade, la mise en quarantaine est actuellement imposée, avec prise en charge à domicile des cas bénins. La médecine anthroposophique dispose de longues années d’expérience dans le traitement de pneumonies virales et bactériennes, sans antibiotiques, avec des médicaments anthroposophiques et des applications externes qui peuvent être remarquablement efficaces : c’est une réalité qui me paraît importante. Les médecins de la section médicale ont élaboré un schéma de traitement qu’ils ont mis à la disposition de leurs collègues sur le plan international.
Qu’est-ce qui affaiblit le poumon ? Notamment deux choses : un lien déficient avec la terre et le soleil, ainsi que des tensions sociales. Il est donc judicieux de protéger ses poumons, organes de respiration, de l’intérieur et de l’extérieur, en essayant d’apaiser les tensions sociales. Une personne impliquée dans des conflits sociaux non résolus est à mon avis davantage exposée. »

D’une manière que l’on peut trouver assez arrogante en ces temps difficiles où le personnel médical de nombreux pays lutte pied à pied contre une épidémie dévastatrice, nous avons ici droit aux conseils d’un anthroposophe qui recommande d’avoir recours à un « schéma de traitement » de la Section Médicale de l’École de Science de l’Esprit de la Société Anthroposophique, comme si cette dernière détenait la solution miracle à la crise épidémique que traverse actuellement l’humanité. Qui plus est, celui-ci n’est pas épidémiologiste mais pédiatre. Or, à ma connaissance, la médecine anthroposophique n’a pas plus de solution que les autres médecines pour y faire face, sauf à considérer que prendre un bain de soleil à midi ou des médicaments homéopathiques comme le Cardiodoron le matin puisse constituer une alternative sérieuse à un virus susceptible d’emporter des personnes en quelques jours.

Les causes spirituelles du COVID-19

Un autre article, également paru sur le site de propagande anthroposophique français Aether, nous livre à demi-mots l’explication anthroposophique de la venue du COVID-19. Il commence par expliquer comment la pédagogie Steiner-Waldorf a fait face à la pandémie en Chine. (https://www.aether.news/les-jardins-denfants-waldorf-en-chine-et-la-pandemie/)

Selon cet article, le virus serait comparable à un géant de la mythologie chinoise dévoreur d’enfants : Nian. Mais là où l’on pourrait penser à une simple métaphore, l’auteur de l’article explique que les affections provoqués par le COVID-19 ne seraient que l’expression des forces maléfiques de la modernité :

« Vous pouvez imaginer combien grave et dévastatrice est cette pandémie. Les voies respiratoires subissent des préjudices, le système immunitaire devient chaotique, l’activité des poumons et des trachées est perturbée. D’une certaine manière, c’est une image du durcissement progressif de l’homme, de sa séparation d’avec le monde extérieur et de son incapacité à respirer de manière saine. Quelles indications cette image semble-t-elle comporter ? »

Pour les anthroposophes, la modernité est en effet marquée par la puissance du démon Ahriman, un être responsable du matérialisme et du durcissement de l’être humain, comme le décrit Rudolf Steiner dans son ouvrage intitulé Lucifer et Ahriman. Ce dernier s’attaquerait notamment au système respiratoire, qui est la partie du corps où l’entité solaire du Christ est particulièrement présente en nous. En effet, la doctrine anthroposophique conçoit l’être humain comme une nature tripartite : tête/sens, coeur/poumons métabolisme/membres. Le virus responsable de la pandémie actuelle serait donc une sorte de bacille antichristique ahrimanien.

En lisant cet article d’Aether, on comprends que les anthroposophes considèrent le géant Nian de la mythologie chinoise comme une figure du démon Ahriman. Sans doute font-ils en interne le parallèle entre le symbole du Dragon dans l’Apocalypse et la légende de Saint Georges, representant Ahriman, qui veut dévorer l’enfant ou la vierge (l’âme humaine), et le géant Nian qui dévore des enfants. D’ailleurs, le fait que Nian descend des montagnes pourrait être relié, dans la doctrine anthroposophique, à la relation entre la matière minérale (la pierre dont la montagne est constituée) et le fait qu’Ahriman soit le démon du Matérialisme.

