Stéphane François, le spécialiste des Inrocks complaisant envers l’Anthroposophie

Dans un article paru dans Fragments sur les temps présents, le spécialiste des spiritualités Stéphane François revient longuement sur le cas de celle qu’il appelle lui même « une anthroposophe », à savoir Françoise Nyssen, la nouvelle Ministre de la Culture, accusée par Jean-Luc Mélenchon d’être « liée aux sectes ». Stéphane François avait déjà tenté de rejeter cette accusation lorsqu’il avait été interrogé par le journal Les Inrocks, avec de nombreux arguments hautement contestables, comme nous avons eu l’occasion de le montrer :  lire à ce sujet ma Réponse aux Inrocks.

Visiblement, Stéphane François semble vouloir démontrer que toutes les associations qui luttent contre les dérives sectaires et dénoncent depuis des décennies les agissements de l’Anthroposophie auraient tort. Il englobe même avec elles les travaux de la MIVILUDES, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, rattachée au Premier Ministre.

Sur quoi se fonde Stéphane François pour réfuter à lui tout seul le travail de tant de personnes de terrain, spécialistes de cette question, ou encore d’une institution de notre République, dont le sérieux et la qualité du travail ne sont plus à démontrer ? Tout simplement sur sa propre érudition et sur ses conclusions, différentes de celles des autres. Ainsi, dans le long article paru sur ce blog que nous avons cité, cet expert de la question des spiritualités revient en détail sur l’Anthroposophie, évoquant cette doctrine et son histoire, qu’il semble bien connaître, afin d’en conclure qu’on ne saurait la qualifier de secte, ou du moins que le faire serait un peu compliqué. Il évoque ainsi de façon détaillée des questions cruciales, comme les liens de Rudolf Steiner au Nazisme, la place du racisme dans sa doctrine et dans les écoles Steiner-Waldorf, etc. 

Quoique nous soyons en désaccord avec la conclusion de Stéphane François, comme nous allons le montrer, son article a le mérite de donner l’occasion appréciable de voir sur quels fondements et de quelle manière cet auteur parvient aux conclusions qui sont les siennes. Il nous permet ainsi d’en examiner la pertinence, comme nous allons nous y efforcer dans cet article. En effet, les réponses qu’il avait donné aux Inrocks n’étaient fondées que sur l’autorité intellectuelle que lui accordait ce journal en l’interrogeant. Dans cet article que nous allons examiner, nous voyons apparaître comment Stéphane François s’est forgé son propre jugement sur l’Anthroposophie, et les immenses faiblesses de son raisonnement.

Stéphane François, un spécialiste des sectes fasciné par son objet ?

Tout d’abord, nous ferons remarquer – en tant qu’ancien anthroposophe, ayant lu la plupart des ouvrages de Rudolf Steiner ou de ses épigones, étant très familiarisé avec le style et les tournures de pensées des anthroposophes, ou encore avec leurs syntaxe et leurs phrases récurrentes – que nous avons été très surpris d’en retrouver un certain nombre sous la plume de Stéphane François, sans que celles-ci ne soient des citations, mais sous la forme d’affirmations qu’il reprend directement à son compte. 

Cet aspect de l’article nous a d’autant plus surpris que, par ailleurs, Stéphane François aborde des sujets assez embarrassants pour l’Anthroposophie, comme le racisme contenu dans sa doctrine, ou lorsqu’il récuse la fable des anthroposophes selon laquelle le premier Goetheanum aurait été incendié par un membre du NSDAP, qui deviendra le Parti National-Socialiste, ce qui est historiquement totalement mensonger. Ces éléments paraissent témoigner d’un esprit  critique et d’une forme d’objectivité. Néanmoins, à l’inverse, on constate également dans son texte de nombreuses affirmations qui, jusque dans leur formulation, reprennent les propos des anthroposophes, au mot près, ce qui pourrait trahir une forme d’adhésion, ou du moins d’imprégnation, de cet expert par l’Anthroposophie. 

