Racisme et Anthroposophie : la machine à remonter le temps | hpd

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Racisme Machine à remonter le temps Anthroposophie
Von: Andreas Lichte – 21. MAI 2021

Les Trois ,  » Zeitschrift für Anthroposophie in Wissenschaft, Kunst und sozialem Leben », publié pour la Société anthroposophique en Allemagne », présente dans son numéro de mars/avril 2021 la « patate chaude » du racisme et de l’antisémitisme en anthroposophie.
Lorsque les anthroposophes jugent le racisme de Rudolf Steiner, l’acquittement est déjà acquis d’avance, mais le raisonnement est néanmoins toujours surprenant. L’anthroposophe Ralf Sonnenberg marque ici un nouveau coup bas.

Claudius Weise, rédacteur et « V.i.s.d.P. » pour les Trois, présente la contribution de Sonnenberg de la manière suivante : « Ralf Sonnenberg prend le départ avec son essai incisif ‘In No Man’s Land’ – avec lequel il marque d’une part cet ensemble de thèmes comme un terrain peu travaillé et inhospitalier et d’autre part expose son propre point de vue entre les camps habituels. »

Il est faux de dire que le sujet du racisme chez Rudolf Steiner est « peu travaillé » : aucun sujet anthroposophique n’a été aussi âprement discuté pendant des décennies que le racisme de Steiner. Est-il exact que Ralf Sonnenberg se situe « entre les camps habituels » des critiques et des défenseurs de Steiner ?

Dans son essai « No Man’s Land », Sonnenberg admet qu’il y a effectivement du racisme chez Rudolf Steiner, si – en fait si ! – on juge les déclarations de Steiner à partir, pour citer Sonnenberg, d’un « point de vue scientifique plutôt de gauche qui nie l’individualité spirituelle ». L’orientation politique de Sonnenberg est également mise en évidence : Sonnenberg s’insurge par exemple contre une nouvelle culture de l’annulation qu’il a diagnostiquée, en citant son article invité « Cancel Culture oder die altneue Lust am Denunzieren – was geht Anthroposophen das an ? » sur l’anthroblogue de l’anthroposophe controversé Lorenzo Ravagli.

Dans son essai, Sonnenberg simule une position critique envers Rudolf Steiner afin de rendre d’autant plus impressionnant son acquittement ultérieur du racisme. Après avoir présenté une citation de Steiner, Sonnenberg conclut, en citant Sonnenberg page 31 :

« Ceci, prononcé [par Steiner] au zénith de la fin de l’ère coloniale et impériale, était tout à fait prémonitoire, tout comme l’assurance donnée quelques années plus tard que le concept de race devenait de moins en moins important et que les êtres humains, indépendamment de la couleur de leur peau et de leur ascendance, étaient « dépendants les uns des autres » et donc déjà destinés par leur « disposition naturelle » à s’entraider. »

Lisez et réfléchissez : « Que veulent réellement les critiques, si Steiner pensait déjà de manière si progressive en ces temps sombres ? » Si, selon Steiner, « les êtres humains sont « dépendants les uns des autres », indépendamment de la couleur de leur peau ou de leur ascendance, et sont donc déjà destinés par leur « disposition naturelle » à s’entraider », que peut dire de plus le critique ? Ce que j’ai dit il y a dix ans dans l’article « Le Dr Detlef Hardorp vend le racisme de Rudolf Steiner comme du multiculturalisme ». Un voyage dans le temps dans les abysses de l’anthroposophie – remplacer le nom de « Detlef Hardorp » par « Ralf Sonnenberg » :

(…) C’est sur la tristement célèbre « conférence des travailleurs » de Rudolf Steiner – « Sur la vie de l’homme et de la terre – sur l’essence du christianisme », GA 349, troisième conférence, Dornach, 3 mars 1923 – que Detlef Hardorp [à l’époque porte-parole de la politique éducative des écoles Waldorf de Berlin-Brandebourg] tente de prouver que Rudolf Steiner n’était pas raciste. Steiner dit là, page 54 et suivantes.. :

Les inventions ont été très peu réalisées en Asie. L’histoire peut alors être traitée ; mais les inventions elles-mêmes, par lesquelles ils utilisent ce qui découle de l’expérience avec le monde extérieur, que les Asiatiques ne peuvent pas faire.

Par exemple, il en était ainsi autrefois avec un bateau à vapeur à vis. Les Japonais l’ont copié des Européens, et maintenant ils veulent naviguer par eux-mêmes. Avant, c’était toujours les Européens qui dirigeaient et mettaient en scène l’histoire. Maintenant, ils voulaient conduire seuls pour une fois. Les ingénieurs anglais sont restés sur la côte. Soudain, les Japonais à l’extérieur, qui étaient alors en charge du navire, étaient dans un grand désespoir, car le navire à vapeur ne cessait de se retourner sur lui-même. Ils n’ont pas réussi à trouver comment le faire tourner correctement. Les Européens qui le savaient étaient, bien sûr, en train de sourire terriblement sur le rivage. Les Asiatiques n’ont donc pas cette pensée indépendante que les Européens développent pour faire face à leur environnement. Les Japonais vont donc apprendre toutes les inventions européennes, mais ils ne vont pas réfléchir par eux-mêmes.

C’est un fait de la race humaine que les gens du monde entier sont dépendants les uns des autres. Ils doivent s’entraider. Cela découle de leur disposition naturelle. »

Par souci de clarté, Steiner résume à nouveau brièvement : les Asiatiques n’ont pas de pensée indépendante. Les Asiatiques ne peuvent pas faire d’inventions par eux-mêmes. Les Asiatiques ne peuvent qu’imiter les Européens. Par conséquent, les Européens doivent aider les Asiatiques.

Detlef Hardorp, lui, en fait tout un plat, en citant son article « People depend on each other across the earth » :

« Steiner ne niait pas les différences de disposition naturelle entre les groupes humains. Il n’en tire cependant pas de racisme, mais au contraire la nécessité d’une coopération symbiotique au sein d’une société multiculturelle. Steiner dans la controversée Conférence des Travailleurs : « Il en est une fois de la race humaine que les hommes sont en fait tous dépendants les uns des autres sur la terre. Ils doivent s’entraider. Cela résulte déjà de la disposition naturelle. C’est la véritable conclusion de la conférence controversée qui mérite d’être mentionnée, c’est la position de Steiner sur la société multiculturelle dans un monde globalisé. »

Hardorp cite Steiner d’une manière qui déforme son sens en dissimulant le contexte de la citation de Steiner. Il transforme ainsi les propos racistes de Rudolf Steiner en leur contraire. La conclusion de Hardorp est le résultat de l' »art de la citation » anthroposophique tel qu’il est couramment pratiqué par les anthroposophes.

Mais Detlef Hardorp lance sa propre procédure aux critiques de Rudolf Steiner, en citant Hardorp :

« Pour qualifier Rudolf Steiner de « raciste », on cite encore et encore les mêmes fragments d’une conférence qu’il a donnée [à] un rassemblement d’ouvriers du bâtiment le 3 mars 1923. (…) »

C’était la machine à racisme de l’anthroposophie. Dommage que vous ne puissiez pas dire si vous êtes en 2011 ou en 2021 en ce moment. Quel dommage que les anthroposophes que l’on rencontre soient interchangeables : A l’époque, comme aujourd’hui, ils sont prêts à utiliser tous les moyens pour nier le racisme de Rudolf Steiner.

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