Une réponse à Virginie Larousse et au Monde

Dans le quatrième volet de sa série consacrée à l’anthroposophie, la journaliste Virginie Larousse dresse de ma personne un portrait peu flatteur, à mi-chemin entre le revanchard et le délinquant sexuel, qui aurait été relaxé par miracle à trois reprises et qui serait le chef de fil sur internet d’une sorte de meute de détracteurs acharnés contre l’anthroposophie :


Comme Madame Virginie Larousse semble avoir utilisé pour réaliser ce portait une sorte de compresseur de mensonges issue d’une technologie extraterreste prodigieuse, qui lui a permis d’en rassembler un nombre considérable en très peu de lignes, je vais devoir déplier méthodiquement et posément ce court passage, ce « César » de la malhonnêteté intellectuelle et journalistique, auquel je ne pensais sincèrement pas qu’un journaliste du Monde pouvait s’abaisser.

Je souhaite ainsi pouvoir donner aux lecteurs et aux journalistes les éléments qui leur permettront de rétablir la vérité à mon sujet.

Tout d’abord, Madame Virginie Larousse affirme que j’ai refusé que les journalistes reprennent mes propos, laissant entendre que ceci l’autorisait de fait à se passer de faire état de ma version des faits, notamment dans l’histoire des attouchements sexuels sur mineure dont les anthroposophes m’accusent depuis des années et dont ils se servent pour expliquer, jusque devant les tribunaux (en vain), ma démarche de lanceur d’alerte sur les écoles Steiner-Waldorf et l’Anthroposophie.

Or, dans les courriers avec AR que j’ai envoyé à chacun des journalistes, ainsi qu’à Jérôme Fénoglio, le Directeur du Monde, Michel Guerrin, son Rédacteur en chef,
Sebastien Carganico, son Président, j’ai bien précisé qu’en cas de propos me mettant en cause et nécessitant le respect du contradictoire, conformément aux lois régissant la presse, il leur faudrait contacter mon avocat, en leur laissant les coordonnées de celui-ci :



Or mon avocat n’a à aucun moment été contacté à ce sujet. Dans une affaire où il est question du respect de l’honneur et de la réputation d’une personne, qui plus est d’un professeur de Philosophie de l’Education Nationale, avec des propos qui sont susceptibles de nuire gravement à sa carrière et aux conditions d’exercice de sa profession, voire à sa vie privée, ce non respect de la règle du contradictoire constitue une grave entorse, me semble-t-il, à la déontologie élémentaire de la presse et peut-être même de la loi. Nous envisageons donc avec mon avocat la possibilité non seulement d’un droit de réponse, mais également d’une plainte.

Ensuite, Madame Virginie Larousse évoque, comme je l’ai dit, une affaire supposée d’attouchements sexuels sur mineure qui se serait passé à l’école Steiner de Chatou en 2007. Si elle précise bien qu’aucune plainte n’a été déposée, elle laisse neanmoins entendre que les faits auraient eu lieu. Je rappelle donc tout simplement :

– Qu’il n’y a jamais eu de signalement fait à ce sujet par l’école Perceval de Chatou, ce qui est pourtant obligatoire de par la loi dans un tel cas de figure ;

– Qu’il n’y a jamais eu non plus ni plainte, ni procès, ni condamnation à mon encontre, et que le respect de la présomption d’innocence est une des règles déontologique élémentaire de la profession de journaliste et de la loi française en général ;

– Que je me suis longuement expliqué sur les circonstances de mon départ de l’école de Chatou dans mon article Ma vie chez les anthroposophes, ainsi que dans Une vie en anthroposophie, que Madame Virginie Morin n’a visiblement pas pris la peine de lire, malgré la gravité de ses accusations, puisqu’elle n’en fait pas mention. Il n’y a donc pas eut d’enquête sérieuse à ce sujet de sa part.