Mais alors quelle attitude cet article, évoquant la manière dont la pédagogie Steiner-Waldorf en Chine a fait face à l’épidémie, préconise-t-il d’adopter ? La réponse est donnée dans une citation de paroles mantriques de Rudolf Steiner :

« L’homme doit acquérir une égalité d’humeur en ce qui concerne tous les sentiments et ressentis vis-à-vis du futur et, avec une absolue impassibilité, jeter un regard vers tout ce qui peut venir et penser uniquement que, quoi qu’il arrive, cela arrive par la “gouvernance du monde” pleine de sagesse… »

Si l’on comprend bien le sens de cette citation de l’article d’Aether dans le contexte actuel, il faudrait donc penser que la bonne attitude à adopter face à la pandémie serait une « impassibilité absolue », guidée par une confiance dans le fait que celle-ci est advenue en raison d’une « gouvernance du monde pleine de sagesse ». Autrement dit, selon les anthroposophes, le COVID-19 a été voulu par les Dieux !

Mais comment cela est-il compatible avec l’idée qu’il s’agirait d’un virus ahrimanien ? Pour les anthroposophes, le démon Ahriman agirait malgré lui dans le bon sens, car il rendrait manifeste ce qui est d’ordinaire caché. Dans le cas présent, il dévoilerait, par les symptômes du Coronavirus, la maladie de notre modernité, à savoir la sclérose et le durcissement de l’être humain. C’est en ce sens que les anthroposophes citent très souvent les paroles de Méphistophélès dans le Faust de Gœthe : « Je suis l’esprit qui toujours veut le Mal et toujours fait le Bien. »

Ahriman-Mephistophélès, qui est à l’origine de l’épidémie du COVID-19, aurait donc en quelque sorte réalisé, pour les anthroposophes, les intentions de la « gouvernance du monde pleine de sagesse », en créant un virus qui s’attaque aux voies respiratoires et révèle ainsi que notre époque moderne est anti-christique.

Le côté bénéfique du COVID-19 se verrait en outre dans le fait qu’il est à l’origine de la mesure du confinement, lequel nous apprendrait à nous concentrer sur notre sphère familiale et à nous tourner davantage vers notre intériorité :

« Nous sentons tout à coup combien la vie est précieuse et belle. Comme les gens sont obligés de rester à la maison, ils peuvent désormais rester ensemble de manière tranquille et intime. Nombreux sont ceux qui ont la possibilité de vraiment profiter de la vie de famille, de l’apprécier et d’en sentir la chaleur. La vie pendant la pandémie réduit la consommation à son minimum et réduit les déchets. Nous remarquons que la vie peut être très simple. La vie à la maison, tranquille, donne aux hommes la possibilité de regarder au-dedans d’eux-mêmes, de méditer et de lire, on remarque combien il est beau et important d’être seul ou dans le cercle de famille étroit. »

Visiblement, cette peinture idyllique de la vie de famille en situation de confinement n’a pas pris la peine de s’informer sur la manière dont les couples chinois ont traversé cette épreuve et l’explosion du taux de divorce qui s’en est suivi : https://www.parents.fr/amp/actualites/etre-parent/coronavirus-avec-la-fin-du-confinement-le-nombre-de-divorces-explose-en-chine-433074#referrer=https://www.google.com. L’auteur de l’article semble avoir voulu coûte que coûte dépeindre un confinement vécu de manière sereine, pacifique, écologique et épanouissante. Le confinement aurait été selon lui un moment idéal, une sorte d’occasion propice pour s’extraire des travers de la société de consommation et retrouver le bonheur simple de la cellule familiale. Mais cette idéalisation repose en réalité sur des présupposés anthroposophiques.

En effet, pour les anthroposophes, il est souhaitable de ne pas trop s’interesser à la vie publique. Ils parlent à ce sujet de « monde exterieur », connoté négativement. Pour eux, le confinement serait donc quelque chose de bénéfique, car il nous apprendrait à nous retrancher du monde. La logique sectaire (au sens d’une coupure avec la société) qui est à l’oeuvre dans l’anthroposophie serait en quelque sorte favorisée par le confinement.

Mieux, celui-ci nous apprendrait à nous tourner radicalement vers notre vie intérieure et à méditer :

« Si nous sommes attentifs à notre vie intérieure, nous pouvons être amenés à beaucoup apprendre de cette catastrophe. »

Il faut savoir en effet que la dynamique interne de la doctrine anthroposophique est l’enfermement total à l’intérieur de soi, comme j’ai eu l’occasion de le décrire en détail dans mon article intitulé L’Emprise de l’Anthroposophie.

On comprend donc pourquoi cet article du magazine Aether tente de nous décrire le confinement comme une chose bénéfique : il n’est pas bénéfique parce qu’il permettrait de freiner l’épidémie en enrayant la contagion, mais parce que sa logique fondamentale est la même que celle de la doctrine anthroposophique : un repli et un enfermement en soi-même.