Doit-on en conclure que Stéphane François aurait, au cours de son étude approfondie de l’Anthroposophie, développé une sorte de fascination qui l’aurait rendu complaisant envers son objet, donnant naissance à un type de discours déroutant conjuguant objectivité et sympathie ? Cette hypothèse est plausible. En effet, Stéphane François ne serait pas le premier à tomber ainsi dans ce travers. Rappelons en effet que l’Anthroposophie n’est pas une doctrine qui séduit seulement les esprits faibles et peu cultivés, comme on le croit bien souvent. Au contraire, son emprise peut atteindre des intellectuels de haut niveau et de grands érudits, voire même des scientifiques de renom. Ce fut le cas par exemple de Paul-Henri Bideau, universitaire auteur d’un Que sais-je ? sur Goethe, ou de Jean-Marie Pelt, célèbre botaniste et chroniqueur sur France-Inter, ou d’Albert Jacquard, l’astrophysicien. C’est encore aujourd’hui le cas d’Edgar Morin, sociologue réputé. Même des spécialistes de la question sectaire peuvent  s’y laissé prendre, comme ce fut peut-être un peu le cas pour Yves Casgrain au début de son étude : au nom du fait que Steiner était un croyant sincère et qu’il avait développé une christologie passionnante, Yves Casgrain en était venu à déclarer un jour publiquement que les écoles Steiner-Waldorf et l’Anthroposophie n’étaient pas des sectes, ce dont ces dernières se sont immédiatement emparé en décontextualisant son propos, comme elles savent très bien le faire.

Les ressorts psychologiques et intellectuels qui provoquent une telle captation des esprits de haut niveau sont complexes et multiples. Il ne nous est pas possible de les évoquer dans le cadre de cet article, mais nous pouvons renvoyer le lecteur à notre étude intitulée Éléments explicatifs de l’enfermement mental provoqué par l’Anthroposophie. Moi-même, pourtant professeur de Philosophie, je dois dire qu’il m’a fallu de nombreuses années de lutte intellectuelle, pas à pas, concept par concept, avant de comprendre le caractère sectaire de la doctrine de Rudolf Steiner, dans laquelle j’avais été plongé malgré moi par ma scolarité Steiner-Waldorf. C’est pourquoi nous pouvons très bien comprendre qu’un chercheur féru de spiritualité, mais peu au clair sur ce qui rend prisonnier l’esprit dans les sectes, puisse se laisser happer par la doctrine de Steiner.

Stéphane François est-il un intellectuel qui aurait succombé, lui-aussi, au moins partiellement, au puissant chant des sirènes anthroposophiques s’exerçant sur les intellectuels ? Le fait de retrouver sous sa plume et jusque dans sa syntaxe des éléments de discours des anthroposophes me fait craindre qu’il en soit ainsi. Nul ne revient aisément indemne d’une plongée prolongée dans cette sorte d’eaux troubles, surtout si le désir de s’y tremper procédait au départ d’un attrait pour le domaine de la spiritualité. 

La fable d’un revirement de Rudolf Steiner à propos du racisme

Mais ce ne sont pas seulement les éléments langagiers contenus dans l’article de Stéphane François qui me font suspecter cette collusion. Ce sont aussi les constructions de ses raisonnements et la manière dont il arrive à ses conclusions.

Prenons par exemple le paragraphe de son article dans lequel il traite des liens entre l’Anthroposophie et le racisme. Après avoir longuement évoqué le fait qu’il y a bien de nombreux éléments racistes dans cette doctrine, Stéphane François en vient de façon surprenante à conclure que l’on ne saurait suspecter l’Anthroposophie de racisme, puisque Steiner ne faisait selon lui que reprendre le racisme répandu à son époque, puis qu’il aurait ensuite abandonné cette vision des choses lors de la refondation de la Société Anthroposophique en 1924-1925 :

« Steiner ne fait que compiler les œuvres de vulgarisation et reprendre les a priori de son époque. (…) Ce discours fut abandonné lors de la création de la seconde Société anthroposophique en 1924-25 qui mettait en avant l’égalité des sexes et des races. »

