L’Eurythmie dans les écoles Steiner-Waldorf : de l’Anthroposophie à visage presque découvert !

L’Eurythmie dans les écoles Steiner-Waldorf : de l’Anthroposophie à visage presque découvert !

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Dans mon témoignage paru sur le site de l’UNADFI, je n’ai pas abordé la question de l’Eurythmie. Celui-ci fait pourtant parti du dispositif par lequel l’anthroposophie est présentée aux élèves. Dans les écoles Steiner-Waldorf, on pratique en effet l’Eurythmie, cet « art du mouvement » que Rudolf et Marie Steiner ont inventé. Lorsque les pédagogues anthroposophes parlent de cette pratique aux parents, ils évoquent une sorte de danse ou d’expression corporelle. Ils vantent ses bienfaits en tant que pratique permettant une cohésion du groupe, une conscience de l’autre, de son corps, etc. Pas un mot sur les arrières-plans ésotériques de cette activité scolaire. Pourtant, Rudolf Steiner lui-même aurait dit que l’Eurythmie n’est pas une fille, mais la sœur de l’anthroposophie (Lire à ce sujet L’Eurythmie, chant visible, de Rudolf Steiner, Ed. E.A.R., Eurythmie, éléments de base, de Anne-Marie Dubach, Ed. E.A.R., ainsi qu’un numéro spécial des Nouvelles de la S.A.F. consacré à l’Eurythmie). De fait, si l’on voulait comparer l’Eurythmie à quelque chose, c’est bien plutôt au Yoga qu’à l’expression corporelle qu’il faudrait faire référence. A ceci près que le Yoga repose sur des séries de poses statiques, tandis que l’Eurythmie indique des figures en mouvements. Mais au fond, il s’agit d’une pratique de méditation liée au corps, comme le Yoga. Les présupposés associés à l’Eurythmie sont anthroposophiques. Ces derniers ne sont pas situés en arrière-fond, mais présents dans chaque élément de sa pratique. Par exemple, le fait d’associer chaque sonorité primordiale (consonnes et voyelles) à des gestes précis est un présupposé qui est loin d’être neutre. En faisant reproduire ces gestes codifiés aux enfants, on induit dans leur esprit l’idée qu’il existerait un « langage universel ». L’Eurythmie serait en effet, selon les anthroposophes, « le langage de l’invisible rendu visible ». Il permettrait d’exprimer l’essence des choses à travers des gestes, faits en sympathie avec les sonorités des mots. Ces dernières exprimeraient, dans chaque langue, quelque chose de l’essence éternelle désignée par les noms. Ainsi, l’Eurythmie ressemble à une sorte de langue sanskrite gestuelle : pour les yogis, les sonorités de la langue sanskrite correspondent en effet à l’essence des réalités. Ce pouvoir n’étant pas partagé par les autres langues, cette particularité ferait du sanskrit une langue sacrée. La même spécificité est constitutive de l’Eurythmie de Rudolf Steiner : on explique aux enfants que les gestes qu’ils exécutent expriment l’essence des sonorités, qui elles-mêmes manifestent la réalité idéelle des choses.