Un autre article issu d’un éminent anthroposophe suisse disponible sur le blog suivant (http://entre-autres.over-blog.fr/2020/03/coronavirus-une-autre-lecture-aspect-spirituel-et-humainement-terrestre.html) confirme l’interprétation anthroposophique du COVID-19 comme une maladie ahrimanienne envoyé par les Dieux pour nous inciter à nous tourner vers le monde spirituel :

La responsabilité de la 5G dans l’épidémie de Coronavirus

Cependant, quoique arrogant et prosélyte, cet article de Georg Soldner et les autres articles d’anthroposophes que nous avons cité restent modérés et ne reflètent que de façon atténuée comment les anthroposophes considèrent l’épidémie actuelle de Coronavirus. C’est d’ailleurs sans doute pour cette raison qu’ils ont été publiés par leurs dirigeants : il s’agit toujours pour eux de présenter la médecine anthroposophique comme une simple alternative à la médecine traditionnelle et ne pas trop montrer ses racines religieuses… qui toutefois transparaissent dès lors que l’on gratte un peu.

Pour savoir ce que pense réellement les anthroposophes de l’épidémie actuelle de Coronavirus, il faut se tourner vers des publications moins officielles, qui circulent pourtant de maniere virale dans leurs rangs. On trouve par exemple cette vidéo YouTube du Docteur Cowan, qui a été Vice-Président de la « Physicians Association for Anthroposophic Medicine » :

https://youtu.be/jh1T4c3wP8I

Pour ce dernier, le Coronavirus viendrait de la mise en place de la 5G, qui aurait provoqué un saut quantique dans l’électrification de la planète Terre et nous livrerait ainsi au pouvoir maléfique d’Ahriman, qui contrôle les virus.

Il faut en effet savoir que les anthroposophes voient d’un très mauvais œil l’utilisation de l’électricité, du magnétisme ou de la radioactivité. Pour eux, la lumière électrique rendraient ainsi les gens nerveux en s’attaquant à leurs corps astraux, tandis que le magnétisme s’attaquerait à leurs corps éthériques et la radioactivité à leurs corps physiques. Cela correspondrait à l’action des trois forces du Mal : Lucifer (pour l’Électricité), Ahriman (pour le Magnétisme) et Soradt (pour la Radioactivité). De plus, les anthroposophes sont contre les satellites et les stations spatiales, car nos corps astraux « doivent les traverser lorsque nous dormons et que nous nous élevons la nuit dans le Cosmos », comme je l’ai souvent entendu lors des conférences anthroposophiques lorsque j’étais moi-même un des leurs.

Ce qui me semble particulièrement problématique dans une telle vidéo, c’est qu’elle profite de la situation de pandémie pour diffuser un discours anti-scientifique et anti-technologique typique de l’Anthroposophie, en espérant que la peur et le désespoir suscités par cette situation puisse inciter de nombreuses personnes à adopter ces croyances rétrogrades. Or ce n’est pas par un refus de la science et de la technologie que l’on surmontera l’épidémie de Coronavirus, mais bien plutôt tout le contraire.

Rapidement, la Section Médicale du Goetheanum s’est désolidarisé publiquement des propos du Docteur Cowan. Mais elle ne s’est pas désolidarisée des fondements anthroposophiques sur lesquels ce médecin anthroposophe s’est appuyé de façon honnête pour construire son raisonnement. De la même façon, la Société Anthroposophique en France avait renvoyé en 2019 le professeur Steiner-Waldorf Charles Le Goff, qui avait tenu des propos racistes sur sa chaîne YouTube, alors que celui-ci ne faisait que développer avec cohérence les idées contenues dans les ouvrages de Rudolf Steiner. On pourrait aussi mentionner que la Société Anthroposophique France invite sur son site officiel à respecter les consignes des autorités, de même que l’association des médecins anthroposophes AREMA invite à se méfier des délires complotistes qui circulent sur la toile (sans toutefois les désigner explicitement).

Mais ce discours officiel est-il cohérent avec les fondements d’une doctrine qui dit le contraire ? Si la Société Anthroposophique ou l’AREMA voulaient vraiment que leurs partisants respectent les consignes des autorités, ce sont les propos de Rudolf Steiner lui-même qu’il leur aurait fallu condamner, ce qui leur est impossible, ou plutôt ce qu’elles ne feront qu’en dernier recours si la presse dans son ensemble les mettait face à leurs contradictions. Les hautes instances de l’Anthroposophie qui promulguent ces communiqués savent en outre très bien que les adhérents de leur milieu sont habitués à repérer ce type de double discours et à ne pas tenir compte de leurs déclarations officielles de circonstance.