Tout d’abord, faisons remarquer que si tel avait été réellement le cas – si Steiner avait réellement abandonné son discours raciste en 1924-1925, s’amendant contre toutes attentes de ses propres conceptions à la fin de son existence – il aurait soigneusement veillé à ce que ses ouvrages contenant nombre de propos odieusement racistes ne soient plus réédités. Or c’est le contraire qu’il a fait, veillant soigneusement à la préservation de l’intégralité de son oeuvre et interdisant toute modification posthume de cette dernière. De plus, lors de la construction du premier Goethéanum, soit à peine quelques années avant la refondation de la Société Anthroposophique dont parle Stéphane François, Rudolf Steiner tenait encore devant les ouvriers qui construisaient ce bâtiment des propos ouvertement racistes, affirmant que la musique des nègres étaient en train de corrompre l’Europe jusque dans la physiologie de ses habitants. (Lire à ce sujet Rudolf Steiner, Santé et Maladie, Ed. EAR)

Peut-on dès lors sérieusement envisager, comme le fait Stéphane François, que Rudolf Steiner aurait pu soudainement abandonner ses conceptions racistes d’un claquement de doigt lors de la refondation de la Société Anthroposophique, alors même que son oeuvre ne livre aucune trace du bouleversement moral qui aurait permis un tel basculement de sa vision du monde ? Cela semble hautement improbable et peu sérieux de l’affirmer.

Une argument reposant sur un mensonge

Demandons-nous donc à présent sur quoi repose cette improbable conclusion de Stéphane François ? Comme il le dit lui-même, sa conclusion s’appuie sur le travail d’une commission d’enquête​ néerlandaise :

« Les accusations de racisme réapparurent au début des années 1980 tant en France, qu’en Allemagne, Pays-Bas ou États-Unis. Aux Pays-Bas, une commission d’enquête indépendante, composée d’universitaires, statua sur le non-racisme de la Société Anthroposophique, mais demanda aux écoles Wardolf la prudence dans le choix du vocabulaire. »

Quelle est cette commission d’enquête, dont Stéphane François omet de préciser l’identité ? Il s’agit d’une commission qui fût chargée d’enquêter sur la doctrine de Steiner suite à la découverte de propos racistes dans les cahiers des élèves des écoles Steiner-Waldorf des Pays-Bas. Or cette commission d’enquête sur l’Anthroposophie était composée majoritairement… d’anthroposophes ! L’universitaire Peter Staudenmaïer s’est insurgé dans de nombreux articles au sujet des conclusions d’une telle enquête, présentée comme indépendante alors qu’elle ne l’était d’aucune façon : 

« Le rapport néerlandais affirme en effet que les anthroposophes qui ont interprété les enseignements de Steiner d’une manière raciste ont en fait mal compris Steiner. Il s’agit là d’une excuse commode qui occulte les raisons sous-jacentes au racisme existant depuis toujours au sein du mouvement anthroposophique. Dans ce rapport, mises à part les sections sur la législation concernant la discrimination contemporaine, la méthodologie de la commission est purement ésotérique, et ses citations de Steiner demandent au lecteur une mise en veilleuse de son esprit critique. La prétendue clairvoyance de Steiner et ses idées sur le karma et la réincarnation jouent un rôle énorme dans leur appréciation. Ce qui n’a rien de surprenant, puisque tous les membres de la commission appartiennent à la Société anthroposophique néerlandaise. » (Peter Staudenmaïer, Pangermanisme, racisme et antisémitisme dans l’Anthroposophie)

Que Stéphane François puisse se baser sur le rapport de cette commission composée d’anthroposophes pour arriver aux mêmes conclusions que celle-ci est tout simplement ahurissant au regard des critères purs et simples de la démarche scientifique. Car, ce faisant, il ne procède nullement à un travail historique sérieux, mais reprend à son compte des éléments de la propagande malhonnête des anthroposophes, destinés à falsifier l’Histoire. Comment un historien des idées peut-il reprendre à son compte les conclusions d’une commission qui était à la fois juge et partie ?!