Prenons un exemple, issu d’un souvenir de ma scolarité. Le professeur d’Eurythmie expliquera aux enfants que le mot « chat » est composé des sonorités « ch » et « a » (et d’un « t » muet). Le « ch » est représenté, en Eurythmie, par un mouvement des bras qui évoque une élévation fluide, comme une fumée. Il précisera aux enfants que ce geste exprime une particularité essentielle du chat : sa souplesse, la fluidité de ses mouvements, son caractère mouvant et ses déplacements imperceptibles, comparables à des courants d’air. La sonorité « a » est signifié en Eurythmie par une posture des bras qui exprime la surprise et l’ouverture. Le professeur dira alors aux enfants que cet autre geste exprime une autre particularité essentielle du chat : ses yeux grands ouverts, sa perception fascinée de ce qui se passe autour de lui, à l’image d’un chat à l’affût d’une souris. Ainsi, les deux gestes de l’Eurythmie auront exprimé les caractéristiques essentielles de cet animal : la fluidité de ses mouvements et son type d’ouverture sensorielle au monde. Si les enfants rétorquent à l’enseignant que le mot servant à désigner cet animal est différent dans une autre langue, le professeur montrera que la démonstration qu’il vient d’opérer avec le mot français peut également être réalisée avec les mots des autres langues. Les sonorités mettront simplement l’accent, selon lui, sur d’autres particularités essentielles de l’animal. Ainsi, le mot « Kätze » (en allemand) se compose de quatre sonorités : « k », « a », « t » et « z ». Le « k » se traduit par un mouvement eurythmique des bras brusque, rude. Le « a », comme nous l’avons déjà dit, l’ouverture et la surprise. Le « t », la tension vers les hauteurs, la conscience bien éveillée (les bras entourent la tête et les doigts se posent sur le crâne). Le « z » est un « s » amplifié, c’est-à-dire exprimé par un mouvement fluide évoquant un déplacement aérien. Le professeur expliquera donc que le mot allemand « Kätze » exprime quelque chose d’essentiel propre à l’être du chat : sa capacité à produire des mouvements brusques (le « k ») (comme lorsqu’il bondit sur sa proie), qui nous surprennent (le « a »), qui sont précis et calculés (le « t »), mais en même temps fluides, et qui déchirent l’espace comme un éclair (le « z » est signifié en Eurythmie par  un mouvement du bras évoquant une zébrure, ou un éclair). Des explications du même tonneau pourront être fournie par le professeur pour le mot « chat » tel qu’il se prononce dans toutes les langues. Quelles que soient les sonorités du mot, comme l’animal en question, le professeur d’Eurythmie retombera toujours sur ses pattes ! Nous voyons donc qu’en dépit de la diversité des langues, le professeur induira dans l’esprit de ses élèves qu’il existe un langage universel, correspondant à l’être des choses, dont l’Eurythmie serait comme l’interprète.

Cette croyance en l’existence d’un « verbe universel » n’est pas neutre ! Elle constitue l’une des croyances essentielles des anthroposophes. Ce verbe universel n’est en effet pas autre chose, dans leur système idéologique, que le « Verbe de Dieu ». Ou le Christ, conçu principalement en tant que principe cosmique (et secondairement comme personnage historique). Cette pratique de l’Eurythmie consistant à interpréter les sonorités de chaque mot (pour y déceler un contenu de sagesse exprimant l’essence de la chose désignée) doit également être mise en rapport avec une croyance des anthroposophes selon laquelle il existerait des « Esprits ou Génies des langues ». En effet, dans la doctrine anthroposophique, tandis que les individus sont guidés par leurs « Anges », les peuples sont dirigés par des entités cosmiques nommées « Archanges ». Les langues ont chacune leur Archange, parfois distinct de l’Archange du peuple (Lire à ce sujet Âmes des peuples, de Rudolf Steiner, Ed. Triades). Cette croyance sera relayée et développée par la « période de linguistique de 10ème classe » (un mois consacré à l’étude de la linguistique, en 3ème). Nous voyons donc comment l’Eurythmie est un moyen d’induire dans l’esprit des enfants certaines des croyances des anthroposophes. Bien sûr, ces derniers ne considèrent pas cette croyance comme une spécificité de leur doctrine, mais comme une réalité dont l’Eurythmie leur apporterait en quelque sorte la preuve. C’est pourquoi ils peuvent endoctriner avec une parfaite bonne conscience. Ils sont en effet persuadés de ne dire que des réalités aux enfants, et non des idées anthroposophiques.

En outre, l’Eurythmie véhicule une idéologie cachée de la supériorité de la culture européenne. En effet, les gestes de l’eurythmie, qui sont sensés reproduire les mouvements du « langage universel », sont calqués sur le graphisme des lettres de l’alphabet que nous utilisons en Occident (l’alphabet phénicien). Le « B » en eurythmie correspond à des gestes des bras qui entourent le ventre, le « O » correspond à un geste des bras formant un rond, etc. Comme si les lettres de notre alphabet correspondaient au « langage universel ». A aucun moment on ne se demande : qu’en est-il alors des autres alphabets ? Comment se fait-il que notre alphabet corresponde aux mouvements du « Verbe » ? L’Eurythmie est donc un européocentrisme subtil. Quand on fait pratiquer l’Eurythmie à des élèves d’autres cultures possédants d’autres alphabets, comme le chinois, l’arabe, le japonais, etc, on leur impose sans le dire une conception selon laquelle l’alphabet des occidentaux serait dans un rapport privilégié avec l’essence de la réalité, tandis que leurs alphabets n’auraient pas cette chance. Il s’agit d’une sorte de colonialisme spirituel et artistique imposé en douceur.