Vaccin contre le Coronavirus : quelle sera la réaction des anthroposophes ?

Une question à plus long terme se pose. En effet, il est permis de se demander comment réagiront les anthroposophes le jour où un vaccin contre le Coronavirus sera mis au point, à savoir d’ici un ou deux ans. En effet, il existe dans la littérature anthroposophique une prophétie de Rudolf Steiner affrmant qu’un vaccin visant à éradiquer la dimension spirituelle de l’être humain verra bientôt le jour :

« Il ne faut pas se leurrer : on est en présence d’un mouvement bien déterminé. Autrefois, au concile de Constantinople, l’esprit a été éliminé, on a institué un dogme : l’homme n’est fait que d’une âme et d’un corps, et parler de l’esprit devint une hérésie. On aspirera sous une autre forme à éliminer l’âme, la vie de l’âme. Et ce temps viendra, dans un avenir pas très lointain, où l’on dira: parler d’esprit et d’âme, c’est pathologique; seuls sont bien portants les gens qui ne parlent que du corps. On considérera comme un symptôme pathologique le fait qu’un être humain se développe d’une façon telle qu’il en vienne à penser qu’il existe un esprit et une âme. Ces gens seront considérés comme des malades, et l’on trouvera, soyez-en sûrs, le remède qui agira sur ce mal. Dans le passé, on a éliminé l’esprit (la foi dans un principe spirituel individuel). On éliminera l’âme au moyen d’un médicament. En partant d’une « saine vue des choses », on trouvera un vaccin grâce auquel l’organisme sera traité dès la prime jeunesse, autant que possible, si possible dès la naissance même, afin que le corps n’en vienne pas à penser qu’il existe une âme et un esprit. Les deux courants, les deux conceptions du monde s’opposeront radicalement. L’une réfléchira à la manière d’élaborer des concepts et des représentations qui soient à la mesure de la réalité véritable, de la réalité d’âme et d’esprit. Les autres, les successeurs des actuels matérialistes, chercheront le vaccin qui rendra les corps « sains », c’est-à-dire constitués de telle façon qu’ils ne parleront plus de ces « sottises » que sont l’âme et l’esprit, mais, parce qu’ils sont « sains », ils parleront des forces mécaniques et chimiques qui, à partir de la nébuleuse cosmique, ont constitué les planètes et le soleil. On obtiendra ce résultat en manipulant les corps. On confiera aux médecins matérialistes le soin de débarrasser l’humanité des âmes. » (Rudolf Steiner, conférence du 7 octobre 1917, La Chute des esprits des ténèbres, Éditions Triades)

Compte-tenu de l’importance de cette prophétie dans l’esprit des anthroposophes, il est à craindre qu’un grand nombre d’entre eux considèrent l’arrivée d’un vaccin contre le Coronavirus comme la venue de ce traitement anti-spiritualité dont Rudolf Steiner parlait. Si c’est le cas, ils feraient alors tout leur possible pour le refuser pour eux-mêmes et en protéger leurs enfants, exposant ainsi la population mondiale à une insuffisance de la couverture vaccinale contre le COVID-19.

En conclusion

En partant des écrits de Rudolf Steiner, nous avons pu montrer que l’Anthroposophie considère les épidémies comme plutôt bénéfiques, puisqu’elles nous aideraient à améliorer notre karma. Puis nous avons montré quelles mesures un anthroposophe actuel, dont l’ecrit est promu par les instances officielles de la Société Anthroposophique, préconise pour lutter contre le Coronavirus : des bains de Soleil à midi et devenir tous végétarien, tout en vénérant la lumière et en cultivant de bonnes relations sociales. Enfin, nous avons pu montrer que certains anthroposophes y voient une occasion de s’opposer au développement technologique, en accusant la mise en place de la 5G.

Il nous semble que ces informations sur les conceptions médicales de l’Anthroposophie sont suffisamment éclairantes pour qu’elles soient mises à disposition de chacun voulant se faire un avis sur le sujet, malgré les risques de procès que les anthroposophes intentent volontiers quand on les démasque.

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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Un commentaire pour Le Coronavirus selon l’Anthroposophie

  1. Chenique dit :

    Attention
    L’histoire du pangolin ressemble de plus en plus à un fake
    Scientifiquement on est quasiment sûr qu’il n’est pas l’hôte intermédiaire

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