L’antisémitsime de Rudolf Steiner et ses liens au Nazisme

D’ailleurs, ce sont toutes les conclusions de l’article de Stéphane François que l’on doit remettre en question, quand on s’aperçoit de la nature de sa démarche. Son article est ainsi truffé de contre-vérités historiques des plus éhontées. Par exemple, lorsqu’il exonère Rudolf Steiner et son Anthroposophie de connexions fortes avec les mouvements antisémites :

« Steiner a toujours condamné les différentes formes de darwinisme-social pourtant très en vogue à son époque et condamné l’antisémitisme. »

Là encore, cette phrase de Stéphane François est une négation volontaire de la réalité historique. Steiner était un antisémite notoire, ami de longue date d’autres antisémites célèbres de son époque. De nouveau, nous pouvons citer les travaux de Peter Staudenmeier :

« Steiner souhaitait voir le peuple juif disparaître (…).  [Il a émis des] déclarations sans équivoque et très explicites à ce sujet, déclarations (…) répétées à de nombreuses reprises tout au long de sa carrière. Steiner a en effet affirmé avec insistance que “la seule bonne chose pour les Juifs serait de se fondre et de disparaître dans les autres peuples ». Sa position était parfaitement claire : “la meilleure chose que les Juifs puissent faire serait de disparaître dans le reste de l’humanité, de se fondre dans le reste de l’humanité, de sorte que la communauté juive en tant que peuple cesserait tout simplement d’exister”. Avant de se tourner vers la Théosophie, Steiner demandait que les Juifs allemands et autrichiens répudient complètement leur identité juive en faveur d’un pur “esprit allemand” et d’une pure “culture allemande”, qu’il considérait supérieure à toutes les autres. Dans sa phase de maturité anthroposophique, il considérait que les Juifs modernes étaient un vestige obsolète d’une race spirituellement supplantée, à savoir les descendants de ces malheureux habitants de l’Atlantide qui n’avaient pas évolué en “Aryens”. Il a constamment cité les Juifs comme un parfait exemple de peuple anachroniquement attaché à une particularité ethnique, une pierre d’achoppement sur le chemin du progrès spirituel de l’humanité vers “l’humain universel”. » (Peter Staudenmaïer, La face obscure de l’Anthroposophie).

L’Anthroposophie de Rudolf Steiner est bel et bien une doctrine antisémite, n’en déplaise aux anthroposophes et à Stéphane François. Affirmer le contraire consiste à aller dans le sens d’une volonté de révisionnisme historique anthroposophique.

Que vaut l’expertise de Stéphane François et pourquoi a-t-elle été sollicitée ?

À la lumière de cette étude, il apparaît donc que Stéphane François fait preuve d’une colossale malhonnêteté intellectuelle en osant affirmer que l’Anthroposophie ne serait pas une doctrine raciste et antisémite. Il en est de même lorsqu’il exonère Rudolf Steiner de tout liens avec le Nazisme, comme on peut s’en apercevoir en lisant l’intégralité de l’article de Peter Staudenmaïer que nous avons cité en dernier. De plus, oser dire publiquement ce qui est dit dans cet article en s’appuyant sur la commission d’enquête néerlandaise, contestée et critiquée à juste titre pour sa partialité, sans même mentionner la polémique existant à ce sujet, est assurément un signe de volonté de tromper le lecteur. Stéphane François se discrédite ainsi totalement en tant que spécialiste des questions sectaires et de l’Anthroposophie, au point que son impartialité peut être sérieusement mise en doute. De ce fait, son expertise au sujet de l’Anthroposophie ne devrait pas être sollicitée par les journaux soucieux d’éclairer honnêtement le public à ce sujet.

La question qui se pose en conclusion de cet article consiste à nous interroger sur les raisons qui ont poussé les Inrocks à se tourner immédiatement vers Stéphane François lorsqu’à éclaté dans la presse le scandale des liens de Françoise Nyssen avec l’Anthroposophie, soulevé par Jean-Luc Mélenchon lors de son passage sur BFMTV. Qui leur a soufflé de solliciter l’avis d’un tel personnage, sans prendre la peine d’examiner la crédibilité de son propos ni la scientificité de ses recherches, ni même de s’enquérir d’autres avis que le sien ? Comment un journal comme les Inrocks, pourtant réputé sérieux, peut-il faire appel dans ses colonnes à l’avis d’un homme qu’il présente comme un expert alors que ce dernier se livre à des procédés d’une flagrante malhonnêteté intellectuelle ?! Qu’est-ce qui a pu susciter une telle hâte journalistique ?