De plus, je crois qu’il faut dénoncer la pratique de l’Eurythmie comme une école de l’autosuggestion. En effet, lorsque les enfants font tel ou tel geste en Eurythmie, on leur indique ce qu’ils sont sensés ressentir intérieurement. On leur donne tout un tas d’explications sur ce qui se passerait en eux en exécutant tel ou tel geste. Le professeur évoque les mouvements soit-disant naturels de leur intériorité lorsqu’ils accomplissent les gestes de l’Eurythmie. Comme s’il ne faisait que les décrire, alors qu’en fait il les induit. Ce faisant, il habitue les élèves non seulement à croire à l’Eurythmie, mais à pratiquer sur eux-mêmes l’autosuggestion. En effet, les élèves Steiner-Waldorf sont accoutumés ainsi à s’imaginer qu’ils ressentent effectivement en eux-mêmes telle ou telle chose, alors qu’en fait celles-ci leur ont été suggérées. Le professeur pénètre ainsi directement dans l’inconscient des élèves. Cette pratique relève donc, comme je l’ai décrit dans mon article intitulé Une emprise et un endoctrinement presque indétectables, d’une méthode d’endoctrinement consistant à provoquer de « fausses réminiscences ». On fait croire aux élèves qu’ils ont découvert par eux-mêmes, au fond d’eux-mêmes, certaines idées qui, en réalité, ont été implantées dans leurs esprits sans qu’ils ne s’en aperçoivent. L’Eurythmie est une effraction permanente des consciences des enfants. On leur donne, à travers cette pratique, un goût pour l’irrationnel qui favorisera plus tard la réception de l’anthroposophie. En effet, dans les cercles de la Société Anthroposophique, l’appel à la subjectivité du ressenti est largement répandu. Dans les réunions des différentes « branches », que l’on commence souvent par quelques gestes d’Eurythmie, il est fréquent qu’on demande aux membres de sonder leur intériorité pour y découvrir tels ou tels sentiments mystiques, qu’on aura en réalité suggérés de manière habile. Ainsi, les élèves qui auront pratiqué l’Eurythmie sont-ils prédisposés à entrer dans des modes de pensée qui sont ceux des anthroposophes.

Enfin, l’Eurythmie dans les écoles Steiner-Waldorf est un moyen d’enseigner directement certaines idées ésotériques de Rudolf Steiner. Par exemple, en « 12ème classe » (1ère), il est inscrit dans le programme du professeur d’Eurythmie d’aborder dans son cours les douze signes du Zodiac, avec les gestes et les figures de l’Eurythmie indiquées par Steiner dans son ouvrage intitulé L’Eurythmie de la parole (Ed. Triades), ou les Douze harmonies zodiacales (Ed. Triades), ou encore dans d’autres cycles de conférences. Cet enseignement est conçu comme le couronnement de la pratique de l’Eurythmie par les élèves au cours des douze années de leur scolarité. Ainsi, on enseigne bien directement, dans les écoles Steiner-Waldorf, les conceptions astrologiques du fondateur de l’anthroposophie.

La volonté de créer une sorte d’attachement affectif des élèves avec l’Eurythmie repose sur certains stratagèmes, dont l’un d’eux est mis en place dès le « Jardin d’Enfants » (Maternelle). En effet, pendant ces trois premières années de la scolarité Steiner-Waldorf, la personne qui vient faire des cours d’Eurythmie aux tout-petits n’est pas appelée par son nom, mais « Maîtresse Eurythmie ». Ce n’est que lorsque les enfants passent en « première classe » (CP) que cette enseignante doit être désormais appelée par son nom civil. Auparavant, elle se sera entièrement confondue, aux yeux des enfants, avec sa fonction et sa matière. Elle se sera elle-même dépersonnalisée pour incarner l’Eurythmie. Les autres « jardinières » sont au moins appelées par leurs prénoms (par exemple, « Maîtresse Odile », ou « Maîtresse Françoise »). Ce qui, soit dit en passant, est à mon sens une familiarité institutionnalisée visant à produire un attachement affectif problématique avec les élèves. Mais la professeur d’Eurythmie n’a plus de prénom. Elle devient « Maîtresse Eurythmie » ! Ou, plus exactement, c’est l’Eurythmie qui n’est plus, par ce procédé, considéré comme une matière, mais comme une personne aux yeux des enfants. L’Eurythmie devient donc pour eux un être humain à part entière et non plus un contenu d’enseignement ! Ce qui permet ainsi la sanctification, voire la divinisation de cette matière instaurée par Rudolf Steiner. On peut se demander si ce procédé et ses conséquences psychologiques ne sont pas à l’origine des corps bien souvent décharnés, voire à la limite de l’anorexie, des professeurs d’Eurythmie. En effet, n’est-ce pas en raison de cette exigence d’effacement de leur propre personnalité au profit de l’Eurythmie que ces enseignants finissent en quelque sorte par disparaître corporellement derrière ce qu’ils sont sensés représenter, à savoir la « sœur de l’Anthroposophie », un être spirituel ?