J’invite donc le lecteur à se référer à ma version des faits :

https://gregoireperra.wordpress.com/2012/10/02/ma-vie-chez-les-anthroposophes/

Madame Larousse affirme de plus que cette affaire aurait été évoquée lors du procès qui a eu lieu le 5 avril 2013, laissant entendre habilement que j’aurais été en quelque sorte mis en cause et jugé à ce sujet dans le cadre d’une instruction judiciaire. Ici, Madame Larousse déforme volontairement la teneur et la réalité de ce que fut ce procès, que j’ai remporté. Pour s’en rendre compte, j’invite le lecteur à lire les attendus du jugement du 24 mai 2013 :

https://t.co/Op6KXo3wbu

On y voit clairement que si cette affaire a bien été évoquée par l’avocat de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf, elle n’a jamais fait l’objet d’une quelconque instruction ! Il y est même clairement écrit que cette histoire n’a joué strictement aucun rôle dans ma démarche de dénonciation des écoles Steiner-Waldorf et de l’anthroposophie. Au contraire, celle-ci y est qualifiée par les juges de « réflexion philosophique », dénuée de toute animosité.

Madame Larousse affirme de surcroît que j’aurais quitté l’anthroposophie en 2007, suite à cette affaire. Ceci est également factuellement faux. Les attendus du jugement du 24 avril 2013, qui reviennent en détails sur ma sortie de l’anthroposophie, disent explicitement que je suis sorti de l’anthroposophie en 2010, et non en 2007, restant donc encore trois ans au sein de la Société Anthroposophique et collaborant activement avec la Fédération des écoles Steiner-Waldorf .

Madame Virginie Larousse n’a donc pas lu, ou pas voulu tenir compte, de ce jugement de la XVIIème Chambre Correctionnelle de Paris, que je lui avais pourtant explicitement indiqué dans un mail que je lui avais adressé, ainsi qu’aux autres journalistes, à l’issue de notre entretien du 9 juin 2021. En laissant entendre qu’il y aurait un lien immédiat de temporalité et de causalité entre mon départ de l’école Perceval de Chatou et ma dénonciation des écoles Steiner-Waldorf et de l’anthroposophie, Madame Larousse contredit donc un jugement de justice, ce qui est grave et peut-être même illégal.

D’autant que ce premier jugement de justice a été confirmé par un deuxième jugement, rendu par le Tribunal de Grande Instance de Strasbourg, le 1er octobre 2019, dont on peut lire également les attendus :

https://t.co/ILN2QnnvZL

Une nouvelle fois, les juges ont écrit, noir sur blanc, que ma démarche était dénuée de toute animosité et qu’il suffisait de lire « de manière exhaustive  » un texte comme Ma vie chez les anthroposophes, pour en faire le constat objectif.

Madame Virginie Larousse a donc sciemment et volontairement écarté non pas un, mais deux jugements de justice ! On pouvait difficilement aller plus loin dans le déni de la réalité des faits en vue de me salir ! Cette absence de déontologie journalistique élémentaire fait véritablement frémir ! Mais on comprends pourquoi elle agit ainsi, ou plutôt pourquoi elle a été choisie pour agir ainsi, quand on découvre qu’elle collabore régulièrement au Monde des Religions avec Mohammed Taleb, très proche des anthroposophes et de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf.

En outre, la formulation ambiguë de Madame Larousse laisse entendre que c’est moi qui aurait inventées les « déclarations farfelues » de Rudolf Steiner. Ceci est une insinuation mensongère. Les déclarations délirantes, offensantes ou choquantes de Rudolf Steiner émaillent son œuvre et de nombreux critiques de l’anthroposophie avant moi ont fait le travail de les recueillir et de les commenter. En premier lieu Roger Rawlings, sur son blog WaldorfWatch, notamment dans la rubrique « Say What ?!« . C’est à son travail que je me réfère lorsque je traduis, publie ou commente ces citations exactes et sourcées, sur Twitter ou sur mes blogs.