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A propos gperra

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9 commentaires pour Stéphane François, le spécialiste des Inrocks complaisant envers l’Anthroposophie

  1. nope dit :

    Faudra m’expliquer comment Stéphane François se retrouvait dans un débat organisé par BaglisTV avec Jean-Yves Camus, Christian Bouchet et Jean Solis. Il existe d’autres interventions de sa part sur cette web TV. https://www.youtube.com/results?search_query=baglistv+%22st%C3%A9phane+fran%C3%A7ois%22 — Note : l’anthroposophie n’est pas absente des thématiques. cf. http://www.sources-vivre-relie.org/centre/baglis-tv/263.aspx

    • gperra dit :

      Blagis est en effet une chaîne spiritualiste et New-Age où il n’est pas rare que des anthroposophes soient invités. Ce fût le cas notamment de Franck Gardian, anthroposophe, membre de la Fédération des écoles Steiner-Waldorf, sorte de gourou de l’école Perceval de Chatou lorsque j’y travaillais, ou Michel Joseph, rédacteur en chef de la revue anthroposophique Tournant, etc. Très étonnant en effet qu’un spécialiste comme Stéphane François intervienne sur cette chaîne, car sa démarche revient à être observateur et acteur de ce qu’il étudie. On ne peut dès lors plus parler d’objectivité ni de scientificité en ce qui le concerne, car la science exige de ne pas être partie prenante dans son objet d’étude. Rien d’étonnant donc à ce que Stéphane François, dans nombre de ses déclarations concernant l’Anthroposophie, ressemble à un quasi porte-parole de la Société Anthroposophique.

      • Ornella Guyet dit :

        A noter aussi dans le débat sur cette webTV la présence de Jean-Yves Camus, autre spécialiste de l’extrême droite (comme Stéphane François) et de… Christian Bouchet, ancien FN, nationaliste révolutionnaire et auteur d’un livre sur Steiner publié aux éditions Pardès, marquées par leur ligne ésotériste et d’extrême droite. Quant à Jean Solis, spécialiste de la Franc-Maçonnerie, il a contribué au film des négationnistes Paul-Eric Blanrue et Julien Teil « Apocalypse France », aux côtés de Jean-Yves le Gallou (MNR), Dieudonné ou Pierre Hillard. Nos deux antifascistes de salon étaient donc en charmante compagnie sur Blagis TV ! Et difficile de penser qu’ils ont pu être piégés et qu’il ignoraient où ils mettaient les pieds, car on ne leur fera pas l’insulte de les croire incompétents. On ne peut donc qu’approuver votre analyse : ces gens ne sont pas seulement observateurs de leurs sujets d’étude mais aussi parties prenantes. Et quand les sujets d’études en question sont l’extrême droite ou l’anthroposophie, c’est très très inquiétant.

  2. Ornella Guyet dit :

    Ce qui pose aussi question dans l’article de S. François, c’est ce « donc », qui a mon avis est la clé de son article : «  »Rudolf Steiner fait partie de ces idéalistes qui ont voulu changer le monde, pour le rendre plus spirituel, et donc meilleur. »

    Ainsi donc pour S. François, un monde plus religieux conduirait logiquement à un monde meilleur. Comme l’actualité nous le démontre tout les jours, a-t-on envie de rajouter ironiquement… Cette défense de la pensée religieuse est en soi complètement réactionnaire, alors même que depuis trois siècles, tous les progrès humains en matière de libertés, d’égalité, de démocratie, de droits humains etc. se sont largement faits contre le pouvoir des religions et de leurs représentants, sans même parler des progrès scientifiques. S. François serait-il un partisan inavoué des anti-Lumières ?