C’est peut-être pour toutes ces raisons que, dans mon souvenir, les cours d’Eurythmie étaient exécrés par les élèves. Certains les séchaient parfois délibérément, dès le CE2 (« 4ème classe »). Le professeur principal devait nous faire régulièrement de véritables sermons pour qu’un calme relatif règne dans les cours de son collègue. Parfois, il devait venir en personne, pour faire la police. Rien d’étonnant à  cette révolte, qui avait bien souvent lieu dans toutes les classes : nous sentions bien que cette soit-disant pratique artistique était des plus bizarres. Nous en avions assez d’exécuter des mouvements dont nous ne comprenions pas le sens, ou dont les explications, malgré notre conscience d’enfants, nous semblaient des plus fumeuses. Les enseignants Steiner-Waldorf savent bien qu’il se produit un fort rejet de l’Eurythmie par les élèves autour des « quatrième » et « septième » classes (CE2 et 6ème de Collège), c’est-à-dire à des âges où la raison s’éveille. Leur consigne est alors de tenir coûte que coûte et de continuer à imposer cette matière aux élèves, le temps que la crise passe. Ce n’est qu’en « 11ème classe » (seconde) que j’ai commencé à apprécier un peu l’Eurythmie, car notre professeur nous laissa alors un peu de latitude d’improvisation personnelle, tandis qu’auparavant nous n’avions été que des exécutants. Que de temps perdu à apprendre ces gestes codifiés qui ne sont finalement déchiffrables que par les anthroposophes ! Un jour – ce devait être en « 6ème classe » – notre professeur a tenté de lever nos réticences à l’égard de l’Eurythmie en posant une devinette, dont la résolution avait pris les deux heures du cours de la matinée. Il avait demandé malicieusement à la classe : « Qu’est-ce que nous faisons dans notre école qui n’existe dans aucune autre école ? » Toute la classe avait cherché la réponse, pendant que la matinée s’écoulait, énumérant les unes après les autres les différentes activités proposées à l’école. Quand, de guerre lasse, peu avant la récréation, nous avons fini par donner notre langue au chat, et que la réponse attendue est arrivée, ce fut un profond mouvement de déception qui nous souleva ! Tout ça pour ça ! Nous étions écœurés. Fort heureusement pour notre professeur, la récréation lui fournit le moyen de ne pas avoir à se justifier d’avoir consacré deux heures de cours à la promotion rusée de cette activité que nous détestions. Il était du reste fort content de lui, étant parvenu à glisser dans l’esprit de ses élèves que, dans la pédagogie de leur école, un élément unique existait, que les autres écoles n’avaient pas la chance de connaître : l’Eurythmie !

Ce procédé utilisé par notre professeur de classe peut paraître grossier. Mais il est pourtant loin d’être inefficace. En effet, que l’on songe simplement au fait qu’il n’existe nulle part ailleurs que dans les institutions anthroposophiques de possibilités de pratiquer l’Eurythmie. Si vous voulez exercer cet « art du mouvement », qu’il faudrait plutôt appeler le « Yoga des anthroposophes », vous devez nécessairement passer par la Société Anthroposophique, l’Eurythmée, ou l’un des Instituts anthroposophiques de formation pédagogique, etc. Ainsi, en habituant les élèves à faire de l’Eurythmie, en l’imposant comme seule pratique d’expression corporelle dans le cadre scolaire, en mâtant les récurrentes révoltes qu’il suscite chez les élèves, les pédagogues anthroposophes peuvent légitimement espérer que certains élèves mordront à l’hameçon. En effet, malgré les réticences généralisées qu’il provoque bien souvent, l’Eurythmie est parfois très apprécié d’un petit nombre d’élèves. Tout simplement parce que le sport est réduit à la portion congrue dans ces écoles, ou que les autres formes d’expression corporelles n’y ont pas droit d’entrer. Les élèves, lorsqu’ils veulent poursuivre cette pratique à laquelle ils se seront attachés affectivement, parce qu’elle aura permis une forme d’épanouissement qui, dans cet univers très particulier lié à l’anthroposophie, est la seule expression corporelle possible, devront donc nécessairement s’adresser aux anthroposophes. Ils constitueront ainsi autant de nouvelles recrues.

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