Enfin, Madame Virginie Larousse porte un jugement caricatural sur l’ensemble de mon travail de lanceur d’alerte en affirmant que je « dissèque à longueur de tweets et sur mon blog les déclarations farfelues du Docteur Steiner ». Là encore, Madame Larousse ne semble avoir lu ni mon blog, ni Une vie en anthroposophie, publié aux Éditions La Route de la Soie, qui lui en ont fait pourtant parvenir un exemplaire, ouvrages qui ne sont ni l’un ni l’autre des exégèses de petites phrases farfelues, mais une réflexion d’ensemble, construite et vaste, solide et étayée, sur les écoles Steiner-Waldorf et l’Anthroposophie en général. On peut notamment le constater, par exemple, en lisant ce texte, publié sur le site de l’UNADFI :

https://www.unadfi.org/groupes-et-mouvances/l-endoctrinement-a-l-anthroposophie-dans-les-ecoles-steiner-waldorf/

Je doute en effet que l’UNADFI, connue pour la rigueur de ses publications sur les mouvements sectaires, reconnue d’utilité publique, aurait pu accepter la publication de simples exégèses de phrases farfelues de Rudolf Steiner d’un parfait inconnu, sans qu’une solide réflexion ne les accompagne !

Je doute également que la Miviludes aurait pu m’écrire officiellement une lettre comme celle-ci, le 10 août 2011, si tel avait été le cas :

Je doute enfin que la XVIIème Chambre Correctionnelle de Paris aurait pu écrire ce qui suit si tel avait été le cas :

« Loin d’être le fruit d’une « haine féroce », il résulte que le témoignage rédigé par Grégoire Perra, publié sur le site de l’UNADFI, est le fruit d’une réflexion philosophique sur l’anthroposophie elle-même et ses modes de propagation, notamment au sein des écoles Steiner-Waldorf. »

Dès lors c’est également vainement que la partie civile soutient que l’UNADFI serait mue par une animosité personnelle, caractérisée par le fait qu’elle a reproduit les propos, sans aucune réserve, de Grégoire Perra, puisqu’aucune animosité n’est retenue à l’encontre de celui-ci. » (Extrait du Jugement du 24 mai 2013 de la XVIIe chambre correctionnelle de Paris) (lien).

Bref, il apparaît assez clairement que Madame Virginie Larousse n’a fait que reproduire, sans aucun respect du contradictoire, sans tenir comptes des jugements de justice rendus, sans même lire mon blog ou mon livre, les rumeurs lancées contre moi par les anthroposophes en vue de me discréditer et de me harceler.

Nous sommes ici dans une presse de caniveau, à laquelle je ne suis même pas certain qu’un journal comme Closer aurait accepté de se prêter, mais qui a pu se produire au sein même des colones du premier quotidien national français.

La question qui se pose à présent est : qui avait ainsi intérêt à tordre à ce point et de manière aussi voyante la déontologie d’un journal comme Le Monde pour tenter de salir ainsi coûte que coûte mon image, dans le cadre d’une série d’été sur l’anthroposophie qui avait déjà dépassé les limites de la complaisance ?

Si la presse dans son ensemble se montre digne de sa mission, il est probable que la vérité à ce sujet ne va pas tarder à apparaître.

Grégoire Perra

A propos gperra

Professeur de Philosophie
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Un commentaire pour Une réponse à Virginie Larousse et au Monde

  1. dov kravi דוב קרבי dit :

    L’absence de respect des articles 8 et 9 de la Charte de Munich, censée réguler l’exercice du journalisme au quotidien, est mortelle pour la démocratie et la liberté d’opinion : 

    Article 8 : s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondements ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information.
    Article 9 : ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste.

    Étant donné que personne n’est chargé de la faire appliquer ni de sanctionner les contrevenants, pourquoi les propagandistes patentés se gêneraient-ils ?

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