    Pour le reste, vous avez dit l’essentiel. Je relève tout de même la conclusion : « plusieurs procès dont certains concernaient des associations antisectes ont permis la poursuite des activités des écoles et des associations médicales anthroposophiques ». Quels procès ? Voilà qui est particulièrement cocasse quand on connait par exemple le résultat de celui qui vous a été fait…

    • gperra dit :

      Pour Stéphane François "spirituel" et "religieux" ne doivent pas être équivalents. Mais postuler que la spiritualité rend nécessairement le monde meilleur, même en dissociant le spirituel du religieux, c'est en effet très contestable. Et surtout, c'est un parti-pris, qui ne peut en aucun cas servir de prémisse à une étude rigoureuse et scientifique de la spiritualité.

      Et si son "donc" était sensé exprimer la logique de Rudolf Steiner plutôt que celle de l'auteur de l'article, où sont les guillemets qui indiqueraient au lecteur la distance prise ? Comme je le disais, Stéphane François semble avoir tellement bien étudié l'Anthroposophie qu'il ne distingue plus sa propre pensée de celle de Rudolf Steiner, comme en témoigne jusqu'à sa syntaxe.

  3. Camus dit :

    J’assume totalement le fait de participer à un débat où figure Christian Bouchet. J’ignorais tout, par contre, du film de Blanrue et de la participation de « Jean Solis ». Lequel est, ceci dit, de 2015, soit bien postérieur au débat sur Blagis TV. Donc je ne m’excuse pas, et je vous laisse dénoncer l’antifascisme de salon derrière votre clavier. J’ai d’autres états de service.

    • gperra dit :

      C’est le risque qu’on prends en allant sur Blagis, il y a de très fortes chances d’y faire de mauvaises rencontres, qu’elles se révèlent antérieurement ou postérieurement. Les gens sérieux et intègres n’ont rien à y faire.

    • Ornella Guyet dit :

      Un moment faut arrêter les conneries. C’est quoi le but recherché en débattant avec l’extrême droite, qui plus est dans ses propres médias ? Lui donner du crédit ? Se faire de nouveaux amis ? Et ben en fait… oui : « Par contre, j’accepte de dialoguer avec des personnes de la Nouvelle Droite, qui sont des personnes généralement ouvertes et intelligentes. Et je pense m’y être fait quelques amis… » (Stéphane François, interview à la revue en ligne Jibrile, juin 2014).

      Les mêmes vont-ils bientôt nous expliquer qu’Alain de Benoist n’est pas d’extrême droite parce qu’il est « pour le débat » ? Est-ce pour cela que Jean-Yves Camus, au risque de se compromettre, a accepté d’intervenir sur TV Libertés, lors du numéro inaugural de l’émission qu’y tient De Benoist, en décembre 2014, ou plus récemment dans « Eléments » n°162 (septembre-octobre 2016) ?

      Hélas, même repeintes aux couleurs de la novlangue « ethnodifférencialiste », même exprimées avec politesse et « intelligence », les vieilles idées rances de l’extrême droite restent les vieilles idées rances de l’extrême droite, et on ne gagne rien à débattre avec leurs partisans, tandis qu’en s’adonnant à une telle activité, on risque fort de se perdre soi-même… Mais malheureusement, c’est un refrain connu depuis quelques années.

  4. « Doit-on en conclure que Stéphane François aurait, au cours de son étude approfondie de l’Anthroposophie, développé une sorte de fascination qui l’aurait rendu complaisant envers son objet, donnant naissance à un type de discours déroutant conjuguant objectivité et sympathie ? Cette hypothèse est plausible. En effet, Stéphane François ne serait pas le premier à tomber ainsi dans ce travers »

    Cette question est d’autant plus intéressante qu’on peut se poser la même à propos de l’extrême-droite et les milieux néo-païens (SF est l’auteur d’une thèse sur ce sujet,Les paganismes de la Nouvelle Droite – 1980-2004 – Stéphane François) puisque SF en colporte les ragots et calomnies (preuve à l’appui si nécessaire)

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